Aphtal CISSE

Eh oui, j’ai découvert le Couchsurfing

Bonjour les amis.

Je viens de vivre une expérience…assez particulière. Oui très particulière, à la limite bizarre. Mais une assez bonne expérience quand même que je renouvellerai, volontiers.

Le Couchsurfing, vous connaissez ? Ah j’imagine déjà vos visages incrédules, et la courbe de vos lèvres en tentant de prononcer ce mot. Eh bien moi non plus je n’en sais rien ; enfin je n’en savais rien, jusqu’à ce que j’en fasse l’expérience. En deux temps trois mouvements, le Couchsurfing, c’est une sorte de réseau social qui vous permets d’avoir des contacts locaux dans une ville ou pays, susceptibles de vous loger lorsque vous serai en visite dans une  ville. Je sais que vous ne comprenez pas. Moi non plus je ne maîtrise pas vraiment le principe.

Mais bon voilà, mon expérience :

Le samedi dernier, j’étais à la gare routière d’Agbalépédogan pour y accueillir la blogueuse ivoirienne Amah N’ghetta. Fan de voyages et d’aventures, elle avait juste un « léger » sac-à-dos, provenait d’Accra, se rendant à Cotonou. Mais son trajet est bien plus long. Abidjan== Cape-Coast==Accra==Lomé==Cotonou==Porto-Novo==Lagos ; avant de retourner à Abidjan. Oui oui, il y a des personnes qui aiment l’aventure. Elle passera trois jours à Lomé, avant de continuer son périple. Et son contact local à Lomé, c’est moi.

 

Bon, soit dit en passant, je ne suis pas inscrit sur Couchsurfing. Elle a bien voulu me contacter, parce que j’étais blogueur comme elle, mais aussi et surtout sur recommandation du grand frère Cyriac Gbogou. Et j’avoue que c’est également à cause de lui que j’ai accepté être son hôte.

 

Donc, la charmante Amah était à Lomé pour trois jours, et je suis son hôte. Ce n’est point comme chez les blancs, où il y a déjà une chambre d’amis, toujours prête à recevoir hein. Il fallait ranger rapidement la chambre (oh, oui je pouvais faire mieux hein, mais bon…), dépoussiérer un peu… je ne dis pas qu’habituellement je vis dans la crasse, mais, un étranger, jolie fille en plus, il faut un coup de neuf.

 

La justification de ma soudaine hospitalité…

 

Il m’a fallut des heures et des heures d’explications pour convaincre la famille et leur faire comprendre qu’il s’agissait d’une amie, d’un réseau de blogueurs qui s’hébergent… Mes frères n’arrivaient pas à comprendre :

 

 « Tu affirmes ne pas la connaitre ? Tu ne l’as jamais vu ? Mais tu lui laisse ta chambre ? Pour trois jours ? Eh Aphtal, ton jeu n’es pas clair. »

 

 

 Mon plus jeune frère est allé jusqu’à affirmer ceci :

 

« Je ne  suis pas sûr qu’Aph fasse cela gratis. Quelque chose me dit qu’il a engrossé une nana, et essaye de nous apprendre à cohabiter avec  sa future femme. »

 

 

J’ai eu des envies de meurtre hein, mais vu qu’il est le dernier de la fratrie, suivez mon regard…

 

Le quartier ! Je n’ai pas l’habitude de prêter attention à tout ce qui se raconte sur moi à Cacaveli, mais là, sérieusement, je sais que j’étais à la une de toutes les discussions.

 

« Tu as remarqué aussi ? Ça fait deux jours que le gars se balade avec la nana là. Elle vient d’où même et puis elle prend tout en photo comme ça même ? » ; « oh, le type là a le cœur hein ! Il a chambré une fille depuis là, et il se pavane avec elle comme ça ? » ; « Les enfants là vont tuer leur mère un jour, wallaye. On leur dit de fréquenter, et de chercher emploi, c’est affaire de femme seulement. L’autre au gros crâne qui s’amuse avec internet là, lui il se balade avec une fille qui a la viande. Et il ne se cache pas hein ; attends ils vont rentrer bientôt tu verras la nana. »…

 

 

Oh Amah, je t’épargne du reste des commentaires. C’est ta faute aussi ; tu es trop jolie.

