Aphtal CISSE

Lorsque tombent les voiles de la pudeur

Déjà une semaine que roule ma bosse à travers les rigoles de Sokodé. Lorsque l’on est natif de Sokodé et qu’on étudie ou vit ailleurs, surtout à Lomé, les moindres faits et gestes sont scrutés, interprétés, lors de brefs retours sur la terre natale. Je savais cela mieux que quiconque, raison pour laquelle la première semaine de mon séjour fut plus qu’ exemplaire. Qui est fou ? Je me lève à quatre heures pour la prière à la mosquée (nous avons une mosquée dans la cour, et l’un de ses haut-parleurs est orienté vers ma fenêtre), je me tape un brin de causette avec les cousins jusqu’à six heures, je sors la voiture de papa pour la mettre au propre, je cours à la boulangerie du coin chercher du pain et des croissants pour le petit-déjeuner, avant de me préparer à aller travailler. Ma vie est super rythmée à Sokodé, organisée à la minute près : Il fallait faire le maximum avant la prière de treize heure, rencontrer ce client avant la prière de quinze heure, rentrer à la maison avant la prière de dix-huit heures, manger après celle de dix-neuf heures, regarder le Journal télévisé, parler politique avec papa, puis regagner mes quartiers aux alentours de vingt-trois heures.

C’est quand même assez intéressant, mais l’accalmie ne fut que trop longue. Mes instincts de citadins commencent par refaire surface, et désirent s’imposer. Cette vie tranquille, rythmée, sans sensations fortes, sans virées nocturnes, cela ne me ressemblait point vraiment. Ce matin là, avant de me rendre à l’assaut de vie, je fis part de mes désirs inavoués à Ibrahim, mon plus dévoué cousin. « shuuuuuut, fit il ! On en reparlera à ton retour, le soir. Vas travailler, et qu’Allah fructifie tes avoirs » Amin, répondit-je, tout en plaquant mes paumes contre mon visage.

La nuit, tous les « chats » sont gris…

A mon retour, un peu épuisé, cravate dénouée, ceinture desserrée, je croise les miens assis à l’ombre de la mosquée, faisant les ablutions. Après les deux prières du soir, je convoque les cousins au salon, et tous étaient unanimes :

« Enfin, Aphtal, on te retrouve ! On croyait que tu ne sors plus, ou que tu n’as plus du temps pour tes cousins préférés. Bon, comme d’habitude, nous on est derrière toi. Aujourd’hui Vendredi, et ca tombe bien. il y a les fonctionnaires de Kara et de Bassar qui viennent passer le week-end ici, donc les boites sont bien animées et toutes les filles s’y rendent. Bon, voilà, nous, on peut rassembler 6.000 FCFA, et toi ? Quoi ? 20.000 FCFA ? Al hamdou lilaye ! Ca va être grave. L’entrée au Pentagone Night Club est à 1.000 FCFA, et 1.500 FCFA au Riviera. La ilah, cousin, on se retrouve ici après le diner d’accord ? Bon à plus ».

Ce n’est pas possible ! Quand je pense que pour bien réussir une soirée en boite à Lomé, il faut minimum 20.000 FCFA par personne, alors que 25.000 F pour une bande de six personne, c’était était largement excessif, à Sokodé, je me demande ce que je fous à la capitale.

J’étais déjà tiré à quatre épingles lorsque mes cinq cousins arrivent, tous arborant un boubou de prière blanc. J’allais m’écrier lorsque l’un d’entre eux me dit de faire pareil, afin de cacher ma sape, et passer inaperçu au quartier. Le boubou ne s’enlève qu’une fois devant le night club. Et cela marchait à merveille, tous les vieux et autres amis que nous croisons sur la route ne se doutèrent de rien, nous saluant respectueusement, nous comblant de bénédiction. Ah que voulez vous, difficile de passer inaperçu dans cette petite ville, lorsqu’on est fils du Docteur CISSE, Directeur Régional de la Santé.

Le Pentagone était presque plein, à notre arrivée. La musique était très forte, et les lumières trop tamisées ; les mecs étaient habillés d’une façon… et les filles étaient…en tout cas rien à voir avec celles de la capitale. J’étais à milles lieues de la civilisation. Pourtant, la débauche n’a point de frontière.

Toutes les belles kotokoli que je croisais le jour, et qui, difficilement répondent à mon bonjour, étaient présentes, cuisses dévoilées, seins battant l’air, et fesses mal cachées. Elles bougeaient dans tous les sens, et qui le voulait, pouvait malaxer à loisir, ces monticules de chair fermes et charnues. Bon, mes cousins et moi, étions bourgeois, alors, on s’assit à l’écart, dans de fauteuils « bourrés », attendant de se faire servir. Lorsque la serveuse arriva, je déchante très vite car rien de tout ce que j’avais demandé n’était accessible nulle part à Sokodé : Johny Walker, Dubonnet, Malibu, Whisky Cream Rien ! Jamais entendu parler. Par contre, ils avaient un important stock d’un breuvage excessivement alcoolisé. Ils l’appelaient « Kill me now ». La première gorgée me brûla les lèvres et faillit déchirer mon œsophage. Comment est-ce que des musulmans pouvaient avaler un truc pareil ? Mes cousins s’offrirent une respectable rasade, entamant sérieusement la bouteille de ce douteux breuvage. Je me contente d’un vin mousseux (un luxe pour eux, qui ne coûte que la bagatelle de 2.000 FCFA).

Impossible de passer inaperçus dans une boite de l’intérieur du pays, lorsqu’on a une table à l’écart, décoré d’un vin mousseux… Les saintes-ni-touche du jour, putes d’un soir, envoient une forte délégation nous tenir compagnie. Chacun de nous avait deux filles pour son confort. Suivez mon regard.

Après quelques pas esquissés, on leur annonce que nous allons dépenser le reste de notre argent au Riviera ! Le Pentagone se vida de la moitié de ses clients, instantanément. Il sonnait minuit lorsque le portier du Riviera nous ouvre respectueusement la porte. Le spectacle m’ébahit. La piste était noire de monde, imitant maladroitement les pas de la danse « Azonto ». Quelques couples étaient plaqués aux murs, par endroit, et on pouvait deviner ce qu’ils faisaient. La table à laquelle on s’installe était occupée par un couple enlacé, certainement en route pour le huitième ciel. Je reconnus tout de suite le fils de l’imam de l’une des grandes mosquées de Sokodé. On se salua du regard, sans gêne, car ce qui se faisait la nuit, appartient à la nuit. Certaines filles étaient quasiment nues, se baladant d’une table à l’autre quémander un verre d’alcool contre un rapide tripotage des mamelles ou des petites lèvres.

L’ambiance était électrique toute la nuit, jusqu’à trois heures du matin. Comme des cendrillons, les filles se succèdent aux toilettes, ressortant avec une longue tunique et une burqua. Le maquillage était refait, et interdiction formelle de les accoster. Les mâles commencent également à rentrer, et mes cousins me demandent de faire pareil. Je leur offre une dernière tournée, puis direction, la maison. Je me sentais revivre, et j’étais en joie lorsque je passais en revue tous les numéros de téléphones que ces dignes musulmanes m’ont glissé sans bavardages. Oh, je sens que je vais prolonger mon séjour dans cette ville.

