Aphtal CISSE

Et si Faure meurt, ce soir à 20h?

Revolution

In limine litis, je désire mettre certaines choses au clair : Je n’ai absolument rien contre le Président de la République Togolaise, je n’ai jamais souhaité et je ne souhaite pas sa mort (quoiqu’il ne soit pas immortel. D’ailleurs, il était mort et ressuscité non ?). Je n’envisage absolument rien pour attenter à sa vie, je n’en ai ni le temps, ni l’envie, encore moins les moyens. Je le répète : Je n’ai absolument rien contre le Président de la République. Je le dis, car on se connait dans ce pays…

Ceci dit, entrons dans le vif du sujet.

En février 2005, je pilais tranquillement du foufou, lorsqu’une tante nous rend visite, puis nous annonce officieusement la mort d’Eyadema. Même en regardant le gars venu à la TVT faire l’annonce officielle au journal télévisé, je n’y ai pas cru. Eh oui ! Même le jour des funérailles, en regardant le pauvre Premier Ministre d’alors, pleurnicher comme un môme à qui on a retiré une sucette devant le cercueil, je n’y croyais toujours pas…

Alors, chers togolais, imaginez un seul instant ceci : après une rude journée de bons et loyaux services, coincé dans un bouchon, quelque part en ville, ou à votre retour à la maison, affalés dans votre canapé au salon, vous apprenez la mort du Chef de l’état togolais. Oui oui, je vous invite à ce grand exercice, je vous convie, l’instant de la lecture de cet article, à « porter atteinte à la sûreté de l’état ». Oui, togolais, imaginez cela quelques instants seulement. Qu’importe celui qui vient faire l’annonce à la télé ou à la radio, imaginez juste qu’on vous dise qu’il est mort, et cette fois pour de vrai !

Pouvons-nous continuer l’exercice ?

Si oui, à ce niveau des développement, j’aimerais qu’on se pose quelques petites questions, dont la toute première est : Que se passera-t-il ensuite ?

  • Les frontières du pays seront-elles fermées ?
  • Les communications seront-elles coupées ?
  • Le Ministre de l’intérieur présentera-t-il sa démission à la suite de révélations apocalyptiques ?
  • L’armée nous présentera-t-elle un nouvel héritier ?
  • Un Gnassimgbé de plus fera-t-il son apparition au sommet de l’état ?
  • La population se soulèvera-t-elle ? Si oui, sera-t-elle matée ?
  • Combien de morts y aura-t-il ? Y aura-t-il des déplacés ?
  • Certains togolais deviendront-ils réfugiés, ou exilés ?
  • Y aura-t-il organisation d’élections ad hoc, pour légitimer le nouvel héritier ?
  • La population finira-t-elle par se résigner, et par laisser l’héritier gouverner ?
  •  Va-t-on une fois de plus prendre les mêmes pour recommencer ?

Arrêtons-là pour le moment.

Le scénario le plus réfléchi, le plus recommandé d’ailleurs, est que la Présidence de la République soit occupée par le Président de l’Assemblée Nationale, en l’espèce Abass Bonfoh ; (le pauvre, une fois de plus, il sera Président par accident). Celui-ci aura la tâche d’organiser en 60 jours (Article 65 Alinéa 3 de la Constitution Togolaise), de nouvelles élections pour désigner un nouveau président de la République.

En fait, où voulais-je en venir ?

La mort de Faure Gnassimgbé, si elle nous était annoncée ce soir à 20h, prendra de court toute la classe politique, parti au pouvoir, comme partis de l’opposition. Elle aura le mérite de mettre à découvert l’impréparation de nos hommes politiques à la magistrature suprême. Qu’on se dise la vérité : il n’y a absolument personne actuellement, capable de prendre les rennes de ce pays, à l’instant où j’écris cet article ! Personne ! Je ne prétends nullement qu’ils sont moins méritants, ni que Faure est le meilleur Président de tous les temps, non ; juste qu’aucun d’entre eux n’acceptera devenir président ce soir, même si la Présidence lui était offerte.

Actuellement, l’opposition togolaise est bicéphale : Coalition et Collectif. J’ignore tout des conflits d’interêts au sein de chacun de ces regroupements, mais aucun des hommes à leur tête n’a le profil de Président de la République.

A supposer, oui à supposer que le Collectif décide de laisser Monsieur Fabre être le Président. Les mots qui vont suivre n’engagent que moi : Voilà un homme qui a été candidat par accident (à cause de la maladie de Gilchrist) aux dernières élections présidentielles, et qui profite de sa vague de popularité et de la disgrâce de son ex-patron pour créer un parti politique. Cet homme, dont j’ignore tout (je suis franc), a eu pour première stratégie politique, les marches de protestations : on a beau détester Faure mais on ne marche pas le ventre creux, et le peuple qui le suivait avait faim. Je ne sais par quelle alchimie, il se ligue avec des Associations de défenses des Droits de l’homme, et la Société Civile. Ce qui est grave pour une démocratie ! (Je m’expliquerai plus bas).

A supposer, que la Coalition laisse au CAR le soin de présenter un candidat. Si ce n’est Apévon, ce serait sûrement Kissi. Ces messieurs sont de respectables personnes. Mes hommages, au passage ! Mais dans les circonstances actuelles, que peuvent-ils faire concrètement ? Que peuvent-ils faire, en tant que Président de la République ? Quels dossiers politique, économique ou social maîtrisent-ils ? Par combien de togolais sont-ils connus ? Peuvent-ils prendre en main le destin du pays, et le propulser définitivement, sans qu’il n’y ait rupture ?

Faure est-il la personnification du Mal togolais?

Je le répète encore, mes propos n’engagent que moi. Voilà en gros, une opposition peu organisée, sans emprise aucune sur aucun pan de l’économie nationale, sans influence aucun sur l’intellect de la nation (oui, les idéaux politiques peuvent passer subrepticement dans les discours des professeurs d’universités ou écoles), sans véritable représentation sur l’étendue du territoire, mais aussi et surtout, sans véritables programmes politiques. Voilà des partis, dont le seul but, est le départ immédiat et sans conditions de Faure Gnassimgbé. Avant Faure, le Togo était mal en point ; avec lui, le Togo est pire ; mais avec vous, il sera comment ?