 

Ah et puis il y a ma fiancée. Oh la la ! J’ai tout dis, tout expliqué, tout justifié, elle ne voulait pas comprendre ; elle ne pouvait pas comprendre. Difficile pour elle de concevoir qu’Aphtal puisse héberger une si jolie fille, sans que rien, mais alors rien du tout ne se passe. Présomption de culpabilité, vous avez dit?

 

« Tchalé, regarde moi dans les yeux hein ; tu ne la connaissais pas ? Sûr ? Ok, et il y a quoi entre vous ?  Et puis pourquoi elle te sourit comme ça ? Ou bien elle se moque de moi? Tu lui as raconté quoi ? Hein ? Elle dort où ? Et toi-même tu dors où ? Hmmmmm, ah bon ? Tu es sûr que vous ne vous connaissiez pas ? Oh Aphtal, je ne te comprends plus hein ! »…

 

 

Et c’est reparti pour des heures et des heures de négociations…

 

Les trois jours d’Amah à Lomé

 

Franchement ce fut assez édifiant d’héberger une personne dans la promiscuité de ma chambre, ma garçonnière, mon laboratoire, mon temple, ma loge… Eh oui, et j’avoue que mon hôte m’a implicitement fait une leçon de survie. C’est incroyable, je n’ai jamais pensé qu’on pouvait voyager aussi loin avec si peu d’effets. Et pour une fille (excusez mon sexisme, vous comprenez qu’avec leur crème, et autres trucs de beauté…), c’est quand même extra.

 

Elle était curieuse, voulait tout comprendre, tout connaître, parler la langue, apprendre les mets… Il m’était parfois difficile de répondre à certaines questions, car j’ignorais les réponses. Eh oui, on pense savoir mais en réalité…. Comment lui expliquer la différence entre éwé et Mina, comment lui décrire les subtilités culturelles entre Kabyè et Kotocoli… 

 

Ce qui fut encore plus édifiant pour moi, c’est qu’en jouant au guide touristique, je suis allé à la redécouverte de Lomé : ces beaux endroits qui ne nous disent pourtant rien, ces charmantes  lagunes qui nous hantent, ces bâtiments et édifices chargés d’histoires, auxquels on ne prête aucune attention, cette belle et sablonneuse plage où on crache et pisse contre le vent, qui pourtant attire les étrangers

 

En tout cas, j’ai réalisé qu’en fait, nous ne prenons pas le temps d’apprécier ce que nous avons, espérant toujours mieux, exigeant encore plus. Oui il reste encore beaucoup à faire à Lomé, mais, avouons quand même qu’elle n’est pas si mal, notre capitale, si on sait la regarder d’un œil objectif.

 

 

De toutes les façons, c’est une très belle expérience, que je renouvellerai bien volontiers. Je suis prêt à héberger qui désire passer du temps à Lomé, mais… fille de préférence (ne m’en voulez pas hein), et si blogueur, passez par Le Président Cyriac Gbogou.

J’ai dit!


Ce pourquoi le #Blogday est passé sous silence au Togo

Mon camarade Banguissois a été le premier à me mettre la puce à l’oreille, en ce qui concerne la Journée Mondiale du Blog, le #Blogday, prévu pour le 31 Août dernier! Je devais être à Ouagadougou, lorsque j’ai reçu son mail, m’invitant à participer à un billet collectif. Je n’ai pas tout de suite réagi, sans doute par manque de temps, mais aussi et surtout parce que j’attendais une initiative togolaise. Vous direz peut-être, « l’initiative peut venir aussi de toi non ? » ! Vous auriez eu raison. Mais bon…

J’ai fini par me laisser envahir par mes activités ; à tort (je reconnais).

Lorsque j’ai vu un autre ami, ivoirien celui-là, poster une carte d’invitation, sur laquelle l’hôte était la Chargée d’Affaire de l’Ambassade des USA en Côte-d’Ivoire, en toute honnêteté, j’étais vert de jalousie ; si jaloux que j’ai eu du mal à liker la photo.

