Ces togolais dont les ancêtres sont Gaulois…

Un village gaulois (Google)

Bizarrement, je viens de réaliser que ma petite vie professionnelle s’est passée sous des dames. De l’huissier de justice à mon actuel poste, je n’ai servi que des femmes ; de belles femmes, des femmes fortes, des femmes dignes, des femmes avec je m’entends toujours bien. Que ce soit sur le plan professionnel ou ailleurs, j’ai toujours entretenu, des relations privilégiées avec mes supérieures hiérarchiques. Ne laissez pas libre cours à votre imagination trop fertile…

Le Vendredi dernier, alors que je me préparais à aller jouer au foot, je reçois un appel téléphonique de l’une des mes ex-supérieures. Elle est un peu prise au boulot, et me demande de passer prendre sa voiture, pour aller chercher son fils à l’école. Bon  j’hésite un peu mais, comme j’aime rendre service (aux dames surtout), je finis par accepter.

Ah sacrée Mme Vivi. C’est avec plaisir que je grimpe à bord de sa Touareg, climatisation à fond, avec « I believe I can fly » de R.Kelly, en fond sonore. L’école du môme, une école internationale, est à l’autre bout de la ville, quelque part non loin de la caserne des sapeurs pompiers de Lomé. Je n’ai vu l’enfant qu’une seule fois, et en photo : un jeune enfant à l’air vif.

A mon arrivée, Bobc’est son nom– attendait au portail, en compagnie de l’un de ses enseignants. Il reconnait la voiture, mais pas celui qui la conduisait. Je descends donc, salue l’enfant puis l’enseignant, qui ne voulait manifestement pas me laisser partir avec le gosse. Pas de soucis. Il compose le numéro de Mme Vivi, qui lui autorise de me confier l’enfant. Coup de théâtre : Bob demande à voir ma carte d’identité. Je l’aurai giflé si c’était mon neveu, ou si on était ailleurs, mais bon, je m’exécute. Foutaises ! Un gosse de quoi, 12 ou 13 ans qui veut voir ma carte, moi son vieux père !

Une fois à bord de la voiture, il boucle sa ceinture et me demande de faire pareil. Je ne lui réponds même pas. Il me demande alors si j’ai un permis de conduire. J’ignore la question. Ce n’est qu’après avoir démarré, qu’il se met à me poser des questions, aussi stupides qu’inutiles, mais dans un français… un français de France, un français avec des accents de Hollande, des tournures de Sarkozy, et avec la désinvolture de Le Pen. C’est un français qui, lorsqu’on le parle, ne trahit pas l’ethnie ou la classe sociale. Un français d’Anatole France !

Puis s’installe un dialogue.

Ma maman elle est où ? Pourquoi elle vient pas me chercher ? Tu travailles avec maman ? Tu fais quoi toi ? Tu habites au quartier aussi ? Pourquoi tu ne mets pas ta ceinture ? Ma maman elle, tu vois, elle met toujours sa ceinture, tu vois ? C’est pour notre sécurité, tu comprends ? Tu roules pas un peu trop vite là ?  Allez, quoi ! Dis quelque chose !

Je lui accorde un regard, histoire de m’assurer que j’étais bel et bien en voiture avec un togolais, né d’un brassage national entre Kabyè et Moba. Impossible d’être métis avec de telles origines. Pourquoi le petit là parle comme ça même ? Hein ?

– Tu fais quelle classe, toi ?, lui demandai-je

 – Chui en sixième.

– Ah ok ! Les cours ça avance ?

– Bah ouais. Ma prof d’anglais m’aime pô. Elle dit que je fais pas assez d’effort. Tu t’appelles comment, toi ?

– Aphtal.

– T’es musulman? Tu pries? Tu manges pas du porc, c’est ça? T’es du nord du Togo, n’est-ce pas?