Personnellement, je n’ai aucune admiration pour Faure, mais je ne suis pas non plus convaincu par ces hommes politiques, qui font feu de tous bois, quitte à surfer sur la vague des revendications du Syndicat des Travailleurs. Le danger pour ce genre d’alliance en démocratie, si un jour ces messieurs accèdent à la magistrature, c’est qu’il n’y a plus véritable séparation des pouvoirs, et il y aura trop de personnes à remercier…

Pour conclure…

Moi, Aphtal, je n’aimerai pas que Faure s’éternise au pouvoir, et je n’ai même pas envie de le voir briguer un autre mandat. Mais j’aimerai pouvoir voter pour des hommes capables de me séduire, de me convaincre, capable de faire mieux. Je désire au plus profond de mon frêle être qu’il y ait alternance au Togo ; pas d’un Gnassimgbé à l’autre, pas du mal au pis.

Si ce soir, Faure meurt à 20h, qui sera capable d’écrire une nouvelle page de notre histoire ? Que le Peuple, seul détenteur de la Souveraineté Nationale, prenne son destin en main. Suivez mon regard…

J’ai dit !


Emmanuel Adebayor vient de perdre un grand fan

Emmanuel Adebayor, n’est inconnu pour personne! Mais bon, comme on ne sait jamais, Adebayor est un footballeur professionnel, de nationalité togolaise, qui mouille bien le maillot ! Le gars c’est notre fierté nationale ; il est le togolais le plus populaire, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Togo. Sérieux, il existe des togolais qui ne connaissent pas le nom du président de la république, et ne savent même pas ce à quoi il ressemble. Par contre Adebayor lui, tout le monde connait son parcours.

Adebayor, aperçu au stade ce dimanche, dans les tribunes, entouré de ses gorilles Photo: Jean /Joli pour Aphtal

En ce qui me concerne, moi Aphtal, Adebayor, je l’adule ! Oh oui, je m’en fous de Faure Gnassimgbé et de son compte Twitter, je m’en fou de ce que font des Ministres sans qualifications ; il me suffit de voir Adebayor sur la pelouse pour croire que ce pays est bien dirigé ; il me suffit de voir ses passements de jambes, pour être rassasié, même si je n’ai rien à manger ; il me suffit d’admirer Adebayor célébrer ses buts, pour me saouler, sans bière ni vodka.

Vous en avez dix?Nous en avons UN!Emmanuel #Adebayor, oooooooooooooh très méchant!!!#tginfo #gnadoè @toofanofficiel @tgls_ @beviha

— Aphtal CISSE (@AphtalC) 8 juin 2013

@aphtalc @nounfoh avec Cissé faut pas toucher à l’icône international 🙂 son sang ne fait q’un tour.

— Lome Live (@lomeinlive) 9 juin 2013

— Aphtal CISSE (@AphtalC) 8 juin 2013

Mais il n’y pas que sur le terrain qu’Adebayor me fasse tant d’effet : c’est un vrai leader, un incomparable meneur d’hommes, un accumulateur d’énergie, un canalisateur des forces, et un faiseur de joie. Oui quoi, je ne suis pas le seul togolais à être emporté par l’homme dont je parle. On l’a tous vu, à Lungi, on l’a revu à Cabinda. Cela n’a en rien altéré son amour pour la patrie. Il a toujours été là, lorsqu’on avait besoin de lui, et dans les situations les plus inextricables, on a vu Adebayor nous éviter l’affront, en marquant au moins un but dans un sursaut d’orgueil, ou à l’occasionner ! Ah Adebayor !

 

Sacré Adebayor ! Toujours là à s’opposer à la gabegie à la tête de la fédération. Adebayor, notre Adebayor n’a jamais fait l’unanimité, car il a toujours trouvé dérisoire les primes de match qu’offrait la FTF, et il s’est toujours insurgé contre l’exploitation de ses coéquipiers ! Certains cons n’ont pas compris, et lui mettent des bâtons dans les roues ; mais il a pardonné ! Ah sacré Shéyi Adebayor.

Entrons dans le vif du sujet.

Depuis notre dernière CAN, nous avons encore réalisé le rôle oh combien grand que joue Adebayor dans notre équipe nationale. Il y a eu des rumeurs d’opposition entre lui et le sélectionneur Didier Six ! Sur ce sujet, un journaliste a fait un billet que je partage et vous invite à découvrir. Actuellement, nous sommes en lice pour la coupe du monde. Nous avons livrés des matchs, avec le Cameroun notamment. Battus à l’aller, les éperviers se sont imposés au retour, par une magistrale leçon administrée aux lions qui se disent indomptable…

#cmrtogo Au calme…les eperviers domptent le lion…en silence — wirriyamu2011 (@wirr2011) 9 juin 2013

 

Hehehehehe premier but #Togo-lais! Drap là commence pour les kamer#crtogo

— Aphtal CISSE (@AphtalC) 9 juin 2013

 

Match là est trop clean on dirait Cameroun joue contre le Barça :p#cmrtogo

— Aphtal CISSE (@AphtalC) 9 juin 2013

Aaaaaaaaah le pied! Mi-temps d’enfer! Le Togo mène, et ce n’est que le début! Lion-domptage loading… 50%#cmrtogo — Aphtal CISSE (@AphtalC) 9 juin 2013

deuxième mi-temps oh, les gars!#cmrtogo #tginfo #gnadoè ! Camerounais, ca c’ets pour vousyoutube.com/watch?v=JUrnv9… — Aphtal CISSE (@AphtalC) 9 juin 2013

 

Buuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut #cmrtogo

— Aphtal CISSE (@AphtalC) 9 juin 2013

 

Snif! Un tir camerounais qui sent le désespoir! C’est fini! Cameroun est désormais notre moins cher!@julieowono @ntag26#cmrtogo

— Aphtal CISSE (@AphtalC) 9 juin 2013

Oui à présent le Cameroun est notre moins cher, c’est-à-dire qu’il ne nous fait plus du tout peur, et que nous ne sommes plus au même niveau : « on a quitté dans ça », dirait l’autre ! Au match à l’aller, il s’en est fallu de peu pour qu’on fasse un nul ou qu’on les batte même ! Là à Lomé, ils ont pris conscience de notre supériorité footballistique. Ce qui est à souligner dans tout ceci, c’est qu’Adebayor n’était pas sur la pelouse. Les deux matchs livrés contre le Cameroun ont été effectué en son absence. Sauf que lors du match à Lomé, il y était, mais en tant que spectateur.