Invitation du blogueur Fofana

Je me suis alors dit, pour me consoler, bah, le #Blogday se passera autour de vins et de liqueurs, dans une enclave diplomatique, et ce sera tout. Mais je me trompais.

Ensuite, c’est au tour du Kongosseur  de me les casser, sur Facebook. Le gars ne cessait de poster des photos à côté de jolies nanas (plus élancées que lui hein), et à souhaiter bonne fête aux blogueurs. Au moins, certains sont entrain de faire quelque chose. Plus tard, c’étaient au tour des réseaux sociaux d’être pris d’assaut par diverses communautés de blogueurs, préexistantes ou spontanées. Les camerounais m’ont vraiment épaté sur Twitter avec le hastag #CmrBlogday. C’était tout simplement beau.

Je n’aurais pas écrit cet article si mon aînée Marthe Fare n’avait envoyé ce Tweet :

  Puis je me dis, si au Togo nous sommes incapables de nous réjouir, ou d’organiser un évènement autour de la chose, pourquoi ne pas se poser des questions ? Histoire de voir pourquoi le blog a un si lourd plomb dans l’aile, au Togo.

Des réactions? Il y en a eu. Mais bon, c’était comme toujours hein. Les mêmes personnes (celles-là qui aiment la chose, s’il vous plaît), qui malheureusement ne seront pas écoutées:

 

 

 

 

 

 

 

Bon voilà en gros, comment les blogueurs togolais ont célébré la journée mondiale du blog. Si des blogueurs sont invités en Cote-d’Ivoire par des diplomates, c’est qu’il s’y passe quelque chose de vraiment sérieux; quelque chose qu’il n’y a pas ici, au Togo.  L’honnêteté intellectuelle exige qu’on reconnaisse qu’il s’agit tout d’abord de contenu. Les togolais ne produisent pas assez de contenu web, et beaucoup d’entre ceux qui s’y essayent le font mal. (Moi y compris): Problème de Quantité et de Qualité.

Depuis Avril, j’ai participé à des activités de sensibilisation, et d’initiation au blogging… Le constat est amer, mais réel: les jeunes ne s’y intéressent pas; on a finalement l’impression de les supplier à blogguer. Je ne vais pas parler des activités que mènent Sylvio Combey, Marthe Fare, ou David Kpelly pour promouvoir le blog dans la webosphère togolaise; je ne vais pas dire combien de camarades j’ai supplié de tenter le concours de Mondoblog; je vais passer sous silence tous ces articles que je me suis proposé de corriger pour soumettre audit concours. Mais bon, que voulez-vous?

Florian le dis si bien: « Le blog ne donne pas l’argent, mais ça donne les lianes. Je ne me plains pas »

Sauf que moi je n’ai ni l’argent, ni les lianes; encore que ma fiancée menace de me quitter à cause de mon blog.

Ne vous étonnez guère si vous entendez ou lisez quelque part que les togolais ne sont pas présents sur le net. J’ai fini par comprendre que nous ne sommes juste pas encore à ce stade de maturation. Sinon, au moment venu, même avec Ban-ki Moon (si jamais il est toujours SG-ONU), on ira trinquer à l’occasion de la journée mondiale du blog.

En attendant, je me contente de siroter mon Awooyo, et de raser les murs de Cacaveli.

J’ai dit!


Elections législatives: J’emmerde votre transparence

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Bonjour à tous.

Les élections législatives, c’est terminé. Mais je me permets de revenir dessus, car certains discours tenus m’agacent et me révulsent.

Que des observateurs tiennent un langage élogieux par rapport au déroulement du scrutin, je comprends. Il parait qu’être observateur des élections est un nouveau job en vogue sur le continent.  Mais lorsque des togolais, de la diaspora surtout, se contentent du scrutin, s’en félicitent même, j’ai envie de pleurer.

Sincèrement, comment peut-on être fier des dernières élections législatives, au Togo ? Chacun y va de son indice de satisfaction. Mais l’indice le plus rétrograde et sûrement le plus stupide est celui de la non-violence. Franchement, vous êtes bêtes ou faites exprès ?