– Oui je suis du Nord, tout comme toi. Sauf que moi je ne suis pas vraiment au Nord. Je suis au centre; je suis de Sokodé!

– Sokodé, c’est où?

– Tu dois être un piètre élève, toi! Tu ne connais pas Sokodé? Reprends tes cours d’histoire-géographie, fiston, et révise les cours sur « Les éléments venus du Nord« .

– Les éléments venus du Nord, tu dis? Chui pas sûr d’avoir ça au programme cette année. T’as appris ça, toi quand t’étais élève?

– Mais bien-sûr, on est tous passé par là hein! Toi, on t’a pas appris que les kabyès sont tombés du ciel, et que Moro Naba est…

–  Moro quoi?

Puis il éclate de rire. J’ai d’abord cru à une mauvaise plaisanterie mais je dus me rendre à l’évidence. Ce petit ne comprenait rien de ce que je lui raconte.

–          Tu sais au moins que tu es Moba non ?

–          Oui oui, des cousins ne cessent de me le répéter. Bof, c’est super ennuyant à la fin.

–          Hey, on vous apprend quoi, à votre école là-bas hein ? Vous avez quoi comme programme ?

–          Bah, on fait de l’anglais, les langues vivantes, euh, l’éducation musicale, les arts plastiques, l’histoire et la géographie, le sport, euh…

–          Ouais mais on vous apprend quoi, en Histo-géo ?

–          Bah, ce qu’il y a au programme.

 

Puis il se met à débiter des trucs qui me sont inconnus à moi, son aîné intellectuel. Enfin, j’aurai pu les savoir, ces trucs sur internet, mais bof…

En bref, le programme scolaire auquel était soumis Bob, est un programme complètement…étranger.

Ce pourquoi je m’afflige !

Originairement, les écoles internationales, sont réservées aux enfants des fonctionnaires expatriés, ou internationaux. Dans quel but ? Eh bien celui de rester en contact avec le programme scolaire du pays d’origine. Des hommes, à travers le monde, préfèrent éduquer leurs enfants selon leur origine. Et nous, togolais ?

Nous foulons aux pieds l’éducation nationale, en envoyant nos enfants dans des écoles étrangères. Dans quel but sinon celui de faire d’eux, des étrangers ? Allez lire un peu les programmes proposés dans ces écoles, lisez un peu ce que ces enfants ont comme cours, et vous verrez qu’ils apprennent autre choses, sinon désapprennent. On leur apprend à jouer du violon et du piano, à danser du tango, à faire des dessins débiles ; on leur apprend que les enfants ont des droits que même les parents ne sauraient violer ; on leur dit que les hommes sont libres et égaux, et homosexualité ou hétérosexualité, c’est la même chose ; on leur demande d’aller passer des colonies de vacances à Nantes, ou à Toronto ; on leur enseigne la vie de Ronsard, Hugo, Napoléon, Charlemagne…

Que faites-vous de nos Moro Naba, nos Samory, nos Soudjata  ? Quid de Lokua Kanza, Miriam Makeba, Lucky Dube, King Mensah ? Nous avons nos balafons, nos xylophones, nos danses traditionnelles ; Akpema, bôbôbô, adossa-gadao et autres… Kpalimé et ses cascades que les blancs prennent d’assaut, ne nous suffit-elle plus pour nos vacances ? Avépozo, Sokodé, Mango, autant de sites touristiques et de richesses dont certains de ces enfants n’en sauront jamais rien.

Chers lecteurs, qu’on se le tienne pour dit : ces écrits ne sont pas ceux d’un frustré, ou d’un jaloux qui aurait aimé fréquenter ces écoles branchées, et autres. Loin de là. Je ne fais que m’indigner face aux comportements de mes compatriotes qui s’aliènent, et se déracinent complètement. L’éducation togolaise est à revoir, certes, mais elle est incontestablement l’un des meilleurs gages de la formation de futurs citoyens, de fiers républicains, et d’irréductibles nationaux.