Adebayor vient de perdre un fan.

Que diantre était venu chercher Adebayor au terrain, hier ? Pourquoi était-il là ? Que voulait-il prouver ? A quoi jouait-il ? Je le dis en toute sincérité : sa présence est l’un des actes les plus puérils, les plus immatures, les plus inciviques, et les plus méprisants qu’il ai pu accomplir, jusque là. J’aurai monté des argumentations rocambolesques, s’il était à Lomé sans être au terrain ; j’aurai pris sa défense à n’importe quel prix, s’il était à Kégué, sans avoir été convoqué pour le match ; Dieu m’est témoin : j’aurai défendu Adebayor s’il était à Kégué, au moins en maillot jaune, en signe de soutien.

Hélas ! Rien de tout ceci. On peut être aperçu aux côtés des stars américaines aux USA, sans que cela sois mal perçu ; qui ne s’amuse pas dans la vie ?

Heureusement que les éperviers jouent ce week end #Togo #Adebayor cc @delasouz twitter.com/Fots_Fab/statu…

— Fots’_Fab (@Fots_Fab) 7 juin 2013

On peut être aperçu au Ghana, sur un terrain de foot, pour un jeu de gala, avec des aînés, et compères, à la veille d’un match capital pour son équipe nationale : pour un joueur de son niveau, Adebayor peut jouer plusieurs fois par semaine.

Mon #Adebayor il régale au match de charité #gameofhope d’#Essien avec #jayjayokocha ke du bonheur

— Steven LAVON (@lasteven04) 8 juin 2013

 

Mais qu’après tout ceci, on vienne au stade, habillé comme un DJ, pour s’isoler dans les tribunes avec des gardes du corps, c’est tout simplement une injure ; une injure au football togolais, une insulte au drapeau togolais, une insulte au stade de Kégué.

J’ignore ce à quoi il pensait, mais heureusement, les éperviers ont gagné ce match et déjoué tous les pronostics. Oui devant lui, sans lui, notre équipe est sortie de la pelouse la tête haute. La honte a changé de camp. Sa présence n’a fait que renforcer ses détracteurs, et convaincre le peu de personnes qui le soutenaient encore : Adebayor est peut-être un monument du football togolais mais…

Et qui a dit qu’on ne pouvait pas gagner sans Adebayor ??? Venez parler ici encore. #CmrTogo

— Liebe BAT (@liebeBAT) 9 juin 2013

Leçon du jour selon @liebebat : ADEBAYOR & Agassa st de très grands joueurs. Mais sont loin d’être indispensables.Ressaisissez-vous #TGinfo

— Marthe Fare(@Nounfoh) 9 juin 2013

 

 Oui, les togolais, moi y compris, commencent par se lasser de ces frasques, et par réaliser qu’Adebayor, malgré tout son talent, notre football pouvait s’en passer. Mais soyons réalistes et humanistes. Adebayor a encore beaucoup à donner au Togo, et notre football n’est pas encore au bout de ses peines. Si notre star s’assagit et décide de porter à nouveau le maillot jaune, eh bien je vous convie à lire la parabole de la brebis égarée

J’ai dit!


Ces hommes qui nous rendent la tâche difficile

J’avoue que depuis deux ou trois semaines, je suis un peu fréquent dans un restaurant de la capitale. J’ignore le rôle que j’y joue précisément (je n’influe pas sur les recettes journalières), mais j’y suis quand même ! Pas plus tard que Jeudi dernier, j’y étais encore, paresseusement tapis dans l’ombre, sirotant tranquillement une bouteille de bière difficilement achetée, un regard sur mon écran d’ordinateur, un autre sur la salle, ses occupants et sur l’écran de télévision accroché au mur du fond.

maris volage (Google Images)

Je devais être en train de lire un lien envoyé sur Twitter par Mr Pouget, lorsqu’un couple fait son entrée.  Quand je dis couple, ici, je parle simplement de deux personnes de sexe opposé ! La précision s’explique par le fait qu’à leur approche, on croirait à une sortie entre une fille et son père, ou un truc dans le genre. L’homme, fort gabarit, avec une bedaine peu enviable, roulait des yeux comme le sélectionneur de l’équipe du Cameroun, hier à Lomé. Il n’avait pas l’air vraiment rassuré, et semblait redouter l’éclairage de l’endroit. Malheureusement pour lui, il choisit la table à côté de la mienne : c’est là que je reconnais Albertine, une copine !

Ah Albertine, ma douce et tendre Albertine ; cette fille qui fit mes joies, à l’époque de la fac ! Hey, imagination fertile, il ne s’est rien passé entre Albertine et moi ; rien à part une amitié franche, sans complexes, et sans préjugés ! Si vous voulez tout savoir, oui j’ai tenté de séduire Albertine, mais elle m’avait clairement et gentiment éconduit : « T’es un chic type, Aphtal ! Tu feras le bonheur de pleins d’autres nana, mais moi, tu vois, je ne sors pas avec les étudiants, c’est comme ça, désolé ! Je tiens à toi et à notre relation hein, mais je te préfère en ami» ! Le classique refrain quoi ! J’ai tout essayé ; je lui ai même proposé d’être juste son pointeur, au cas où, mais niet, zéro, nada ! Bon voilà, retour au Restau !

Habitués de nos vieilles combines, elle m’ignore royalement, puis pose ses chaleureuses et divines fesses sur une chaise, à l’autre bout de la table ! Le tonton était donc juste à côté de moi, et ce que je déteste faire s’impose à moi : écouter les conversations de bar ! Ils se font servir, puis le tonton attaque direct, sans tourner autour du pot :

–          Moi je pensais que tu allais être en jupette, comme je t’ai demandé !