Parce qu’il n’y a pas eu de violences, parce qu’il n’y a pas eu d’incendies, de pneus brûlés, les élections sont transparentes ? Expliquez moi hein ! Est-ce parce que le Kotocoli que je suis n’a pas brisé le crâne à mon voisin, natif de que ma voix a compté dans l’urne ? Parce que les autochtones d’Agoè n’ont violé aucune fille Kabyè à Lomé, les élections ont été transparentes ? Si à Sotouboua, il n’y a pas eu heurts entre Tem et Kabyè, s’il n’y a pas eu d’échauffourées entre Wawa et Moba à Kanté ou Dapaong, les législatives passées reflètent-elles ipso facto le choix du peuple ? Le Ouatchi qui décide de ne rien faire au Losso, à Aneho, le jour du scrutin, est-il en train de légitimer les résultats du scrutin ?

Que pensez-vous du découpage électoral ? Les nombreuses milices qui empêchaient le CST de tenir son meeting à Kara, ou qui les attaquaient à coup de machettes à Lomé (quartier Adéwui), vous en faites quoi, chers amis ? Dites-moi, elca vous inspire quoi, l’invalidation de la liste du CST dans la Kozah, hein ? Les présidents de bureaux de votes qui n’ont toujours pas transmis leur résultats, jusqu’à ce jour, les urnes transmis à la CELI sans scellés, vous en faites quoi, oh grands certificateurs de scrutin ? Les bourrages d’urnes, les votes dans des endroits privés, les chefs canton qui s’exilent car surpris en flagrant délits (de bourrage d’urnes), les candidats qui tentaient de remettre des urnes à la CELI, vous en faites quoi ? Les achats de votes,  la distribution de 10.000 FCFA contre un vote pour un parti, tout cela rentre-t-il dans le champ de votre satisfecit ?

Il ne vous est jamais venu à l’esprit que le togolais est fatigué de répéter la même histoire écrite avec le sang de son voisin, éclairé par les flammes de sa case qui brûle ? Malgré votre intelligence, il ne vous est pas apparu que le togolais a eu marre de se retrouver exilé, étranger dans les pays voisins ? Votre science ne vous a point permis de réaliser qu’en fait, le togolais a un peu mûri, et a compris qu’il ne servait absolument à rien de s’en prendre à une ethnie ? Vous n’avez pas su déceler chez le togolais, une certaine renonciation, un certain fatalisme qui le pousse à affirmer « tout cela ne vaut plus la peine » ?

Vous faites du mal à ce pays !

Il est un peu trop facile, surtout lorsqu’on vit à des milliers de kilomètres, d’affirmer sur les réseaux sociaux « Le Togo a eu un scrutin apaisé, tout va bien », « aucun mort aucun blessé, le Togo fait un grand bond démocratique », « les togolais ont voté dans le calme, la démocratie est en marche »… Non mais allo quoi ! Vous vous relisez un peu ? Vous insultez l’intelligence de ce peuple qui décide de ne pas se faire du mal, car résigné à la fatalité selon laquelle sa voix n’a en fait jamais compté.

Jusqu’à quand allez-vous célébrer la non-violence, dites ? Quand aurons-nous droit à de scrutins reflétant le véritable choix du peuple ? Quand comptez-vous exiger des organisateurs des élections, des conditions minimums de transparence ? Quand comptez-vous éduquer le peuple, quand rendez-vous sensibiliser le peuple sur les vraies notions de dignité, d’intégrité, et d’honneur ? Dites-moi.

C’est quoi ce honteux et risible amalgame que vous faites entre transparence et tension ? De quoi êtes vous satisfaits, au fait ?

Si j’ai décidé de ne pas courir après un kabyè ou un Wawa avec les machettes, c’est parce que je suis intelligent. Mais si cela vous fait dire que le vote a été transparent, eh bien j’emmerde votre transparence.

J’ai dit !