Au-delà de la soirée…

Ce qui me fait à présent réfléchir, est le comportement des jeunes de Sokodé. Dans la journée, tous semblent dignes, irréprochables, insoupçonnables, bien éduqués, attachés aux valeurs morales, sociales et religieuses. Mais juste après la prière de 19h, tous sont méconnaissables. Il suffit de les attendre à la devanture des boites de nuits, des buvettes, ou des coins réputés appartenir « aux mécréants ».

Ce jour, en rentrant, tous ceux que j’ai croisés étaient en boubou blancs, avec un cure-dent coincés entre les lèvres, et un chapelet noué à la main, comme allant à la prière du matin. A la mosquée, j’étais debout entre mon père et un oncle, respirant à peine, pour ne point embaumer le lieu saint du parfum de ce liquide interdit et maudit. Qui trompe qui ?

Lorsque mon père me questionna sur mon haleine, je lui dis avoir abusé du bain de bouche Synthol. Point ! Et en lavant la voiture, ce matin, j’aperçu Maïmounat, qui se rendait candidement au marché. Sacré Maï qui faillit me faire pisser au Riviera, la veille. « Bébé, on dit quoi ? » ; « idiot, on se voit après 20h », me répondit-elle discrètement sans bouger la tête ! Comme quoi, le jour appartient à Allah, et la nuit, tous les coups sont permis.

Chers amis, moi je profite de mon séjour prolongé à Sokodé, mais vous, prenez soin de vous, et surtout, revoyez votre manière d’adorer votre Dieu.

J’ai dit !


Pas de couleur bâtarde dans ma cour

Effets de la dépigmentation (Image:Google)

Citoyens du monde, je vous dis le bonsoir, depuis Sokodé. J’ai effectué un petit voyage sur  ma terre natale, dans le cadre du travail. J’y suis actuellement ! Pour ceux qui ne le savent pas, Sokodé est une grande ville du Togo, située à un peu plus de 300 km de Lomé. Elle est le chef-lieu de la région centrale, est majoritairement musulmane et très commerçante. C’est une ville qui a plus de minaret que d’école, mais assez tolérante et autarcique.

Bien avant mon départ, je dus passer quelques coups de fil, histoire d’annoncer mon arrivée, alerter la bande, et rendre mon séjour un peu agréable. Hormis le boulot que je dois y abattre, il fallait bien que je déstresse, que je m’amuse un peu, que je retrouve mes bas instincts, et flirte avec les délices de la chair. Quoi de plus normal donc que de prévenir Aminatou de ma prochaine venue ?

Aminatou, c’est ma toute première fois ! A l’époque où la puberté tirait les premières salves, Aminatou était la seule que je trouvais à mon goût et qui me le rendit. Mon premier baiser, c’est elle ! Ma première fois, c’est encore elle. C’est une chouette fille, à la taille fine, à la peau noire, sinon sombre, au teint luisant et brillant, à la hanche superbe, et aux lèvres de pétales d’hibiscus. Ah, Aminatou. Que j’ai hâte de te revoir…

Sokodé, me voilà…

Déjà cinq longues années que je n’ai plus remis pieds dans cette ville (bien que mon père y vit toujours), et pourtant j’ai l’impression de ne l’avoir quitté qu’hier. A ma descente du car, le comité d’accueil est demeuré inchangé : la même station d’essence à la façade décrépie, les mêmes bruits de garçons mal sevrés, les mêmes cris d’apprentis chauffeurs à la recherche de voyageurs, la même odeur de brioche, les mêmes injures d’avortons belliqueux, le même entrain, les mêmes couleurs, le même quotidien. Sacré Sokodé. Toujours égale à elle-même, cette ville avance à son propre rythme, tenant compte des réalités, et surtout respectant les coutumes et traditions. Ah Sokodé.

Une fois à la maison, je regagne la chambre que papa fit préparer pour moi. Il s’agit de son ancienne chambre d’étudiant, un peu à l’écart du nouvel immeuble, composé d’une pièce, d’un salon, et d’une salle de bain. Cool ! Au moins, je conserve une certaine autonomie, libre d’organiser mes sorties et mes visites comme je l’entends. Les cousins et les petits frères étaient déjà là, m’assaillant de nombreuses questions, tellement nous avions des choses à nous dire. Pourtant mes idées étaient irrésistiblement tournées vers Aminatou. Elle était au courant de mon arrivée, mais préfère me laisser, la première journée, à ma famille, et promit passer me voir, dans la semaine. Qu’à cela ne tienne ! J’ai pu survivre cinq années, quelques jours n’allaient pas me tuer.

Aminatou hier et aujourd’hui…

C’était hier, Mardi, ma cinquième journée à Sokodé. Après une éreintante journée, je rentre aux alentours de dix-huit heures, puis rejoins le reste de la famille à la mosquée pour la prière de Magreeb. Je somnole un peu dans la mosquée, en attendant la prière de nuit, (Inshaa), puis dîne copieusement avec papa avant de regagner mes quartiers. Je regardais une émission stupide à la télé lorsque mon téléphone vibra : Aminatou m’attend à la porte.

Je saute du lit, refait le drap, déboutonne ma chemise, brosse à nouveau mes cheveux, vérifie rapidement quelques trucs, avant de sortir retrouver ma douce et tendre Aminatou. Rien ne doit manquer à cette soirée de retrouvailles : de la musique aux préservatifs, en passant par le jus de fruit, les biscuits, les petits cadeaux que je lui avais ramené de Lomé. Je ne devais pas trainer dehors avec elle, pour ne pas indisposer qui que ce soit. Sokodé est une ville très musulmane, et les pratiques se voulaient chastes, même si on savait en quelque sorte de quoi chacun était capable.

Aminatou était habillée simplement mais pudiquement, avec toujours la même hanche, la même cambrure, le même sourire (enfin presque), le même regard, mais… pas le même éclat. Habillée, je ne pouvais admirer que la couleur de son visage, qui a considérablement rougi, ces cinq dernières années. Après la brève conversation, et une fois sa longue tenue ôtée, je me rendis compte de l’horreur. Aminatou, ma douce et tendre Mimi n’était plus la même. J’ignore si je dois la qualifier  de blanche, de métisse, mais elle n’est plus la négresse que j’ai connue, ni la tasse de Cappuccino que j’ai, jadis, bue.