–          Je n’aime pas les jupes trop courtes ; je préfère les pantalons ou les robes longues.

–          Oui mais tu seras plus excitante en jupe, tu sais pas ?

La petite se contente d’avaler le contenu de son verre. Le gars, raide comme un camerounais, revient à la charge, toujours avec un franc parler déconcertant :

–          Moi je n’aime pas l’endroit là ; en plus ils ne font pas à manger. Je t’emmène quelque part, on nous fait un truc solide et rapide, et on prend une chambre. On sera plus à l’aise, tu vois non ?

–          Une chambre ? Pourquoi faire ?

–          Oh, toi aussi ne te comporte pas comme un enfant ! On va se mettre à l’aise, et tout quoi.

–          Bon, monsieur, reprenons à zéro : que me voulez-vous ? Qu’attendez-vous de moi ?

–          Je veux qu’on se voie, souvent ! Si j’ai envie de faire l’amour, je te fais signe ; si c’est toi qui en a envie, tu me fais signe, on se voit et on se met à l’aise, quoi !

–          C’est tout ?

–          Tu veux quoi d’autres ? Bon, ce n’est pas pour te vexer hein, mais je ne peux pas t’épouser. Tu seras ma maitresse, et on voilà quoi.

–          Votre maitresse ? Votre femme est où ?

–          Bon, ma femme est à la maison ; on ne sort pas beaucoup parce qu’en ce moment, elle fait la cuisine. Je rentre à 20h pour diner avec tout le monde, tu vois ? Sinon, elle est même n’aime pas les sorties. Dès qu’elle rentre du boulot, elle cuisine, et se repose.

–          Et c’est avec moi vous voulez vous amuser ? Bon, monsieur…

–          Ne m’appelle pas monsieur, appelle moi Éric (prénom changé hein), et tu peux me tutoyer.

–          (rire), si je vous appelle Éric, c’est comme si je manque de respect à mon papa.

–          Je ne suis pas ton papa, Albertine !

–          Mais j’ai l’âge de ta fille, Cynthia.

–          Comment ? Tu connais Cynthia ?

Chers lecteurs, à partir de cet instant, le monsieur change de ton. Il perd toute son assurance, et sa voix se fait plus docile, inaudible même ! Albertine lui fait comprendre qu’en fait, elle fréquente la même paroisse que sa femme et ses trois enfants. Si elle a accepté son invitation, c’était un peu par respect et par curiosité. Elle voulait un peu voir le genre d’homme qu’il était, et surtout, le genre de pensées qui traversent les hommes, en compagnie des jeunes filles. Je ne sais plus trop ce que Albertine a dit de fâcheux, mais Tonton a brusquement haussé le ton, rapidement dit des paroles qui se veulent sèchent et intime un ordre à la fille

–          Viens je te dépose !

–          Non, je vais rester un peu.

–          Je ne te donnerai rien pour ton déplacement, hein ; viens que je te dépose en même temps.

–          Vous pouvez partir Monsieur. Je peux même payer l’addition si vous voulez !

Honteux et confus, il sort un billet de dix milles qu’il dépose sur la table, puis se dirige vers la sortie sans dire au revoir à sa cavalière.

Ces hommes… et ces filles…

Monsieur Éric fait partie de cette poignée d’imbéciles qui, non seulement trompent leurs épouses, mais en plus ne pensent qu’à abuser de nos sœurs, et de la façon la plus avilissante qui soit. Quelle est cette manière de séduire, une fille ? Pourquoi en séduire, d’ailleurs ? Pourquoi certains togolais ressent-ils le besoin de se défouler dehors, de délaisser leurs femmes, pour de sordides plaisirs éphémères ? Soit ! Il arrive qu’on soit vicieux au point de souiller le lit conjugal. Mais pourquoi ne pas demeurer dans sa catégorie, pourquoi ne pas séduire des femmes de même âge, ou des femmes, dans d’autres secteurs d’activités ? Par lâcheté et manque d’assurance, on préfère se rabattre sur les étudiantes, facilement influençable. Lâcheté ! Oui lâcheté, sinon, comment tromper son épouse avec une fille qu’elle peut concevoir ?

Les hommes ne sont malheureusement pas les seuls à blâmer, dans cette histoire. Beaucoup de jeunes filles pensent que sortir avec un homme plus âgé, est un signe d’émancipation. Oh oui, elles auront le téléphone tant désiré, elles auront le crédit de communication qui va avec, un ventilateur contre la chaleur, un ordinateur, une armoire, ou même une moto. C’est clair que Aphtal ne pourra jamais offrir tout cela pour le moment, mais quelle gloire y a-t-il à se contenter des heures libres d’un homme marié ? Vous autres, ne voulez pas être épouses de quelqu’un un jour ? Vous ne voulez pas avoir des enfants, un foyer, et un homme à vous, totalement à vous ? Les jeunes étudiants et chômeurs d’aujourd’hui, sont tout ce qu’il y a de libre sur le marché du mariage. Demain, ils seront des cadres, des « grands quelqu’un », et la vengeance sera terrible.

Allez, Albertine, paye ma bouteille aussi et rentrons chez moi ! Tu as compris que moi, je ne suis pas un con d’homme, qui ne pense qu’au condom en te voyant. La dignité et la fierté de nos sœurs n’ont de prix qu’avec ceux qui les respectent: les jeunes ! Moi je vous le dis hein, celle qui n’a pas pris part à ma croix ne prendra point part à ma gloire !

J’ai dit


J’ai décidé de ne pas voter…

Vote (Image: MorgueFile)

Lorsque je me suis fait établir ma carte d’électeur, j’étais animé d’un petit quelque chose, qui malheureusement ne m’anime plus ; il y avait dans mes yeux, une étincelle qui ne luit plus ; il y avait dans mon cœur, une source d’espoir qui a tarit, et il y avait dans mon âme, un optimisme insensé, aujourd’hui mué en indifférence totale et assumée.