Avec ces élections, je ne suis plus n’importe qui

Quand on change de statut, cela se sent dans l’habillement, non? Image: Tie. / Crédit : MorgueFile

 

Bien le bonsoir à vous, chers lecteurs.

J’espère que vous vous portez tous très bien. En ce qui me concerne, je continue de me reposer.

Vous l’aurez sûrement remarqué, mon dernier billet date de plusieurs semaines. Je me suis offert des vacances. Tout d’abord pour me reposer, et me soigner, suite à ma mésaventure lors des élections législatives passées ;  (oui, être Rapporteur dans un bureau de vote, c’est une mésaventure) ensuite et surtout me concentrer sur certaines choses, redéfinir des priorités, et œuvrer pour l’accomplissement de certains projets personnels.

Rassurez-vous, je ne laisserai guère cet espace plein de poussière. D’ailleurs là ce n’est pas pour écrire un article ; je suis sérieusement en panne d’inspiration, et je n’ai vraiment pas envie de forcer quoi que ce soit. Cependant, aujourd’hui, je viens juste vous annoncer une nouvelle ; une bonne nouvelle. Eh bien sachez-le, je ne suis plus n’importe qui.

Je vous explique.

Vous le savez tous, j’ai été Rapporteur dans un Bureau de vote. Ce que vous ne savez pas, c’est que je l’ai été sous la casquette du parti UNIR. Je ne vais pas vous le cacher : j’ai approché le parti ANC (Alliance Nationale pour le Changement) pour être membre de bureau de vote en son nom, ils m’ont clairement traité d’espion à la solde du parti au pouvoir ; la Coalition Arc-en-ciel a fait du dilatoire ; mais comme je tenais à être présent dans un bureau de vote, je me suis adressé au parti UNIR, qui n’a pas hésité à me proposer à la CENI comme Rapporteur, dans le Centre Cacaveli 2.

Ceci dit, avant la formation des membres de bureau de vote par la CENI, le parti UNIR a organisé une formation pour tous ses membres et sympathisants. (J’ignore s’il en a été pareil dans les autres partis politiques, mais j’avoue qu’UNIR a fait un effort d’éducation pour ses membres, lors de ces élections). Une fois la formation terminée, une rumeur courait qu’il y aura distribution de billets de banques. Ah oui ? C’est ma première fois de participer à un truc organisé par UNIR, je ne connais pas les habitudes de la maison. Il fallait attendre donc.

Entre temps je me suis déplacé, histoire de trouver quelque chose à manger ; je ne vais pas rester là le ventre creux à attendre un hypothétique billet, dont j’ignore d’ailleurs le montant. A mon retour, voilà un candidat inscrit sur la liste du parti UNIR, qui se déplace de salle en salles, aidé par deux autres gens,  pour distribuer l’argent à ceux qui étaient encore présents. Apparemment, il a déjà terminé avec ma salle alors, on me dit d’aller me faire foutre.

Je n’étais pas le seul lésé, et très rapidement, nous étions plus d’une quarantaine à réclamer notre argent. Un quart d’heure durant, nous étions là à déambuler avec lui. Je me suis surpris à suivre cet homme, et à lui demander de me remettre mes 2.000 FCFA. D’autres le suppliaient carrément. Un instant je me suis ressaisi, et me suis posé des questions :

« Aphtal qu’es-tu en train de faire là, hein ? C’est à cause de 2.000 FCFA que tu parles comme ça ? Tu n’as jamais tenu un billet de 2.000 FCFA dans ta triste vie ou comment ? C’est pour cette somme là que cet homme là te parle comme ça ? Lui-même il est qui, sans le tricot et la casquette UNIR qu’il arbore, hein ? Merde Aphtal, sérieusement,  que fais-tu là? »

Je me mets à l’écart de la foule, pour réaliser ce que j’étais en train de faire. Un instant, je recompte tout ce que j’avais sur moi comme argent. En tout et pour tout, 440 FCFA ; de quoi payer à peine mon transport. Disons nous la vérité : c’est vrai que les 2.000 FCFA du gars là m’auraient arrangés mais, comme aime à me le répéter ma mère, « on peut être fauché et digne ». Je ne sais pas trop ce qui m’a pris sur le coup, mais j’arrache une feuille du cahier dans lequel j’ai pris des notes de la formation, pour y inscrire en caractères lisibles mon patronyme : « APHTAL CISSE » ! Je rejoins la foule, m’approche du candidat et lui tends le papier. Il hésite mais finit par le prendre. Et je lui ajoute :