Aminatou a désormais une peau à la couleur indécise, avec des zébrures noires. Son cou est une vallée sombre, sur le côté de la gorge, et une plaine ensoleillée, au verso. Ses larges et jolies épaules, d’un rose bleuté, portent les lacérations de ses soutiens-gorges, habillant cyniquement une partie de ses seins qui n’ont rien perdu de leur fermeté. Son ventre porte le stigmate d’un excès d’hydroquinone, le rendant tellement clair que quelques nervures sont visibles. Son ventre, à l’expiration, ressemblait beaucoup plus à l’écran de veille d’un Ipad qu’à un abdomen humain. Quant à ses cuisses, elles sont comparables à celle d’un jeune homme à la peau un peu trop claire, tellement elles sont velues. Je n’eus point le temps de m’attarder sur le triangle touffu que cachait son léger slip, mais je pris le risque de lui faire tourner sur elle-même, afin de voir le spectacle. Son dos ressemble à un tableau noir, hâtivement effacé par des élèves, un vendredi après-midi. En gros, ma chère Aminatou avait l’air d’une carte de géographie.

Malgré le répugnant aspect qu’elle avait, je m’efforce de ne pas la frustrer, en la prenant dans mes bras, de lui faire comprendre que blanche ou mulâtre, négresse ou métisse, elle était la même. Mais la forte odeur de poisson cru qui émanait d’elle m’empêchait d’éprouver tout sentiment de compassion, ou le moindre désir pour elle. J’eu un haut-le-cœur, et je finis par me séparer d’elle, déçu, abattu, désenchanté,  dépité.

Elle commença par parler, à me demander ce qui n’allait pas, pourquoi me suis-je dégonflé… Longtemps silencieux comme d’habitude, je ne pus m’empêcher de lui dire vertement, et en Kotocoli en plus, ce qui me chagrinait.

« Idiote, c’est ta mue qui m’a fait perdre mon désir. Qu’es-tu devenue ? Ta peau, si noire, si dure, comme le dessous des casseroles, qu’en as-tu fais ? Tu es si moche aujourd’hui. Regarde un peu ce à quoi tu ressemble ! C’est vrai il y a des jolies filles au teint clair à Lomé qui font mon bonheur, mais moi je suis resté fidèle à mes principes, Amina ! Noire de chez noir là, c’est ça qui me rend raide. J’aime aussi les peaux claires, mais pas les peaux empruntées, à la métamorphose incomplète, bariolée comme une camisole malinké. A Lomé, les filles qui se dépigmentent à l’excès, sont généralement des femmes galantes, avec tous les préjugés qui les suivent (prostitution, IST, Sida…) Tsru, Aminatou, tu crois que moi j’ai pas envie d’avoir une peau un peu plus clair, et d’être un peu plus séduisant comme les garçons du Nigeria là ? Je peux aller en pharmacie trouver d’excellents laits de corps, et pourtant je suis toujours aussi bronzé ! Cela ne t’a pas empêché de venir me retrouver dans ma chambre ! Mais toi ta nouvelle peau, ou ce qu’il en reste, me fait peur, et ton odeur de lait caillé là me fait vomir. S’il te plait rhabille toi et rentre chez toi. »

Respectables aînés, Ziad, David, Emile, Florian, Badiane, Osman, Dia, Keyta, Madigbè , Aliss, Andriamihaja, Abdellah, Serge, Ameth, quels sont vos goûts, en matière de femme, si j’ose être indiscret ? Fanta (claire) ou Coca-cola (noire) ? Douces et tendres amies, Rita, Danye, Faty, Naty, Sinath, Bellya, j’ignore le skin de votre peau, mais je me dis que vous devez être belles, sensuelles, et…naturelles ! Ce qui m’importe, moi, c’est que quelque soit la peau, au lieu de chercher à l’éclaircir, trouvez du bon beurre de karité pour le soin corporel. Ces produits importés, européens, ivoiriens, ghanéens, nigérians, fortement dosés en hydroquinone, ne sont profitables à personne. Ni pour vous qui les utilisez, ni pour nous qui vous admirons. Gardez votre teint Naturel, comme Oumou, et soyez-en fiers et Happy, comme la grande Axelle.

Il y a un milliard de raisons de croire en l’Afrique, parmi lesquelles se trouve la Femme noire. Soit c’est Fanta, soit c’est Coca-cola. Mais jamais Fanta-coca.

J’ai dit !

 

 


Mon président est vraiment Faure

Président Faure (Crédit:etiame.com)

« Il est vivant, il n,’est pas mort, Prési est vivant, il n’est pas mort ! Il est vivant, il n’est pas mort, Gnassimgbé est vivant, il n’est pas mort !!! ». C’était l’hymne que clamaient, ceux qui ont fait le déplacement pour accueillir le Président de la République, son excellence Faure Essozimna Gnassimgbé, ce Samedi 1er Décembre 2012.

L’aéroport international Gnassimgbé Eyadema était noir de monde, de la piste atterrissage au parc des honneurs. Une foule hétéroclite, constituée d’officiels, de partisans, de simples curieux, et de badauds. Tous étaient là, pour voir le miraculé, tous voulaient toucher celui que la rumeur publique faisait passer pour mort. Tout le monde, en tout cas ceux qui étaient présents, voulait voir de « ses propres yeux », le Président, sortir de son Jet privé, debout, et non « les pieds en avant ».

Au Togo, rien n’est jamais officiel. L’âge de nos autorités, leur patrimoine, leur état de santé, leur déplacement, tout cela, c’est toujours les « ont dit » qui nous rapportent ça. Et dans amusement là, « on dit » a encore dit que Faure est maure, pardon mort. Et tout de suite, la rumeur parcourut les 56.600 km² de notre territoire.

La rumeur devenue clameur…

1)      Je me souviens comme si c’était hier ! J’avais quinze ans, aidant ma mère à piler du fufu, lorsqu’une tante vint nous apprendre la mort d’ Eyadema (ancien président togolais, père de l’actuel président). Il a fallut attendre le lendemain pour que l’on sorte un communiqué officiel. Le coup d’état et les évènements qui ont suivi cette annonce, appartiennent à l’histoire.

2)      Depuis déjà un an, notre président, selon « on dit », souffre d’une terrible maladie, qui l’obligerait à effectuer de multiples voyages pour se soigner. « on dit » a même précisé qu’il s’agit d’une leucémie, à un stade avancé ! Le pronostic vital du chef de l’état était engagé.

3)      La semaine passée, la veille du vote de l’assemblée générale de l’ONU concernant le statut de la Palestine, notre président effectue un voyage officiel en Israël. De ce voyage, rien ne nous parvient, à part des photos prises aux côtés de Shimon Perez. Juste des photos. Pas de reportages en vidéos, comme on en a l’habitude.

4)      Vendredi dernier, après mon dernier billet, je parcourais la blogosphère, puis tombai sur un article dément à l’adresse www.sassenews.overblog.com. Le titre c’est « Togo, 30 Novembre 2012, Faure décédé en Israel ».  Je saute presque de ma chaise, lit puis relit l’article, le cœur battant. Oh shit ! Je copie sans réfléchir intégralement l’article, pour le coller sur Facebook. Je demande même au gérant du cyber de m’en faire une impression.

5)      Me souvenant des évènements de 2005, je téléphone à mes frères et à maman, pour leur demander de rentrer immédiatement, où qu’ils soient. Pourquoi ? Je ne peux en parler au téléphone. On se retrouve à la maison.