Je suis conscient de l’importance que revêt tout scrutin dans la vie d’une nation, et je suis plus que conscient de la situation dans laquelle se trouve mon pays le Togo ; en tant que juriste, je sais que voter est un impératif civique pour tout citoyen, je sais que s’exprimer et se faire entendre au travers d’un vote est un devoir hautement sacré, pour qui veut participer à la consolidation de la démocratie dans son pays. Oui, je sais que le Togo est actuellement à la croisée des chemins, et que la moindre erreur sera fatale ; je sais en outre que le combat politique, en tout cas tel que je le conçois, ne peut que se mener dans l’arène du scrutin, avec les bulletins de vote comme coup de poing, et le peuple comme arbitre. Je sais que le titre de cet article pourra prêter à penser à de la lâcheté politique, à de la traîtrise nationale, et peut-être à un esprit défaitiste. Soit ! Pensez ce que vous voulez, mais…

Oui, j’ai décidé de ne pas voter.

Partout ailleurs sur terre, les élections, c’est de l’argent ; c’est coûteux, et pas facile à coordonner. Et pour un Pays Pauvre et Très Endetté, comme le Togo, un pays où la démocratie est vacillante comme une flamme de bougie, un pays où la méfiance entre les hommes politiques frise le délire, des élections à organiser, c’est la croix et la bannière. J’ignore si c’est pour ces élections que les étudiants ne sont toujours pas encore en possession de leur bourses et tranches d’aides ; je suis incapable de vous dire si c’est à cause de ces élections qu’on n’arrive pas à payer les primes de risques aux agents de santé ; je ne sais pas si ce sont ces élections législatives qui empêchent toute satisfaction des revendications des travailleurs ;  je ne peux pas vous dire pourquoi, depuis six mois déjà, tout est au ralenti dans ce pays, et tout ce qu’on nous propose, c’est le dialogue !

Il m’est impossible de pénétrer dans l’isoloir, en sachant très bien qu’il y a des réformes constitutionnelles et institutionnelles non menées, et que la situation sociopolitique de mon pays ne changera pas, au lendemain du scrutin. Non, je ne peux pas me rendre dans un bureau de vote, en ayant à l’idée que le Président de la République, quel qu’il soit, pourra briguer autant de mandat qu’il veut ! Je ne peux pas participer à ces législatives, en sachant que ces réformes, promises depuis que j’étais au primaire, sont entrain d’être repoussées aux calendes grecques.

Je ne peux pas voter, alors que les grands marchés de mon pays sont toujours en cendres, et que les véritables coupables soient toujours inconnus, alors que des hommes politiques sont sous poursuites judiciaires, victimes de violation flagrante des droits les plus élémentaires ; je ne peux pas aller voter, en ayant à l’esprit que mes aînés en Sciences Juridiques soient aussi avilis et instrumentalisés ; je ne peux pas aller voter avec cette boue qui tâche la robe à laquelle j’aspire tant.

Je ne peux pas plonger un bulletin de vote dans une quelconque urne , en revoyant ces jeunes élèves inertes, tués par balles, et en étant incapable de mettre un visage sur l’auteur de cet acte ignoble. Voter serait dire à ces mômes qu’ils sont morts pour rien ; non, je ne peux pas voter en revoyant les trois filles d’Etienne Yakanou, pleurer leur père, mort en prison, avec cette angoisse qui se lit sur leur visage, quant à leur avenir.

Je refuse de voter parce qu’aucun parti politique actuel ne mérite ma voix. Ni le parti au pouvoir, ni aucun autre parti politique. Ce que je leur reproche ? Leur manque de méthode, d’intégrité, d’unité et de crainte de Dieu. Je leur reproche leur paresse et leur aveuglément face aux problèmes profonds, réels et immédiats des togolais. Je leur reproche de se cantonner à la capitale ou à leurs villages d’origines, sans véritables représentation nationale ; je leur reproche de ne penser qu’à la Présidence de la République ; je leur reproche leur opportunisme et leurs échecs passés, je leur reproche leur égoïsme, leurs ambitions inavouées, leurs bavures et la légèreté de leur programme.

Je refuse de voter en sachant qu’il y a de fortes chances qu’un militaire de rien du tout fasse irruption dans un bureau de vote pour s’emparer de l’urne. Non, j’imagine mal ma voix, mon choix, mon bulletin à moi, pris en otage par un insignifiant militaire à la formation inachevée. Et puis et puis, je refuse, qu’après cela, un observateur de la communauté internationale, insulte mon honneur en disant à la télé : « les irrégularités constatées ne sont pas de nature à remettre en cause le caractère libre, crédible et transparent de ce scrutin ». Suprême aberration.

Je me suis longtemps dit qu’il est nécessaire, malgré cela de voter, de voter contre le régime, de lui faire comprendre que je ne veux  plus de lui ; je me suis dit qu’il aura honte en manipulant les résultats des élections, tellement des gens comme moi voteront contre lui ; je me suis consolé en me disant que dans un sursaut d’orgueil et d’amour-propre, ce régime dise enfin la vérité, et donne les vrais résultats des urnes, mais la réalité est là, sous mes yeux : ces gens n’ont aucune honte. Ils n’ont pas d’amour-propre, ils n’ont pas d’honneur.

Je refuse de voter car, continuer par le faire, est une sorte de plébiscite pour les résultats truqués qu’ils sortiront. Je m’explique : 1000 personnes se rendent dans un bureau de vote ; peut-être qu’ils se réclament de l’opposition ; tout le monde verra  1000 personnes voter, mais personne ne verra les bulletins de votes des 1000 personnes, puisqu’il s’agit d’un choix discrétionnaire effectué dans un isoloir. C’est là que  le taux de participation pour le trucage des voix entre en jeu. On vous a vu voter, on ne cherche pas à savoir pour qui.

Les différentes missions d’observations s’en tiendront à cela. La population est sortie voter massivement dans le calme, et sans violence. C’est l’essentiel. Que les résultats soient vrais ou pas, il n’y a pas eu mort d’hommes donc les élections sont transparentes. De qui se moque-t-on ?