Franchement: vers quoi courrons-nous si nos enfants ne connaissent pas notre propre village, ignorent tout de leur ethnie, de leurs histoires, de leurs peuples et de leurs grands hommes ? Où se situe la souveraineté nationale si, des écoles étrangères dérogent complètement au calendrier scolaire national, au programme d’enseignement, et aux méthodes d’évaluation ; que vaut la souveraineté si des écoles officiant sur le territoire national, inculquent à nos enfants des valeurs que nous ne partageons pas ?

Ces nouveaux riches qui croient être émancipés en envoyant leurs gosses à l’école américaine, britannique, islamique,  indienne ou française, font du mal à notre peuple ! Nous déplorons déjà l’incapacité de nos pays à construire des Centres culturels, ou à ériger des Instituts, en occident ou en Orient ! A défaut d’exporter notre culture et nos civilisations, protégeons au moins notre pré carré, et affirmons nous à l’intérieur.

Je me suis plaint à Dakar, de la dictature du Wolof ! J’aurai énormément aimé parler des Tata Somba avec Bob, au lieu de l’écouter décrire stupidement le château de Versailles !

J’ai dit !

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Aphtal CISSE
Togolais de nationalité, citoyen du monde par nature et juriste de formation. Les seules règles que je respecte sont celles que je me fixe moi-même! Et la première d'entre elles, est le RESPECT! Pour le reste, que les bénédictions soient!

51 réflexions sur “Ces togolais dont les ancêtres sont Gaulois…

  1. Cet article Je l’ai trop aime,relu a plusieurs reprises et trop « kiffe »! La premiere langue que Je parle a mes enfants a la Maison est l’ewe, pour moi la question ne se pose meme pas: c’est essentiel, vital, primordial. Le franCais et l’anglais, ils en font l’acquisition des qu’Ils commencent les etudes et au contact de la lecture, de la tele,…. Sinon on fait quoi de nos enfants ?? Des sous-produits occidentaux qui ne connaissent rien a leurs racines!!!,

  2. Aphtal tu as fais une pertinente analyse. Je peux m’approprier ton texte parce que pratiquement tous les pays africains connaissent la meme situation. Nous apprenons l’histoire et assimilons la culture des autres et du coup nos enfants ne connaissent rien de leur riche patrimoine culturel.
    Tu as parlé de la dictature du wolof dans l’un de tes articles. Tu sais les sénégalais sont trés fier de leur wolof et le fait de parler notre wolof national fait exporter notre culture et le résultat c’est que tous les visiteurs du pays de la téranga repartent systématiquement en assimilant quelques mots wolof !
    Un jour j’ai regardé David bekham a la télé prononcé quelques wolofs en disant mangui fi réke ! je n’en revenais pas !
    Cheikh anta DIOP pronait l’enseignement des langues locales dans les écoles.
    Il faut que les citoyens de chaque peuple africains togolais, béninois, ivoiriens, camérounais connaissent a fond leur patrimoine culturel.
    La culture africaine est trés riche et moi je ne me lasse jamais d’étudier notre histoire.
    Ici au sénégal des gens de bonne volonté ont réussi a difuser a la télé ou a la radio des émissions a travers lesquelles les telespectateurs apprennent leur histoire et culture
    Aphtal tu as raison de s’alarmer !

    1. Bonjour, Sénégalais!
      Ravi de te lire ici. Oui, je dénonçais la dictature du Ouolof mais j’avoue que ce n’est pas une mauvaise chose en soi. Moi-même, après juste une semaine à Patte d’oie, je suis reparti avec des mots tels: « Dama la begg« , ou « loubess« , ou « naka n’ga deff », « diditt« … Tu vois, en y pensant, c’est énorme! Je ne vois pas de sénégalais qui parlerai éwé ou Kotokoli après une semaine de séjour au Togo.
      C’est quand même déplorable, les programmes d’enseignements que nous avons. Les Facultés de Lettres qui n’enseignent pas les langues locales, mais qui abrutissent avec les cours de français du siècle des lumière…
      Mon cher, il faut qu’on fasse quelque chose hein…
      Cordialement, Aphtal