Je sors du cyber, tenant fortement le papier imprimé, à pas pressés. Je salue difficilement les camarades que je croisaient, je ne voulait en parler à personne. J’ai en main un scoop national. Sur la route, je constate que la patrouille était déjà opérationnelle. A 19h ? C’est plutôt rare, vue l’heure, et le nombre de véhicules qui sillonnaient Cacaveli. Dieu m’est témoin. La patrouille, ce vendredi fut assurée par les bérets verts, tous en gilets pare-balle. Oh seigneur ! Faure est vraiment mort… Je retrouve la famille,déjà réunie au salon, m’attendant. A peine je termine la lecture de l’article, Lomé plonge dans le noir. Coupure d’électricité, en tout cas à Agoè-Cacaveli. Anxiété, peur, excitation…

Le reste de la famille, au Nord du pays, était-elle déjà au courant ?  Très rapidement, un SMS a suffit pour annoncer la nouvelle à papa et à un oncle. La psychose !

Il n’est pas mort…

Et puis on nous annonce qu’il est bel et bien vivant, bien portant ! On organise en grande pompe le « retour triomphal » du président. A sa descente de l’avion, il était tout sourire. Nous on appelle ça « sourire trente-deux dents » ; ce genre de sourire qui étire les lèvres d’une oreille à l’autre. Il était fier comme un Arouna dans son premier boubou. Son sourire était moqueur, narquois, cynique, comme pour dire « ouais, on les a eu ! les pauvres cons, je suis là ! Vous y avez cru, salauds. »

Il s’offre un bain de foule, fait une marche de quelques mètres, puis moi j’éteins la télé pour ne plus regarder ce « grand reportage :no comment ».

Avec un peu de recul…

Certaines questions méritent d’être posées. La rumeur devenue clameur, est-elle une œuvre d’une mauvaise langue de l’opposition togolaise ? Si oui, pourquoi ? Sinon, quelles en seront les conséquences ? Ok il est vivant, ok il est bien portant, mais que s’est il réellement passé en Israël ? Le Président y aurait-il perdu connaissance, ou plongé dans un léger coma, ce qui aurait affoler la délégation ? Ou soit, serait-ce juste de l’intox, venant de l’entourage même du Président de la République ? A quelle fin ? Prendre le pouls de la population ? Se créer un mythe ? Tromper la vigilance de la communauté internationale ? Détourner  l’attention du peuple ?

De toutes façons, Président, toi-même tu as les réponses. A l’annonce de ta mort, nul n’a pleuré, nul ne s’est réjoui. Juste parce que vous êtes mortel, comme tout le monde. Ceux qui sont allé vous accueillir à l’aéroport ne sont que vos sbires et ceux qu’on a supplié en SMS de venir vous faire la haie d’horreur, euh pardon, la haie d’honneur le long de votre trajet. Et encore heureux que ce soit pour tromper la communauté internationale, parce que la communauté nationale, elle, a tout compris.

J’aurai quand même appris dans toute cette mascarade, une fois encore, que le Silence est grand. En tout cas, comme le dit le vieux dicton, « si quelqu’un fait semblant de mourir, faites semblant de l’enterrer ».

J’ai dit !


Le père Noël est une femme

Image: Blog Danielle Ibohn

Toute l’année, je me suis moquée de la prédiction des mayas…un calendrier qui s’arrête le 21 Décembre et tout le monde qui panique? Humm…

C’est décidé, je jouerais probablement au loto ce jour là…Quoi ? Prédiction alignement galactique fin du monde 2012 ; Prédiction Timewave Zéro, Prédiction Planète X/Nibiru; Prédiction Nostradamus; Bugarach. Avec autant de prédictions, ce jour tant qu’à faire …Vous aussi!

C’est comme le vendredi 13, où t’as plus de chance qu’un chat noir, de gagner au loto…Vous aussi ! C’est vrai! A l’an 2000 était prévue une énième fin du monde, un bug informatique. On l’a célébré en chanson, une évidence. Seule cette chanson m’a marqué, cette taquinerie des Espoirs 2000 Boyzband Ivoirien:

On nous l’a dit, la vie est un marathon. Mais c’est quel marathon, les femmes sont toujours derrière. Émancipation… En l’an 2000 on fera tous les bilans…

J’ai été énervée…J’avais 15 ans. La première année où en Afrique on fêtait en grande pompe la libération féminine.

A 19 Jours 9heures 13 min 43s du 21 décembre, je vous écris …Bilan Femme!

Le prix Nobel de la paix décerné à trois femmes, dont la présidente du Liberia. Aung San Suu Kyi ayant été autorisée à se présenter aux élections législatives partielles de 2012, après 22 ans en résidence surveillée, elle a enregistré sa candidature le 18 janvier 2012. Le 1er avril 2012, elle remporte très largement le scrutin et obtient ainsi son premier mandat officiel : celui de députée. La politique selon les femmes: la non-violence!

…Qui dit Mieux !

Voila j’ai dit ! Voila un Aphtal qui débarque dans mon billet! Garçons pfff…

Nom de Dieu, Danye! J’ai failli renverser ma tasse de Lipton, ce matin, en te lisant. Où as-tu sorti cette idée que la vie est un marathon pour les nanas? C’est faux oui. Il n’y a plus marathon. L’égalité des sexes, c’est une promenade main dans la main que nous vous offrons, oui. Laisse affaire de Maya là. Je me ferai un malin plaisir pour leur faire mon doigt d’honneur, le 22 Décembre prochain!

Mais quand tu dis que égalité des sexes là, c’est marathon, je ne suis point d’accord. Nous vous avons tout offert sur un plateau d’or. Nous avons lancé exprès, un concept appelé « galanterie », au nom duquel, nous vous ouvrons les portes, nous vous laissons entrer en premier, nous vous faisons la vaisselle, nous vous lançons des compliments, nous vous encourageons, nous nous faisons petit pour vous. Tout cela, personne ne nous a forcés à le faire hein. Ingrate là, maintenant tu parles de marathon, comme si on vous faisait courir derrière Husein Bolt, en mini jupe. Tcho.

Garçon là, ce n’est jamais content…

Mais euh…Aphtal, galanterie là c’est une arnaque…MOI JE VOUS DIS…M’ouvrir la porte me laisser passer mais euh…Vais pas faire … ce n’est pas pour mieux… Mais euh…bref !

Alors pariais-je sur Homme en 2012, Aphtal? Au loto, je gagnerais c’est sûr… Oh toi aussi ! J’ai failli gagner deux fois. Comme dit le dicton jamais deux sans trois. Vraiment toi hein?

Selon Aristote l’homme serait un loup pour l’homme. Vraiment je n’ai pas envie de faire ma Danye … vraiment il n’a pas dit les femmes. Nous sommes douces nous? Et ceux qui qu’ hein… Vraiment ! Nous sommes les mères de l’humanité Kiéé! C’est vrai !