Moi en tout cas j’ai décidé de ne pas me laisser faire, cette année ; j’ai décidé de ne pas participer à cette mascarade, à cette honteuse opération ; je refuse de prêter le flanc à des calculs machiavéliques. Je ne permets à personne, ni aux voleurs, ni aux certificateurs, de se moquer de mon intelligence. Le peuple est souverain, mais on lui enlève son pouvoir d’expression de cette souveraineté, en méprisant son choix.

Je sais que je ne change rien, et qu’avec ma voix ou pas, les élections se tiendront et des gens iront voter ! Libre à eux de croire que les choses changeront par les urnes ou par les dialogues. Si le peuple togolais refuse de prendre conscience de la situation, et refuse de prendre en main sa destinée, il sera toujours le jouet des hommes politiques en général, et de ce régime en particulier.

Ma voix compte, certes ! Mais elle comptera plus si elle ne s’exprime pas. Essayons aussi le Silence Politique. C’était un avis.

J’ai dit !


Ces togolais dont les ancêtres sont Gaulois…

Un village gaulois (Google)

Bizarrement, je viens de réaliser que ma petite vie professionnelle s’est passée sous des dames. De l’huissier de justice à mon actuel poste, je n’ai servi que des femmes ; de belles femmes, des femmes fortes, des femmes dignes, des femmes avec je m’entends toujours bien. Que ce soit sur le plan professionnel ou ailleurs, j’ai toujours entretenu, des relations privilégiées avec mes supérieures hiérarchiques. Ne laissez pas libre cours à votre imagination trop fertile…

Le Vendredi dernier, alors que je me préparais à aller jouer au foot, je reçois un appel téléphonique de l’une des mes ex-supérieures. Elle est un peu prise au boulot, et me demande de passer prendre sa voiture, pour aller chercher son fils à l’école. Bon  j’hésite un peu mais, comme j’aime rendre service (aux dames surtout), je finis par accepter.

Ah sacrée Mme Vivi. C’est avec plaisir que je grimpe à bord de sa Touareg, climatisation à fond, avec « I believe I can fly » de R.Kelly, en fond sonore. L’école du môme, une école internationale, est à l’autre bout de la ville, quelque part non loin de la caserne des sapeurs pompiers de Lomé. Je n’ai vu l’enfant qu’une seule fois, et en photo : un jeune enfant à l’air vif.

A mon arrivée, Bobc’est son nom– attendait au portail, en compagnie de l’un de ses enseignants. Il reconnait la voiture, mais pas celui qui la conduisait. Je descends donc, salue l’enfant puis l’enseignant, qui ne voulait manifestement pas me laisser partir avec le gosse. Pas de soucis. Il compose le numéro de Mme Vivi, qui lui autorise de me confier l’enfant. Coup de théâtre : Bob demande à voir ma carte d’identité. Je l’aurai giflé si c’était mon neveu, ou si on était ailleurs, mais bon, je m’exécute. Foutaises ! Un gosse de quoi, 12 ou 13 ans qui veut voir ma carte, moi son vieux père !

Une fois à bord de la voiture, il boucle sa ceinture et me demande de faire pareil. Je ne lui réponds même pas. Il me demande alors si j’ai un permis de conduire. J’ignore la question. Ce n’est qu’après avoir démarré, qu’il se met à me poser des questions, aussi stupides qu’inutiles, mais dans un français… un français de France, un français avec des accents de Hollande, des tournures de Sarkozy, et avec la désinvolture de Le Pen. C’est un français qui, lorsqu’on le parle, ne trahit pas l’ethnie ou la classe sociale. Un français d’Anatole France !

Puis s’installe un dialogue.

Ma maman elle est où ? Pourquoi elle vient pas me chercher ? Tu travailles avec maman ? Tu fais quoi toi ? Tu habites au quartier aussi ? Pourquoi tu ne mets pas ta ceinture ? Ma maman elle, tu vois, elle met toujours sa ceinture, tu vois ? C’est pour notre sécurité, tu comprends ? Tu roules pas un peu trop vite là ?  Allez, quoi ! Dis quelque chose !

Je lui accorde un regard, histoire de m’assurer que j’étais bel et bien en voiture avec un togolais, né d’un brassage national entre Kabyè et Moba. Impossible d’être métis avec de telles origines. Pourquoi le petit là parle comme ça même ? Hein ?

– Tu fais quelle classe, toi ?, lui demandai-je

 – Chui en sixième.

– Ah ok ! Les cours ça avance ?

– Bah ouais. Ma prof d’anglais m’aime pô. Elle dit que je fais pas assez d’effort. Tu t’appelles comment, toi ?

– Aphtal.

– T’es musulman? Tu pries? Tu manges pas du porc, c’est ça? T’es du nord du Togo, n’est-ce pas?

– Oui je suis du Nord, tout comme toi. Sauf que moi je ne suis pas vraiment au Nord. Je suis au centre; je suis de Sokodé!

– Sokodé, c’est où?

– Tu dois être un piètre élève, toi! Tu ne connais pas Sokodé? Reprends tes cours d’histoire-géographie, fiston, et révise les cours sur « Les éléments venus du Nord« .

– Les éléments venus du Nord, tu dis? Chui pas sûr d’avoir ça au programme cette année. T’as appris ça, toi quand t’étais élève?

– Mais bien-sûr, on est tous passé par là hein! Toi, on t’a pas appris que les kabyès sont tombés du ciel, et que Moro Naba est…

–  Moro quoi?

Puis il éclate de rire. J’ai d’abord cru à une mauvaise plaisanterie mais je dus me rendre à l’évidence. Ce petit ne comprenait rien de ce que je lui raconte.

–          Tu sais au moins que tu es Moba non ?

–          Oui oui, des cousins ne cessent de me le répéter. Bof, c’est super ennuyant à la fin.

–          Hey, on vous apprend quoi, à votre école là-bas hein ? Vous avez quoi comme programme ?

–          Bah, on fait de l’anglais, les langues vivantes, euh, l’éducation musicale, les arts plastiques, l’histoire et la géographie, le sport, euh…

–          Ouais mais on vous apprend quoi, en Histo-géo ?

–          Bah, ce qu’il y a au programme.