  3. Aphtal tu as fais une pertinente analyse. Je peux m’approprier ton texte parce que pratiquement tous les pays africains connaissent la meme situation. Nous apprenons l’histoire et assimilons la culture des autres et du coup nos enfants ne connaissent rien de leur riche patrimoine culturel.
    Tu as parlé de l

  4. Il n’y a que les gosses de riches qui fréquentent ces écoles. Pour la plupart, ce sont les EPP hein.. Je dirais plutôt qu’on les laisse ou ils sont, on forme et entretient bien mieux les professeurs publics, puis on s’active à l’amélioration de l’éducation en général.

  5. J’apprécie honnêtement votre article. Je pense que peu de gens se rendent vraiment compte de cette situation désastreuse. C’est l’origine de tous les maux. C’est un problème je dirais même à l’échelle continentale. C’est cela qui fait qu’on ne peut pas consommer nos propres produits plus tard. On préfère les boissons occidentales aux boissons locales, la pomme de terre de France à celle du Nigéria et que sais-je encore! De quoi je me mêle! Nos dirigeants sont complices et veulenet que cela soit ainsi. On préfère avoir des togolais noirs mais avec un esprit français. Il est grand temps que le système éducatif dans nos pays soient revus. En matière d’éducation scolaire, bien que le Canada soit tr`s avancé, il n’a jamais cessé d’apportement des amandements à ce qui existe déjà. On forme des gens pour le chômage au Togo. On méprise notre propre histoire. On s’habille comme des américains avec des mantaux et des bottes d’hiver, et on pense qu’on est civilisé. Je suis content de voir que bien que la situation soit en train d’échapper à la plupart des décideurs nationaux, il y a encore des vrais fils du pays qui essaient de faire quelque chose comme toi, comme King Messan, etc. Que nous sommes tombés si bas! A la maison, on veut que l’enfant parle français aux détruiments de l’Éwé, du Mina, du Kabyè, etc. dans le temps, à la télévison, il y avait les mercredis soirs des théàtres de chez nous, relatant nos réalités. Hélas! Des émissions radiophoniques comme: Si Lomé m’était conté. Tout cela est rangé aux oubliettes. Quel Togo voulons-nous laisser à nos enfants? Votre article a réveillé quelque chose en moi. Je pense vous emboiter le pas tr`s bientôt. Merci

  6. Cher aphtal,
    Je n’ai pu lire les commentaires précédents, mais permets moi de m’exprimer.
    J’espère très sincèrement que tu as pu discuter avec ton ex patronne, mère de Bob, pour lui parler de ce que tu as ressenti après avoir écouté Bob;
    mais je pense que les parents qui comme elle envoie leurs enfants à des écoles d’étrangers ont leurs raison. Dont la première et la plus importante est l’état de délabrement de notre système éducatif.
    Ce système éducatif est à la base du déracinement du jeune bob et de bien d’autres encore
    J’aimerai bien lire ton analyse sur le système éducatif togolais au détour d’un article
    Bien à toi

    1. En ce qui concerne une analyse sur lle système éducatif togolais, j’ai un brouillon que j’ai du mal à terminer! Mais ne t’inquiète pas, il sera publié, tôt ou tard.
      Pour ta question, j’avoue n’avoir pas discuté avec ma boss, l’autre fois; et je ne sais même pas pourquoi
      Cordialement…