Selon la Mythologie Grecque, les femmes gouvernaient le monde…Ah! Les Amazones…ces femmes guerrières qui décimaient toute une armée. Mais lorsque j’ai appris qu’elles se coupaient les seins pour pouvoir mieux tirer à l’arc…Humm…Puis Hélène Périvier s’en mêle.

Selon Hélène Périvier, économiste au Département des études économique à l’OFCE, le coté « les femmes sont plus sensibles et plus humbles » est un énorme cliché auquel je n’adhère pas. Pour qu’une femme arrive dans la sphère du pouvoir, elle a du s’accrocher. Elle n’a pas pu être douce et gentille avec les autres, sinon elle ne serait pas là où elle en est. L’idée que les hommes seraient plus agressifs, plus dans la prise de risques, est une conception profondément biologisant et difficilement acceptable… Humm affaire d’égalité là Aphtal, je me demande si les femmes ne veulent pas devenir des Hommes.

C’est bien une réponse de Mec ça…

Difficilement acceptable par qui, Danye ? Ce qui m’amuse chez toi, c’est que tu cites un philosophe, et tu fais appel à la mythologie. C’est tout votre péché, mesdames ! Nous, les hommes, la mythologie (ce qui n’existe pas), on ne s’y accroche pas. Vous êtes devenues si hystériques avec cette affaire d’égalité de sexes, que maintenant, il y a discrimination masculine. Combien de job je n’ai pas raté dans ce pays, tout simplement parce que « les candidatures féminines sont vivement souhaitées » ? Nous même nous acceptons d’être au chaumage pour vous embaucher, nous acceptons même quitter nos respectables emplois, pour flirter avec l’une d’entre vous, fut-elle femme de ménage dans un hôtel ; nous faisons des sacrifices, des compromis, nous trainons notre honneur dans la boue, juste pour vous permettre d’exister, de vous affirmer, de vous sentir pas très loin des hommes. Malgré cela, c’est zéro pointé pour vous. Il y a combien de femmes qui peuvent doter un homme ? Combien de tes consœurs sont-elles prêtes à construire une maison pour y loger un homme ? Quelle directrice de société acceptera tomber amoureuse de son chauffeur ? Et pourtant, nous vous aimons, femmes de ménages oh, boniche oh, coiffeuse oh, handicapée oh, courte oh, obèse oh, nous on ne fait plus de distinction. Alors ne viens pas faire le malin sur ton blog ici, en te la jouant, égalité des genres, juste parce que Maya a dit que tu vas trépasser dans une vingtaine de jours. Lorsque Christine Lagarde se ferait tripoter dans un ascenseur par un vigile, reviens me parler d’égalité de sexe, ok ?

Le père Noël est une femme…

Ah! les femmes dominent le monde…Aphtal a tout compris. Le père Noël est une femme cette année…Les cadeaux nous les donnons à qui sont sages … Suis sure que le monde se porterait mieux je vous dis…Hein? hihihi

De toute façon, le Gangnam Style annoncerait la fin du monde. Oh! c’est Guillaune Leroy qui le dit… Dans La théorie de cet étudiant, parti d’une citation de l’astrologue français, Nostradamus, en 1503 aurait annoncé la fin du monde :

Du matin calme la fin viendra,Une fois le nombre de cercles alignés de neuf sera,du cheval qui dansera.

La description dans sa vidéo annonce la fin imminente, puisque le Matin Calme est le surnom donné à la Corée, tandis que la fin correspondrait avec l’Apocalypse annoncée des Mayas. La danse du Cheval quant à elle désigne le Gangnam Style de Psy.

Hihihihi ce que femme veut, DIEU Veut… Mais ce que Dieu veut, femme s’en fout n’est-ce pas?

Faites des Salamalec (Courbettes; supplications) Messieurs hihihihihi

Allez,

Son’a Ponda (A Bientôt) …. et J’ai dit!


Magnifiques punch, mauvais adversaire

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Le soleil couchant, caché par les nuages, était d’un rouge envoutant, rendant la température agréable en cette fin d’après-midi, et la vue, imprenable, surtout lorsqu’on est en altitude. Touche finale pour parfaire le tableau, le calme et le silence qui régnaient cet après midi. Tous les mômes du quartier étaient encore en classe, ce qui offrait cette rare quiétude au coin.

J’étais en quête d’inspiration, vautré dans un canapé, placé sur la dalle de notre maison, mais aussi et surtout pour profiter discrètement du wifi installé par une école de formation supérieure du coin. Tout pédantisme mis de côté, notre demeure est l’une des quelques maisons à étages du quartier (en plus du voisin, et de l’immeuble de l’école précitée), ce qui permettait une vue panoramique, dégagée, et superbe. Parfois, en quête de sensations fortes, il suffit de se mettre du côté d’une cour commune,  pour y voir gratuitement les scènes de ménages, les disputes, les bagarres et autres évènements bruyants. Ah sacré Cacaveli.

Mais cet après-midi précisément, dans mon canapé, j’avais un œil sur l’horizon, admirant la beauté et la magnificence de dame nature, et l’autre sur mon écran d’ordinateur, suivant le fil d’actualité de mes amis sur Facebook, et cherchant des mots pour commenter la dernière photo de ma dakaroise préférée (Bisous à toi, Oumou). La canette de Heineken, posée à mes pieds, aidait à me plonger dans un état de béatitude, de contemplation, et de gratitude. Seigneur, tout ce que Tu fais ne peut qu’être bon. Allah est toujours Akbar…

Les bonnes choses ne durant jamais…

Un cri strident déchira le voile de calme qui était tombé sur Cacaveli. Je jette un coup d’œil sur ma montre, histoire de vérifier si c’était déjà la fin des classes pour les enfants du coin. Non ! Alors quoi ? Et pourtant le cri repartit de plus belle, entrecoupé par des mots, grossiers à loisir. Le timbre de la voix ne fait pas de doute quant à son origine : il s’agit d’une femme. Et j’étais presque sûr que le bruit provenait de la cour commune, à côté. Merde ! Je n’avais aucune envie de me dérober de ce magnifique état dans lequel j’étais plongé. Mais puisque j’étais à la quête du sujet de mon prochain billet, je décide de me lever pour faire un peu de kpakpato. (Kongossa, pour les Kamers).

A mon poste d’observation, je pus voir une femme, cheveux crépus, pagne négligemment noué au torse, laissant deviner des mamelles, flasques telles des feuilles de tabacs mal séchées. Malgré son visage en larmes, elle était presque hystérique, insultant un être jusque là invisible, en passant copieusement et belliqueusement en revue, l’arbre généalogique de son adversaire. Eh les femmes ! Elle hurlait, insultait, maudissait, pleurait. Un sinistre imbécile m’a frauduleusement dépossédé de mon appareil numérique (Émile, celui avec lequel on a pris la photo lors de ton récent séjour à Lomé), sinon je vous aurais ajouté des photos. Elle était carrément inconsolable, et son vacarme, commença à ameuter les voisins immédiats qui, habitués, étaient nonchalants à pointer le nez.

