Les frasques d’un blogueur à la Terenga #1

Riz, restau UCAD II
Riz, restau UCAD II (Photo: Aphtal C.)

Mon tout premier contact avec la culture sénégalaise s’est produit quelque part au dessus de l’Atlantique, à bord d’un vol de la compagnie Senegal Airlines. La charmante hôtesse, dans un sourire enjoué, tenant fortement son chariot, se tourne vers moi puis me demande : « Poulet ou poisson ? » La courbe de ses lèvres sur le dernier mot influença fortement mon choix du menu.

Le plat de poisson, servi avec des légumes et des pommes de terre cuites à la vapeur, était d’une chaleur qui contrastait délicieusement avec l’air conditionné de l’aéronef. En futur chef étoilé, j’use de tous mes talents afin de déceler les épices et les ingrédients qui ont servi à la cuisson de ce plat : peine perdue. Le mystère sénégalais obligeait un contact, une présence physique, pour être percé.

Le contact culinaire établi, il m’a fallu sortir du grand hall de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor, à l’atterrissage, pour me rendre compte que si Dakar pouvait se comparer à une station balnéaire, elle pouvait également devenir une ville sibérienne, surtout pour un togolais qui quitte Lomé à 39° à 13h. A minuit, (l’heure de mon arrivée), la température passe facilement sous le seuil de 20°, et ce n’est pas forcément gai.

Bonne arrivée à Dakar !

Le chauffeur chargé de me conduire à l’hôtel était si poli, dévoué, et serviable. Pour favoriser une meilleure appréciation du « Dakar By Night », il décide d’emprunter la Corniche, magnifique avenue qui longe une partie de la côte dakaroise. Direction, quartier Patte d’Oie, où attendaient les autres blogueurs sélectionnés pour la formation. Malgré le froid cinglant qui impose d’enfoncer le cou dans le col de la chemise, et de plonger les mains dans la poche, ils étaient tous là, sur la terrasse principale, à attendre les derniers blogueurs à arriver, afin de leur transmettre la chaleur de la rencontre et de découverte. Un plat de riz, jonché de tubercules de tous genres et de légumes de toutes sortes, m’attendait, bien au chaud. Bien naïf celui qui aurait résisté à ce plat.

Les vraies réalités de Dakar.

Qu’on se dise la vérité. Dakar peut être comparée à une jeune fille dont la virginité ne se vérifie que sur le lit conjugal, la nuit des noces. Une chose est de se fier à toutes les cartes postales, à tous les articles répertoriés sur Google, à toutes les photos prises par les uns et les autres ; une autre est d’être à Dakar, en chair, en os, en pensée, et en esprit. Et moi, ce que j’ai tout de suite compris à mon arrivée, est qu’il fait parfois très froid, excessivement froid à Dakar. Nous n’allons pas en vouloir à dame nature pour l’alternance des saisons, mais comprenez le pauvre asthmatique togolais que je suis.

Les sénégalais, sont de grands intellectuels, certes, mais au Sénégal, la langue française est l’une des valeurs la moins partagée. Vous ne comprenez pas ? Commettez la bêtise de vous adresser au Policier, au chauffeur de taxi ou de car-rapide, au revendeur de pain ou de Café-touba du coin, en français : s’il vous répond en français, je change de patronyme ! Il y a une sorte de réflexe collectif, un réflexe inné, qui oblige le sénégalais à discuter en Wolof, langue locale et dominante, sinon écrasante ! Le plus déconcertant, c’est qu’ils estiment, à tort ou à raison, que toute personne se trouvant sur le territoire sénégalais est censé comprendre le Wolof. Du coup, ils n’hésitent pas à traiter de « Niaakh », toute personne qui semble ne pas assimiler le wolof national.

 

Au pays de la Teranga, ne point comprendre Wolof est un péché impardonnable, passible de lourdes peines financières, payées lors des différents achats effectués dans la ville. Du conducteur de taxi, à l’agent municipal, en passant par le jeune vendeur de chaussettes, de pain, de thé, d’oranges ou de bananes, tous te font payer le lourd tribut de l’ignorance. Qu’on le veuille ou non, le mot « Niaakh » est originairement péjoratif, à présent utilisé pour désigner l’étranger, le non-assimilé, le rebel, l’ignorant, le sauvage. J’en ai fait les frais ; qu’il vous plaise de suivre mon regard…

Dakar est une ville vivante, coloriée, diversifiée, attrayante, séduisante et excessivement dépensière. Pour 100 FCFA, je me tape aisément trois oranges sucrées à Lomé ; à Dakar, il faut au moins 1.500 FCFA pour sucer moins de 5 oranges ! Si j’ai menti, demandez à Nathalie. Du coup, toutes ces petites habitudes que j’ai à Lomé, sont des actes dangereux à Dakar, à ne poser que lorsqu’on a un budget conséquent ! Ne me demandez pas combien j’ai prévu pour mon séjour, je ne peux pas m’acheter une orange, voilà !

Ville chargée d’histoire, Dakar, prête aisément le flanc à une dynamique de progrès, d’évolution, de formation et d’épanouissement. En témoigne les nombreuses nationalités présentes au Sénégal, pour des raisons de commerce ou d’études. Mais cela fera l’objet d’un article ultérieur, qui d’ailleurs est le résultat d’une série de reportages, effectué dans le cadre de la formation #MondoblogDakar.

Croyez-moi, vous aurez tous les détails de mon séjour dans cette superbe ville. Tous les détails, je vous dis ! Excusez-moi de vous tenir en haleine, vous saurez très tôt pourquoi ! Mais tout ce que je peux vous promettre là tout de suite, c’est que notre aventure sur ce blog ne sera plus la même ! Je vous promets des contenus de qualités, en texte, images vidéos et sons ! Nous avons grandis, nous avons été outillés, et vous le remarquerez, tous, incha allah.

J’ai dit !

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Aphtal CISSE
Togolais de nationalité, citoyen du monde par nature et juriste de formation. Les seules règles que je respecte sont celles que je me fixe moi-même! Et la première d'entre elles, est le RESPECT! Pour le reste, que les bénédictions soient!

12 réflexions sur “Les frasques d’un blogueur à la Terenga #1

  1. Aphtal poète et ex-écrivain de haïku tu m’etonneras toujours! Tu as un patronyme des plus sunugalisant et tu ne parles pas wolof ? fais un peu d’ effort Tchoff. Merci de nous avoir representés à Ndakaru. Djeurè djeff.

  2. IL me semble cher Aphtal que tu as des liens très forts avec le pays de la Teranga,n’est ce pas.Tu aurais pu me dire au-revoir avant de partir au Sénégal.Je découvre que tu fais parti de la liste des blogueurs séléctionnés pour ce voyage. Profite bien de ton séjour pour apprendre le Wolof et découvrir le peuple sénégalais.P.S.Passe un petit bonjour à Cyriac Gbogou(blogueur ivoirien)là-bas oh.

    1. Ah grande-soeur façon tu me connais là, il faut que moi aussi je te rencontre quoi. Excuse-moi si t’as pas eu de mes nouvelles avant le départ. Un de mes Sms est resté sans reponsrs hein. Y a quoi ?
      T’inquiète pour Cyriak. Il a assuré. Merci grande soeur.
      Bisous

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