  7. Ton billet, je l’ai lu il y a un peu plus d’une semaine, et je ressens le besoin de le retrouver. J’aime le sujet. Je te rejoins sur l’analyse de ces écoles françaises ou autre qui font abstraction de leur situation géographique et pire de l’identité des enfants et jeunes qu’elles ont en face d’elles. J’ai mis les pieds dans un de ces lycées, non pas pour y étudier, mais pour faire comme un stage en tant qu’assistante de français. Heureusement, certains enfants et jeunes se rendent compte du système dans lequel ils sont fourrés, et j’ai eu des collégiennes, qui essayaient de comprendre ce qui différenciait le clergé séculier du clergé régulier (je crois) m’avouer qu’elles avaient honte de ne pas connaître l’histoire de leur pays. Avant de quitter l’établissement, au primaire, une révolution avait éclaté dans une classe de CM1 (9 ans). Après une leçon d’un pan de l’Histoire que la France a dû mal à assumer et que l’enseignante n’a pas réussi à didactiser, les élèves se sont exprimés avant de se faire gronder. Lors de la pause déjeuner, certains élèves ont formé un collectif contre le colonialisme français et ont écrit sur des bouts de papier pour s’exprimer. En voici l’un d’eux : « C’est injuste ce que les Français ont fait !!! On avoue nous on est dans une école française car notre niveau [entre les écoles publiques] n’est pas bon. » Ce collectif, à coût de punitions, s’est éteint au bout de quelques jours.

  8. Tres bon article meme si je pense que le premier garant des racines de bob c’est sa famille ou ses parents t’as repondu a ta plainte le but c’est que les enfants expatries ne soient pas deracines si les locaux souhaient y envoyer leurs enfants au risque des les deraciner ce n’est pas leur faute en plus ca leur facilite l’obtention du vsias pr etudier chez les gaulois…… Biz

  9. Aphtal CISSE,
    A la lecture de ton histoire, je me suis retrouvé dans mes amphithéâtres avec mes étudiants qui bien qu’ayant suivi l’école togolaise peinent à savoir où se trouvent les localités comme Nano, Mandouri, Korbongou, Défalé, Nadoba, Djarekpanga, Balanka, Vèh nkougna, Dikpélélou, Agoméglozou, Agbanakin, etc. Alors que dire de nos frères qui par le choix de leurs parents se retrouvent dans la situation que tu as su peindre? Dans nos débats et nos actions, au plan national et local, et même à l’échelle de la cellule familiale, il est important de placer l’ « IDENTITE » au coeur de l’éducation de nos enfants et des citoyens. Juste ce petit commentaire pour te féliciter et soutenir ton action, car le chantier est énorme, et le Togo a besoin d’ouvriers.
    Courage et bonne continuation!

    1. Merci mon cher, Wala! C’est un plaisir! Merci pour votre apport; et surtout pour ces villes que je ne connais que de noms… Il nous faut un Cross-contry pour découvrir notre pays, je crois
      Cordialement…

  10. Texte très pertinent, cher Aphtal. C’est, en effet, incohérent de connaître l’histoire du monde en ignorant la sienne. Si les parents veulent absolument mettre leurs enfants dans des écoles internationales, c’est à eux-mêmes d’inculquer l’histoire du pays à la jeune génération !

  11. Salut Aphtal,
    Hummmmmmmmmmmmmmmmmm, Tu sais tu a touché du doigt le vrai problème de l’Afrique et du Togo en particulier. Ces enfants qui reçoivent des éducations des occidentaux c’est eux qui reviennent un jour pour diriger les plus grandes entreprises du pays et pourquoi pas le pays même. crois tu que l’Afrique aura dans quelque année une identité si c’est des enfants comme ça qui représentent l’Afrique à l’extérieur. De plus comment est ce que nos écoles et l’éducation en générale sera amélioré dans notre pays si les autorités et leurs acolytes n’envoi pas leur enfants dans nos écoles. Je suis sur que si on fait une enquête plus de 90% des enfants de nos ministres ne sont pas inscrits dans nos écoles et par conséquence ne connaissent rien de nos programmes. Comment voulez vous qu’ils se préoccupent de ce qui se passent dans nos écoles si leurs enfants n’y sont pas inscrit. Que l’enseignement soit de qualité, que les enseignants de nos écoles travaillent dans de bonnes conditions ils s’en fichent éperdument. Que peut on faire pour renverser la tendance car il y’a péril à la demeure. Merci Aphtal pour ton histoire et ton analyse