Tout à coup, un homme sort de nulle part, torse nu, avec pour seul vêtement une serviette soigneusement nouée à la taille, avec un regard noir. Il fonce sur la dame (son épouse ou compagne, en fait), et la charge. Jusqu’à la publication de cet article, chers amis, j’éprouve une certaine difficulté à trouver des mots pour décrire exactement ce qui se passa ensuite. L’homme se mit à rouer la dame de coups qui auraient plongé Ziad dans un coma de quelques heures ! (Ziad, c’est toi j’ai cité parce que je sais que tu es costaud hein, grand-frère). D’abord deux paires de gifles, méchamment orientées vers le haut du visage, une puissante gauche dirigée contre une mâchoire de la pauvre, une assommante droite qui envoya la dame au tapis, direct !

La scène se déroula avec une rapidité qui prit de court tous les témoins. Dieu m’est témoin, je ne me suis jamais mêlé des démêlés du quartier, ni de près ni de loin, et rares sont ceux avec qui je discute, après avoir échangé les salamalecs. Mais, ce jour, je décide d’intervenir, ne serait-ce que pour mettre la dame hors de portée des coups terribles dont elle est le réceptacle. Il ne me fallut pas plus de trois minutes pour dévaler les marches de l’escalier, faire le tour de la maison, et me retrouver avec les belligérants. La dame ne réussit point à déjouer les pronostics. Toujours à terre, et toujours agressive, elle recevait à présent des coups de pieds de celui qui passe aux yeux de tous pour son époux, soit dans le dos, soit en plein ventre, soit… en tout cas partout sur le corps.

Les voisins qui étaient là avant moi, ne réussirent point à calmer le mari ; et celui-ci semblait intraitable, emplit d’une haine que je n’arrive point à m’expliquer. Il piétina même le crane dégarni de la dame, avec son pied gauche.

Faisons une pause…

Chers lecteurs, j’ignore comment peindre cet ignoble tableau afin de vous faire comprendre ce que j’aimerai dire, car Aphtal n’a jamais porté, et insha Allah ne portera jamais, la main sur une créature divine, ayant deux mamelles, et une paire de fesses. C’est vrai, chacun à sa force, sa faiblesse, et surtout ses limites. Chacun pète les plombs, mais est-ce une raison pour passer à tabac un être de moindre force que soi ? Sans prétentions aucune, même sans avoir suivi des enseignements de Yoga, je ne battrai jamais une femme (une douce créature avec des seins et des fesses hein), et jamais je ne pourrai comprendre qu’un homme, un vrai, se mette à la battre.

Le mal de cette femme, c’est d’avoir décidé de rester fidèle à son mari, et de demeurer auprès de lui, malgré que ce dernier ne donne rien pour la popote. La dame s’est toujours pliée en deux pour faire manger la famille, et malheureusement, ce jour, elle n’a pu trouver de quoi faire une petite sauce pour midi. Et comme monsieur a faim, et pense que c’est le devoir de la dame de nourrir la maisonnée, il s’est mis à la battre.

Au lieu de se battre pour sa survie, et celle de sa famille, au lieu de prouver sa virilité en se battant courageusement contre les aléas de la vie, ai lieu d’aller à l’assaut des difficultés de la vie, notre cher monsieur préfère se la jouer costaud à domicile. En voilà un qui s’est trompé de combat. Il existe une abjecte catégorie d’hommes qui ne sont forts que chez eux : Ceux qui battent leurs femmes.

Voilà. On vous dit de bien faire vos choix avant le mariage, on vous dit de rester fidèle à vos conjoints, mais moi je vous en conjure : Le mariage n’est pas un joug ! On ne se marie point par pitié, et on ne reste pas indéfiniment lié à qui ne prend pas ses responsabilités. Divorcez, bon sang. Un homme qui ne contribue point aux charges du ménage, quittez-le. Un malappris qui ose vous tromper avec une autre fille, abandonnez-le !  Un fils de chien  qui ose porter la main sur vous, assommez-le avec le dos d’une poêle et foutez le camp. (Hey, mesdames, ici je blague hein, ne tuez personne).

Je le répète encore : Le mariage n’est pas un joug, ni une croix à porter indéfiniment. On se marie pour le meilleur, d’abord, avant d’effectuer des choix sur le pire.

Dialoguez si vous voulez, pardonnez si cela vous chante, restez si tel est votre désir. Mais, vous aurez mérité votre situation.

Retour à Cacaveli.

Les séances de gym que je suis depuis des mois portent leur fruits, mais je n’ai pas assez de muscles pour affronter cet homme, pour le remettre à sa vile place. Le temps de mieux m’approcher du lieu du carnage, l’homme s’arrête subitement ; la dame, à son tour se tait, arrête de pleurer, puis essuya hâtivement ses larmes.  L’homme avait les jambes écartées, au dessus de la dame, qui, visiblement reprenait confiance. Nous nous approchons pour écarter l’homme, lorsque la dame hurle : « j’ai la situation en main » !

Sans blagues ! En effet, elle avait une main qui disparaissait sous la serviette de son mari, et la force avec laquelle elle s’agrippait interdisait tout mouvement brusque au monsieur. Le visage de ce dernier devint plus calme, plus conciliant, et même suppliant. Il commençait à donner des signes de douleurs, et ne bougeait plus. « Oui, j’ai la situation en main », répéta encore la dame, en pressant vigoureusement sa prise, qui était visiblement de taille, et par ricochet arracha un hurlement de douleur à son mari. Elle tenait entre sa main, le Graal, le levier de commandement, le bangala (sexe) de son mari. Eh oui, chère amie, tu as « la situation » en main. Je retourne à mon ordinateur ; je viens de trouver le sujet de mon article.

Mesdames, prenez la situation en main, et que le bonheur soit !

J’ai dit.


Aphtal et Anita, c’est pas Roméo et Juliette

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Certains de mes intimes n’hésitent plus à me qualifier de xénophobe, borné, égocentrique, et méchant, tellement je déteste la culture occidentale, et tout ce qui y est produit. Je ne le cache pas ; j’ai eu le rare privilège de lire certains documents concernant la colonisation, et la mondialisation, et depuis, je m’insurge farouchement contre toute importation. Bien entendu, je m’enrichis d’autres cultures, je suis ouvert à d’autres horizons, mais il y a des limites que moi Aphtal je ne franchis point, il y a des manières que je ne singe guère.  Jésus-Christ n’est pas né en Afrique, Mahomet non plus, et pourtant, une bonne partie des fanatiques religieux sont africains. Plus de 75% de feuilletons diffusés par nos chaines sont produit par le « 2/3 monde ». C’est aussi cela, la mondialisation.

Et parlant de feuilletons, je ne vais point vous rappeler ici tout ce qu’ils ont, comme négatif impact sur nos populations. Mais je vais quand même vous rapporter une histoire, un évènement tragi-comique, qui s’est déroulé devant moi. Wallaye j’ai été témoin oculaire et auditif à la fois, d’une scène qui ne se produit qu’une seule fois dans la vie d’un homme ! Et si j’ai menti, qu’une coupure d’électricité m’empêche de publier cet article! Je ne vous parle pas d’un éclipse solaire, ni d’une météorite, mais le sentiment qui m’anime ici est plus fort que celui qui anima Neil Armstrong lorsqu’il déviergea  la Lune. Bon, j’ai déjà raté mon introduction, je ne vais plus tergiverser.