 

Puis il se met à débiter des trucs qui me sont inconnus à moi, son aîné intellectuel. Enfin, j’aurai pu les savoir, ces trucs sur internet, mais bof…

En bref, le programme scolaire auquel était soumis Bob, est un programme complètement…étranger.

Ce pourquoi je m’afflige !

Originairement, les écoles internationales, sont réservées aux enfants des fonctionnaires expatriés, ou internationaux. Dans quel but ? Eh bien celui de rester en contact avec le programme scolaire du pays d’origine. Des hommes, à travers le monde, préfèrent éduquer leurs enfants selon leur origine. Et nous, togolais ?

Nous foulons aux pieds l’éducation nationale, en envoyant nos enfants dans des écoles étrangères. Dans quel but sinon celui de faire d’eux, des étrangers ? Allez lire un peu les programmes proposés dans ces écoles, lisez un peu ce que ces enfants ont comme cours, et vous verrez qu’ils apprennent autre choses, sinon désapprennent. On leur apprend à jouer du violon et du piano, à danser du tango, à faire des dessins débiles ; on leur apprend que les enfants ont des droits que même les parents ne sauraient violer ; on leur dit que les hommes sont libres et égaux, et homosexualité ou hétérosexualité, c’est la même chose ; on leur demande d’aller passer des colonies de vacances à Nantes, ou à Toronto ; on leur enseigne la vie de Ronsard, Hugo, Napoléon, Charlemagne…

Que faites-vous de nos Moro Naba, nos Samory, nos Soudjata  ? Quid de Lokua Kanza, Miriam Makeba, Lucky Dube, King Mensah ? Nous avons nos balafons, nos xylophones, nos danses traditionnelles ; Akpema, bôbôbô, adossa-gadao et autres… Kpalimé et ses cascades que les blancs prennent d’assaut, ne nous suffit-elle plus pour nos vacances ? Avépozo, Sokodé, Mango, autant de sites touristiques et de richesses dont certains de ces enfants n’en sauront jamais rien.

Chers lecteurs, qu’on se le tienne pour dit : ces écrits ne sont pas ceux d’un frustré, ou d’un jaloux qui aurait aimé fréquenter ces écoles branchées, et autres. Loin de là. Je ne fais que m’indigner face aux comportements de mes compatriotes qui s’aliènent, et se déracinent complètement. L’éducation togolaise est à revoir, certes, mais elle est incontestablement l’un des meilleurs gages de la formation de futurs citoyens, de fiers républicains, et d’irréductibles nationaux.

Franchement: vers quoi courrons-nous si nos enfants ne connaissent pas notre propre village, ignorent tout de leur ethnie, de leurs histoires, de leurs peuples et de leurs grands hommes ? Où se situe la souveraineté nationale si, des écoles étrangères dérogent complètement au calendrier scolaire national, au programme d’enseignement, et aux méthodes d’évaluation ; que vaut la souveraineté si des écoles officiant sur le territoire national, inculquent à nos enfants des valeurs que nous ne partageons pas ?

Ces nouveaux riches qui croient être émancipés en envoyant leurs gosses à l’école américaine, britannique, islamique,  indienne ou française, font du mal à notre peuple ! Nous déplorons déjà l’incapacité de nos pays à construire des Centres culturels, ou à ériger des Instituts, en occident ou en Orient ! A défaut d’exporter notre culture et nos civilisations, protégeons au moins notre pré carré, et affirmons nous à l’intérieur.

Je me suis plaint à Dakar, de la dictature du Wolof ! J’aurai énormément aimé parler des Tata Somba avec Bob, au lieu de l’écouter décrire stupidement le château de Versailles !

J’ai dit !


Faure Gnassimgbé, votre silence vous va si bien

Shut up (Images: Google)

Ce billet, je viens juste de le penser ! Rien de prévu, rien de planifié ! Ce billet, je vient de le penser, après quelques échanges sur le réseau social Twitter, avec le compte officiel du Président de la République togolaise.

Son excellence Faure Gnassimgbé, passe pour le dirigeant le plus muet de toute la planete, et sûrement de tous les temps. Les togolais vous le diront : il ne s’exprime pas plus de quatre fois par an ! Certains abrutis vous ressortiront le stupide refrain : « Un Chef ne parle pas n’importe comment » ! A eux, j’ai déjà répondu. Si le Président refuse de s’adresser à son peuple, eh bien, il a quand même eu l’idée d’être présent sur les réseaux sociaux, dont Twitter ! Sauf que là également, si son excellence n’est pas muet, il parle mal. En tout cas, c’est l’idée que j’ai eu après cet échange, cet après midi. Voilà les temps forts de nos échanges :

 

 

 

 

 

 

 

Puis mon président (enfin son staff) pète les plombs, en répondant à un autre internaute, qui pensait bien faire:

Voilà la réponse d’un Président ! Puisque tout ce qui est publié sous ce compte est supposé l’être en SON nom. J’ai fini par comprendre que les personnalités n’ont jamais le temps d’animer leurs comptes sur les réseaux sociaux, et abandonnent cette lourde tâche à des community managers. Ceux qui animent le compte de mon Président, n’ont rien compris à ce métier. Je pensais être le seul à avoir fait le constat. Et pourtant…

 

Monsieur le Président, inutile de nous couvrir de honte aux yeux de tout l’univers ! Oui, vous nous faites honte. La twittosphère togolaise a honte de votre compte officiel.

 

Parlez si vous avez des mots plus forts que le Silence. Vous avez choisi de communiquer sur les réseaux sociaux, faites le bien : Changez de community managers, ou fermez tout simplement votre compte. Vous me faites honte.

J’ai dit !


Je suis Togolais: je ne m’assure pas!

Ah Lomé, Lomé ! Lomé ma ville, Lomé, capitale de mon foutu pays pourri et chéri ! Ah Lomé, et ses frasques, Lomé et ses particularités, Lomé est ses « loméneries ».