    1. Mon petit frère était dans la même classe avec une superbe fille (j’avoue qu’elle était vraiment jolie), au Collège Protestant! Ils étaient en classe de troisième!Entre temps, le père de la fille fut nommé Premier Ministre du Togo (je ne le nomme pas). La fille a terminée son année en Suisse! Elle y est jusqu’à ce jour…. Voilà pour nos barons, ces nouveaux cons…

  12. Ma propre sœur a fréquenté une de ces écoles après le bepc et je peux corroborer tes plaintes au sujet de l’effet d la formation sur la culture de ces jeunes.D’autre part comme tu le dis l’éducation nationale doit être repensée et centrée plus sur notre histoire.

    1. Ah, Roland, la charmante Betsy! Elle me manque au quartier hein!
      Bien, heureusement qu’elle n’a rejoint cet institut qu’après le BEPC! Du coup, le plus gros du travail a été fait par l’école togolaise.
      Tu es aussi bien placé pour parler de l’impact de cette éducation occidentalisée! Et puis, on doit recentrée notre éducation sur l’histoire du pays, pas n’importe laquelle: La vraie! Parce que cette histoire de gens tombés du ciel là…
      Cordialement, Aphtal.

  13. Superbe texte, tu as raison de critiquer le deracinement de certains togolais. Nous avons le problème au Congo et doivent ce sont ses jeunes la qui deviennent les leaders du pays et comprend mieux pourquoi ils ne sr rendent pas compte des vrais problemes du peuple. Mais je suis d’accord avec rita c’est aux parents de veuiller a ce que leurs enfants connaissent le minimum sur leur pays

    1. « ce sont ses jeunes la qui deviennent les leaders du pays et comprend mieux pourquoi ils ne sr rendent pas compte des vrais problemes du peuple » Tu as tout compris, mon brave! Voilà la racine de nos maux! Déconnectés dès le bas âge, moulés par l’occident, ils deviennent facilement des valets, et enfoncent leur pays…!
      En ce qui concerne les parents, je le répète:ils passent moins de temps avec leur gosse que les profs de l’école. Les programmes de ces enfants sont vraiment d’un condensé… Même les vacances, on les passe loin de la famille…
      Peace

  14. Bonjour Aphtal,

    De blog en blog, je devais arriver -à l’évidence- sur le vôtre ! J’apprécie vos écrits et je suis en général assez d’accord avec vous.

    Sur ce sujet, je vais dans votre sens et j’adhère à vos propos. J’ajouterai que le sujet est étroitement lié à l’argent et ce que l’on en fait…, qui que l’on soit, d’où l’on va ou vient…

    Longue et belle route à vous !
    Et à bientôt !