Le Vendredi dernier, après des semaines de cotisations et de privations, j’eus assez d’argent pour inviter Anita dans l’un des meilleurs restaurants de Lomé. Le cadre, l’ambiance, la classe des clients, le menu, et les couts, faisaient de ce chic endroit, le lieu de prédilection de ceux qui voulaient se faire plaisir sans trop dépenser. Anita et moi étions tapis dans l’ombre, à une table presque cachée par les hibiscus, et des jolis lilas. Elle avalait goulument une large tranche de pizza, alors que moi, plus soucieux de l’addition, je me contente d’un léger hamburger, avec eau minérale.  L’écran de mon téléphone affichait dix-neuf heures, lorsque la chaleureuse et charmante serveuse vint débarrasser la table. Je m’approche mieux de mon invitée, lance une discussion innocente, avec l’espoir d’entamer une négociation plus tard ; ah oui, je voulais la ramener chez moi, histoire de terminer en beauté la soirée, avec la bouteille de Mouton Cadet que je lui ai soigneusement mise au frais. Et si jamais elle voulait m’offrir autre chose, suivez mon regard…

J’étais donc en pleine négociation avec Anita qui n’était pas vraiment amateur de grand cru, lorsque le bruit d’une fourchette retentit contre un verre à plusieurs reprises. « din din din din », comme cela se passe lors des soirées en costumes où, l’hôte désire lancer les festivités, ou dire un petit discours de remerciement. Et comme en pareille circonstances, tous les clients se tournent vers le lieu de provenance du bruit. Il y avait quatre ou cinq serveurs, interloqués, debout au milieu des tables, avec leurs plateaux. Malgré moi, je détache mon regard du décolleté d’Anita pour me tourner vers le client indélicat.

Il s’agissait d’un jeune homme, la trentaine au maximum, plutôt beau mec, arborant une belle chemise blanche et une cravate nouée en nœud papillon. Bien stylé, bonne mine, sûr de lui, le gars fait signe au DJ de baisser le volume de la musique. Ce qui fut fait. Les bruits s’estompent totalement, et il fini par avoir tout le silence qu’il désire, et toute l’attention de tous ceux qui étaient présents. Il s’éclaircit la voix, dépose le verre et la fourchette puis se mit à parler avec une facilité digne d’un agent commercial, et une éloquence déconcertante : «  Bonsoir à vous, chers amis. Je vous prie de m’excuser si désagrément je vous cause, mais rassurez-vous je ne serai pas long. Voilà ! Il y a de cela huit mois, j’ai eu le bonheur de rencontrer fortuitement une personne dans les rangées de bouquins à l’Institut français. Son élégance, et l’intelligence qui émanait d’elle força mon admiration, et m’obligea à lui adresser quelques mots. Depuis, ma vie a changé, je ne suis plus le même homme, car cette personne m’a complété, m’a transformé et m’a rendu meilleur. Elle est belle, intelligente, ambitieuse, patiente, respectueuse, et elle est exactement celle qui me faut. Lorsque parfois je pose ma tête contre sa poitrine, je me rends compte que nos cœurs battent au même rythme, et croyez moi, je ne peux plus vivre sans elle. J’ignore si c’est le meilleur moyen, mais j’aimerai que vous vous joigniez à moi, afin de lui demander, ici, si elle veut de moi comme époux… » Sur ce, il range la bouteille d’eau minérale puis monte sur la table ; il sort une petite boite en velours, pose un genou sur la table, ouvre la boite et se tourne vers une charmante demoiselle assise à la même table. « Edwige, veux-tu m’épouser ? », ajouta t’il.

Tous les clients se mirent à applaudir. Je ne compris pas pourquoi, mais momentanément, tous oublièrent la lourde addition qui allait leur tomber dessus, et se mirent à taper joyeusement des mains, séduits par le courage de ce playboy. Les filles et femmes présentes étaient les plus heureuses. Je sentais dans leurs regards, une certaine envie, ou de légers regrets. Regrets pour la vieille ménopausée à qui le mari n’a jamais publiquement témoigné son amour, envie pour la jeune fille à peine pubère qui rêve déjà de sa future demande en mariage. Même les serveurs posèrent les plateaux pour se joindre aux clients. Comme si elles s’étaient donné le mot, les dames se lèvent et commencent à crier à l’endroit d’Edwige « Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! »

« Dis oui ! », comme ce fameux médicament que les femmes font avaler à leur maris, afin d’avoir ces derniers à leur botte,  « Dis oui », comme une véritable incitation à union matrimoniale. Edwige, visiblement émue, se lève à son tour puis…

Puis….

Puis secoua négativement la tête en refermant la boîte de velours que tenait toujours son cavalier, un genou sur la table à manger. « non », répondit-elle ! Silence de mort. Silence de cimetière ! Silence initiatique ! Silence glacial ! Silence solennel ! « non » reprit-elle !

Toutes les vieilles mégères posent alors leur arrière train, les serveurs reprennent timidement leurs plateaux, chacun retient sa respiration, pour mieux regarder cet épisode. « Marc, reprit-elle, depuis neuf mois, tu n’as jamais voulu rentrer chez moi saluer mes parents, tu refuses de rencontrer mes frères, tu as décliné l’invitation de mon oncle, tu ne me permets pas de rencontrer ta mère, et tu veux que je sois ton épouse ? Marc, oui je t’aime, oui je veux passer ma vie avec toi, mais pas comme cela ; je ne peux accepter ta demande Marc ! Je refuse de me fiancer à toi comme ça, dans cet endroit. Désolé» Puis elle prit la direction de la sortie, abandonnant le Don Juan de pacotille, seul, juché sur sa table, au milieu de cette foule de curieux.

Sans blagues ! Le silence fini par être rompu par le DJ qui, comme pour remonter le moral à Marc, joua le titre « Tant pis » de Mehdi Custos.

Nul n’en revenait, et cet évènement devient le nouveau choux gras de conversation des clients.

Je risquai un rictus, puis pris la main de ma douce Anita pour lui demander dans un sourire enjoué : «  Ani, et si on allait chez moi ? ». Elle secoua la tête, pas comme Edwige mais affirmativement. Marc était toujours à genou, sur la table, pensif, lorsque, tenant  Anita fortement par la hanche, je me dirige vers la sortie.

Anita, rentrons chez moi oh. Même si je ne t’épouse pas, au moins tu connais ma mère, et tu croises tous les jours mon petit frère dans ton amphi.

J’ai dit !