Hier soir, le taxi-moto censé me raccompagner à la maison, viola à vive allure les feux tricolores d’Adidoadin, un peu avant la maison de l’ex-ministre et ex-détenu Pascal Bodjona. C’est le genre de comportement que je déplore de la part de mes concitoyens. A peine ai-je tenté de lui faire des reproches qu’il se mit à se justifier « Fovi, je n’ai pas de plaque, alors qu’il y a des policiers. C’est presque le week-end, tu sais comment ils sont intraitables du jeudi au samedi. »

Ouais mais et alors ? Ce n’est quand même pas à cause de ta plaque que moi je vais trépasser ce soir hein ! Tu choisis délibérément la voix de l’illégalité, je n’en subirais pas les conséquences avec toi, pardi ! Bon je me garde de le sermonner, et de me la jouer juriste, car, six mois durant, j’ai conduit la voiture de mon père, sans plaque d’immatriculation.

Expliquons un peu le phénomène.

A Lomé, contrairement à Dakar ou à Accra, le moyen de déplacement le plus répandu est la moto. La crise aidant, la Moto s’est transformé en symbole : symbole de réussite sociale, d’aisance, de « je-ne-suis-plus-piéton », ou « ca-va-chez-moi ».  L’étudiant le plus branché, est celui qui se rend au campus à moto ; le fonctionnaire modèle, c’est celui qui arrive à s’offrir une Sanya ou Haojue malgré son maigre salaire ; bref, en circulation, il y a plus de moto que de voitures.

Les chinois nous envahissent avec ces engins, ayant un rapport qualité-prix acceptables ; quoique 500.000 FCFA n’est pas à la portée de tous. Avoir une moto, c’est le plus gros du travail. Pour le reste, on verra.

Pourquoi le togolais ne s’assure-t-il pas ?

D’entrée de jeu, notons que l’obtention d’une plaque d’immatriculation est soumise à la souscription à une police d’assurances Responsabilités Civiles-Dommages ! Dans l’enceinte de la SOTOPLA, (La Société des plaques), il existe à peu près 4 maisons d’assurances, toutes aussi …, les unes que les autres. Ce n’est pas une obligation de s’assurer chez l’une d’elles, mais c’est difficile d’obtenir une plaque lorsque l’on est assuré chez une autre compagnie.

Outre ce coté intellect, il faut voir le coût : petite moto à assurer, même un petit scooter, il te faut débourser au minimum 50.000 FCFA, sans compter les frais parallèles, les pots de vin, le prix du bois sur lequel sera fixée la plaque… Pour les voitures, n’en parlons même pas. Et gare à toi, si tu veux un numéro plus ou moins joli… Oh oui c’est possible de réserver un numéro d’immatriculation ; plus c’est joli, plus c’est cher. Suivez mon regard !

Ces compagnies d’assurances vous font signer la police, sans vous l’expliquer, sans vous en lire les principales clauses. Elles ne sont pas là pour vous expliquer comment fonctionne un contrat d’assurance ; ne cherchez pas à comprendre : d’abord l’employé qui vous sert n’y comprend rien, et le chef qui comprends un peu n’est pas disponible pour cela. C’est une faute professionnelle, car le professionnel a un devoir d’information à l’endroit des profanes. Les usagers, juste pour obtenir une plaque d’immatriculation, signent des papiers sans se demander ce qui les lie.

Ok, le contrat est signé, on est désormais assuré, la plaque est obtenue ! Mais que Dieu vous préserve de tout accident, parce que c’est à cet instant que se dévoilera à vous, le coté obscur de votre maison d’assurances : elle prend tout son temps, attend le rapport de police, l’étudie, commande des expertises, des contres-expertises, este en justice, fait du dilatoire, avant de vous sortir un maigre chèque qui ne couvre pas les frais de transport du lieu de l’accident vers un Centre Hospitalier. Vous serez seul, face aux dépenses (police, hôpital comme mécanicien).

Alors dites-moi si vous aurez le courage d’aller renouveler un contrat qui ne vous sert pratiquement à rien ! Ceux qui s’assurent durant la première année de vie de leur engin, le font juste pour obtenir une plaque, sans grandes convictions.

Autre chose: Le manque d’exemplarité: Tout togolais sait que les policiers eux-mêmes, et même les militaires, ne se font jamais établir une plaque d’immatriculation, pour leur engins! Si des imbéciles se croient au dessus des lois, heureusement que la douleur causée par l’accident, elle, ne regarde pas l’uniforme.

Et pourtant, une assurance vaut mieux que ça !

Une assurance Responsabilité civile, nous protège nous même, et protège les autres usagers de la route, à condition que les clauses du contrats soient vraiment respectées. C’est simple : porter un casque n’a jamais fait de mal à personne, et pourtant combien sont-ils, à le porter ?

Oui les compagnies d’assurances sont lentes à réagir, et parfois n’interviennent qu’après de longues procédures judiciaires. Mais il existe des compagnies sérieuses, qui versent un dédommagement avant toute enquête policière (je ne la citerai pas, car elle ne m’a pas retenu, après mon stage.), et ça, ce n’est pas à perdre de vue.

Il y a des compagnies d’assurances qui prorogent de quelques semaines votre couverture, avant de vous mettre en règle avec la comptabilité. Toutes les compagnies ne le font pas, c’est sûr, mais toutes les compagnies ne sont pas à diaboliser systématiquement.

D’autre part, on a beau être assuré, il faut rouler de façon intelligente : respecter les limitations de vitesses, les règles basique de la circulation, le port de casque, et autres… Lorsqu’on roule intelligemment, le constat d’accident se fait aisément, sans grande expertise, et le remboursement se fait sans grande hésitation.

 Le contrat d’assurance vous protège juridiquement, et vous donne la garantie d’une assistance financière et peut-être morale, en cas de dommages ; mais il n’évite pas l’atroce douleur physique qu’engendre le crâne contre l’asphalte. En signant un contrat d’assurance, c’est une relation de confiance qui s’installe entre le souscripteur et son assureur : le souscripteur attend assistance et remboursement, en cas de dommages, mais aussi l’assureur fait confiance au souscripteur, en le considérant comme une personne responsable, soucieux de sa vie, de celle des autres, et surtout, se conduisant sur la voie publique, en bon père de famille!

J’ai dit!