    Chriss

  15. Bonjour Aphtal.
    J’ai lu avec intérêt et en riant-jaune, parfois- votre bel article. Je suis moi même d’origine béninoise (qui n’est pas d’origine béninoise à Lomé?), je suis née et j’ai grandi à Lomé et je suis un pur produit de ces fameuses écoles « internationales ».
    Je me suis reconnue dans ce petit garçon qui cite plus facilement Hugo que Césaire ou Kourouma. A chaque fois, la différence de mentalité entre ma famille béninoise et ma famille togolaise me surprend et me semble représentative des différences entre les deux peuples dont on parle souvent comme frères. « T’es de Ouidah? on s’en fout, t’es togolaise, c’est pareil ». Le fait est que ce n’est pas pareil. Mes cousins béninois ne vont pas dans une école française, américaine ou british et ce n’est pas faute de moyens, l’éducation nationale béninoise est très bien, me disent-ils. J’ai l’impression (et ce n’est que MON opinion) que le fait d’aller chercher ailleurs, le fait de penser que ce que l’autre offre est forcément meilleur, c’est très caractéristique des togolais. A commencer par moi-même! oui je suis d’origine béninoise, oui ma grand-mère est nigériane mais je me plais à citer ces origines comme pour me dédouaner de ce qui se passe au Togo et dont je ne veux absolument pas être tributaire.J’en suis très consciente! quand je discute avec d’autres africains, fiers de leur culture, je sais qu’à un moment quand ça va commencer à parler du Togo autour de la table, ceux qui vont enfoncer le pays ce sera notre propre groupe de togolais. Le Togo me désespère la plupart du temps, je n’ai pas souvent l’occasion d’en être fière, mais j’y suis viscéralement attachée…depuis 10 ans. Depuis que je n’y vis plus, en fait. J’ai appris à aimer ce pays et ce faisant j’ai appris à aimer Kourouma…

  16. l’article est très bien écrit. souvent à cause de mes occupations, je lit un article en trois temps (je lit une première partie quand je vois l’article, je continue à midi, souvent je m’arrête là car soit j’imagine la suite de l’article, ou soit je le trouve pas intéressante et je laisse passer. Mais là, j’ai commencé et terminer. Le style étant accrochant. Et le contenue;

    Pour le contenu, je fais hmmmmmm!!!!!. pour tous mes petits frères et mon premier neveu. J’ai exigé qu’on l’EWE (je suis ewe) pour eux à la maison.

    Pardon pas le français, parlé lui éwe, ça doit être la langue sur laquelle sera fondée tous ses acquis. le résultat est là, mes petits frères ont été et continue d’être les meilleur de leur classe. Ils savent très bien parlé en public et parlent plus bien français et même l’anglais pour certains que certains.

    Si je ne parle pas EWE, c’est Hollande qui viendra parlé Ewe à ma place?

    1. Merci, Mr Koffi, pour le temps consacré! C’est un plaisir!
      ET sur ce point tu as raison! Les premières valeurs s’acquièrent au travers de la langue! Ces gosses qui ne parlent pas Kabyè ou Kotocoli me font sérieusement de la peine

  17. Mdr !!! avoir les deux parents togolais et être un enfant déraciné c fort quand même ! j’apprécie l’article . Merci à Papa et maman Afatchao qui bien qu’on soit pas néau togo nous ont imposé l’Ewe à la maison et chaque année au moin deux semaine au togo aujourd’hui je fais de même à mes enfants ,cette année nous allons profiter des vancances pour faire les certificats de nationalité Togolaise (j’ai déja le mien . enf. et Mme). Encore merci pour l’article!!

    1. Super, grand-frère Sénam! Je n’ai aucune envie que la flamme du 228 s’éteigne, ni aucune flamme africaine d’ailleurs. N’oublie pas de me contacter dès que tu seras à Lomé!
      Cordialement…

  18. Comme je te le disais sur Twitter, un article intéressant! Il est important de pointer que dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, beaucoup aiment mettre leurs enfants dans les écoles étrangères (soit-disant plus prestigieuses) où l’histoire et la géographie locales ne sont pas enseignées (ce que je trouve d’ailleurs anormal, mais bref…).
    Néanmoins, je trouve dommage deux choses : qu’apparemment, tu sembles approuver l’homophobie (ce que je condamne), et aussi que tu ne sembles pas apprécier d’autres apports culturels que ceux locaux…Est ce que les danses traditionnelles doivent forcément s’opposer au tango? L’art ne devrait pas être valorisé qq soit sa forme (pourquoi parler de dessins débiles) ? D’ailleurs, des fois les idées sont d’ici et de là bas : l’exemple des hommes naissant libres et égaux par ailleurs 😉 (http://mayaime.wordpress.com/2011/01/12/le-serment-du-mandingue/).