Gare à qui veut mon zizi

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Ah, pauvreté, quand tu nous tiens. J’ai fait une remarque selon laquelle, lorsqu’on est pauvre, on est philosophe. La remarque vaut ce qu’elle vaut, elle n’engage que moi. Moi je pense que, lorsque l’on est pauvre, lorsqu’on a du mal à joindre les deux bouts, lorsqu’on s’offre difficilement deux repas par jour, l’on se met à réfléchir, l’on ose quelques questionnements ; entre autre pourquoi la terre est-elle est ronde, pourquoi fait-il si chaud, Dieu existe-il vraiment, pourquoi suis-je si pauvre, pourquoi l’autre prospère t-il tant ? Et comme tout bon philosophe, on fini par avoir des réponses, on fini par être illuminé, on a enfin la solution aux énigmes. Bien sur, il ne s’agit pas de découvrir des postulats qui vont bousculer le monde de la physique ou de la chimie, ni de bouleverser l’existence humaine par la découverte de nouvelles formules ou molécules. Mais on sait à présent pourquoi le voisin est toujours bien portant, on sait désormais pourquoi l’autre a une nouvelle voiture, on sait pourquoi le monsieur d’en face est toujours habillé en noir…

Eh oui, quand on est pauvre, surtout en ces périodes de fêtes, à Lomé, on est plus fort qu’Albert Einstein, on peut même être professeur de Chimie et faire redoubler la classe à Pierre et Marie Curie. Et cela se comprend aisément, au regard de moult évènements aussi insolites que fréquents qui arrivent durant cette période de l’année.  Je prévoyais écrire un billet sur le phénomène, mais paresse, et manque d’imagination m’en empêchaient. C’est un éditorial que j’ai fortuitement lu la semaine passée qui m’a donné de l’inspiration.

C’est de notoriété publique à Lomé, qu’à l’approche des fêtes, il y a des sacrifices qui se font. Des sectes à la mécanique huilée aux petits charlatans de quartiers, chacun a quelque chose à offrir en sacrifice. Que ce soit vrai ou pas, il se passe quand même des trucs bizarres.

Quelqu’un qui prétend que son sexe a disparu, juste après avoir été touché par un passant, ou après avoir serré la main de quelqu’un ; une jeune fille qui se déshabille en pleine rue sans crier gare, puis commence à courir dans tous les sens ; un jeune garçon retrouvé mort sur les rails (même si le train n’est plus passé depuis plusieurs mois), totalement émasculé, vide de son sang ; une jeune fille qu’on retrouve morte sous un buisson, sans les seins ou sans son sexe ; des jeunes et vierges filles qui se font violer; des filles qui prétendent avoir reçues des proposition de sodomie ; des jeunes hommes qui se font courtiser par des femmes mariées…. Des histoires de ce genre peuvent vous faire marrer mais à Lomé, chez moi, c’est un véritable drame. Triste réalité.

Des crimes de sang, cela est désormais monnaie courante, ces derniers temps, sans parler des accidents de la route. Et c’est presque toujours le même constat : Une grosse et belle voiture noire, aux vitres fumées a écrasé un conducteur de taxi-moto mort sur le coup ; un véhicule poids lourd a marché sur une petite Toyota, broyant le conducteur sur son siège ; un motocycliste perd le contrôle de son engin, heurte l’arrière d’une voiture en stationnement, effectue un vol plané de plusieurs mètres, avant de se briser la nuque contre le poteau électrique…

Psychose ou faits avérés ?

En toute franchise, je ne saurai vous répondre. Des accidents routiers, il y en a tous les jours de l’année ; chaque semaine, dans le mois de Mars ou de Septembre, il y a des accidents très graves qui surviennent ! Mais pourquoi diantre  parle-t-on de sacrifice en périodes de fête ?

Eh bien après réflexion philosophique (imposée par ma pauvreté aussi), j’ai cru comprendre une chose : Durant la période des fêtes, il y a une certaine effervescence, un certain entrain et dynamisme qui emplissent mes concitoyens ; ce qui fait peut-être que les conducteurs roulent un peu plus vite que d’habitude. On ne veut pas être en retard pour le réveillon, pour le rendez-vous avec les amis, pour la sortie en galante compagnie… En outre, le nouveau visage toutes feu toutes flammes qu’arborent les rues de Lomé sont des sources de distraction, qui empêchent les conducteurs de se concentrer sur la route…

Des évènements insolites ? Cela se produit l’année durant, on s’en plaint mais pas comme durant les périodes de fêtes. Viiim ! Un zizi qui disparait comme ca, une gamine retrouvée morte, cela inquiète tout le monde, mais pourquoi en Novembre et Décembre, cela se produit plus souvent, avec plus d’écho médiatique ? Juste parce que cette période est très propice au commerce, et l’on sait qu’en matière de commerce, le togolais se fait ravir la vedette par les étrangers, surtout les nigérians. Or ceux-ci sont très connus et très craints pour leurs pratiques pas vraiment catholiques. On les connait barbares, irrespectueux, avides d’argent, sans sentiments. Ce n’est pas forcément vrai ; c’est surtout une idée véhiculée par les nombreux films spirituels qui passent en boucle sur TV ZION… Mais ce n’est pas forcément faux non plus ; grâce aux médias, nous savons ce qui se passe dans leurs pays d’origine…

Jingle bells, zizi disappears…

Je ne vais point nier ici l’évidence. Il se passe vraiment des choses à faire réfléchir, durant cette période. Le fossé entre riches et pauvre se fait de plus en plus grand, et les sectes pullulent à Lomé, et ils ne se cachent même plus. La Loge maçonnique de Djidjolé refait ses peintures, le temple de la Rose-croix à Agbalépedogan a une nouvelle façade, plus moderne, plus jolie, plus décorée, plus ésotérique, et je suis sûr qu’Eckenkar leur emboitera le pas, dans un avenir très proche. Je n’indexe aucune de ces confréries, mais convenez avec moi que le phénomène est inquiétant, tout de même. De l’autre côté, les Presbyteriens, les catholiques, les églises des Assemblées de Dieu ne sont pas du reste. Tout le monde se fait un new-look…

La semaine dernière, j’étais au grand-marché de Lomé pour m’offrir une nouvelle paire de chaussures (une Paul Smith, s’il vous plait) et je me suis surpris, parce que j’avais la main gauche dans la poche, tâtant sans cesse mes testicules, histoire de m’assurer que mon engin est toujours en place. J’ai même récité le Pater Noster lorsqu’un de ces vendeurs étrangers m’a fait une claque dans le dos pour me proposer avec insistance une ceinture de pacotille. Il est vaincu au nom de Jésus !

On peut fêter en un seul morceau.

Si quelqu’un veut faire sacrifice, où est mon problème ? Il n’a qu’à aller chercher son mouton ailleurs. Chacun a ses problèmes et ses moyens de les résoudre ; chacun a des ambitions et des moyens pour y parvenir. Mais l’essentiel, c’est de savoir à QUI on appartient. Lorsqu’on a bien identifié son Créateur, lui adresser sans cesse des prières, être prudent sur la route, être toujours sobre et alerte. Dans ces périodes de fêtes, éviter la consommation d’alcool, éviter les conduites dangereuses sur la route, et… garder une main sur son zizi.

J’ai dit !