    Sinon, les questions soulevées ont le mérite d’être très bien posées 🙂

    1. Hmmmmm Dreydful, en matière d’homophobie, je sais ta réputation sur Twitter. Je n’approuve pas l’homophobie, d’ailleurs tu peux le constater sur un de mes anciens billets); juste que je n’aime pas la dictature de l’homosexualité! C’est tout un autre débat, je crois! D’autres apports culturels? Je n’ai jamais été contre, puisque j’ai fait plusieurs années au Centre culturel américain, pour mon Toefel (même si je l’ai pas encore tenté). Sauf que j’estime qu’un travail de fond doit être fait: celui d’inculquer à nos enfants notre culture d’abord, et suivra l’apport! Cela est à son avantage d’ailleurs. Mais être éduqué totalement selon un modèle étranger, sans ce travail de fond, c’est de l’aliénation, pas de l’ouverture culturelle. Tango, d’accord, mais Adossa d’abord
      Cordialement, Aphtal

  19. Aphtal,mon cher Novigné.Ce n’est pas incompatible.Un gamin togolais peut aller dans une école internationale et connaitre ses origines,son ethnie et son village natal.Les valeurs de tolérance,respect et politesse sont universelles et non pas propre à la culture togolaise.Entre toi et ce petit,je ne vois que deux mondes qui doivent apprendre à s’apprivoiser et qui ne se connaissent pas encore.Apprends lui la richesse du patrimoine culturel togolais et lui t’apprendra,euh…je ne sais pas. Bref partage avec lui…tout ce que tu sais.Bob souffre d’ignorance et de déracinement précoce.T’a plus qu’à ouvrir ton école national en langue local…inchalla…pour les enfants des nouveaux riches togolais et étrangers.

    1. Oui, Dagan, ces valeurs sont universelles; oui ce n’est pas incompatible, mais c’est extrêmement difficile pour les parents et pour les gamins eux-même. L’école les accapare complètement; ils y passent plus de temps qu’à la maison; et c’est pas l’enseignante originaire du Texas qui lui parlera des Tata Somba!
      C’est une idée magnifique hein, que tu viens de me filer là! Akpé, en attendant!
      Cordialement, Aphtal

  20. Un excellent article, comme les autres d’ailleurs. Les parents de ces gosses ont déjà fait le choix quant à l’avenir ou les lieux de résidence de ces derniers. Ce qui me révolte est qu’en général ces enfants n’ont aucun contact avec l’environnement dans lequel ils vivent.

    1. Ces choix sont horribles! Il faut voir ces gosses se comporter envers leurs parents, envers la grande famille! Oui ils sont smart, j’avoue, mais ils sont bizarre; et c’est triste! On peu aller étudier en France ou en Inde, avec UN BAC TOGOLAIS! Mais passer un bac français, sur le sol togolais, sérieusement, ne revenez plus me parler de fuite de cerveau

  21. Ouaoh!!, j’apprécie l’histoire, la manière dont elle est contée et surtout la prestation des deux personnages principaux : Aphtal et Bob.. Le « je » narrateur fait également de bonnes interventions pour donner au lecteur ce qu’il veut savoir de chaque réaction du personnage de Aphtal.

    Mais il est intéressant de lire et d’imaginer tout ce qui peut se passer dans la tête du jeune Bob la première fois qu’il vois Aphtal en lui demandant sa pièce d’identité.

    1. Ouais, c’est là où je reconnais qu’ils sont un peu smart sur certaines questions. Le môme veut savoir si j’ai un permis de conduire, alors qu’un Kotocoli naît chauffeur, et que son premier document officiel est le permis de conduire?
      Cordialement, Aphtal

  22. loin de l’humour qu’on a en te lisant … ces écrits devraient interpeller nos décideurs on offre notre hospitalité a ces programmes étrangers, il y’a nécessite de les réadapter aux réalités locales…

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