« Mon cher ami, tenez ! Ceci est mon nom. Aphtal CISSE. Moi je ne vais pas vous supplier pour votre argent. Regardez-moi bien, je ne vais pas vous supplier, vous, pour 2.000 FCFA, d’accord ? A la maison, tapez ce nom là, mon nom là, dans GOOGLE. Faites une recherche de mon nom dans GOOGLE, et vous saurez ce que moi je peux vous faire dans votre vie, et sûrement pour votre élection ou pas. Retenez bien le nom, et regardez-moi bien. Au revoir »

Puis je lui tourne le dos. Les autres continuaient de se lamenter, et me jetaient même des regards noirs. Le futur député était là, perplexe, relisant le papier, et me regardant m’en aller. Je vous assure que j’ignore pourquoi j’ai réagis ainsi. Je ne sais pas ce qui m’a pris, je ne sais pas ce sur quoi je comptais, je ne sais même pas ce qu’il allait trouver sur Google, si jamais il effectuait la recherche, comme je le lui ai demandé.

Le lendemain, je reçois un mail, me confirmant mon poste de rapporteur, et m’invitant à être alerte lors des élections, et à œuvrer pour la victoire de « notre » parti. J’ai juste ri, sans répondre. Après le vote, et surtout après la publication des tendances des résultats provisoires, j’ai reçu un appel téléphonique du désormais député. Le gars me remercie pour tout ce que j’ai fait, et m’invite à le rencontrer, histoire de « mieux faire connaissance ». La rencontre, en présence d’un préfet, d’un colonel, et d’un Proviseur de lycée, a été vraiment conviviale, sans complexes et sans préjugés.

Donc je ne suis plus n’importe qui.

Eh oui, chers lecteurs. Mon cercle d’ « amis » s’agrandit, et j’ai les numéros personnels d’un Colonel et d’un honorable député dans mon téléphone. Oh, je suis chômeur hein, je suis sans le sous hein, mais au Togo, vous-même vous savez les pouvoirs que peuvent conférer des coups de fils à ces personnes, quelque part en ville non ?

Moi je peux violer les feux tricolores hein, les petits policiers là ne peuvent plus confisquer la moto Haojue du voisin que je prête souvent pour épater les nana de Cacaveli ; je peux même gifler un « sôdja* », s’il bronche, j’appelle mon colonel ou bien ? Sinon, j’appelle l’honorable qui peut appeler un Général qui peut ordonner à un Colonel de dire au Capitaine que le petit Major là embête Aphtal CISSE, celui là que le Député a connu grâce à Google.

Eh oui, je suis désormais caillou parmi les œufs : si un œuf tombe sur moi il se casse ; si je tombe sur un œuf, il se casse. Eh oui, les délices des coups de fils là, moi aussi je vais gouter à ça dans ce pays.

Plus sérieusement, ne vous en faites pas pour moi. Ma devise, c’est « fauché mais digne ». On est ensemble.

Mais faites toujours attention à vos commentaires, désormais ; on ne sait pas quel député ou quel Colonel vous lira, et vous …

J’ai dit !

* Policier ou Militaire


Elections législatives: Mes premières impressions…

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Qu’il me soit permis de prendre le pas sur les supers observateurs des élections législatives. Oui, avant les résultats définitifs et surtout avant les sempiternelles conclusions des observateurs (tout s’est bien passé ; les irrégularité notées ne sont pas de nature à entacher la crédibilité des résultats…), permettez-moi de me prononcer sur les résultats provisoires, sur les tendances, données par la CENI.

 

Selon ces tendances censées être provisoires, il appert clairement que le parti Union pour la République (UNIR, parti au pouvoir) est largement en tête. Je ne vais pas spéculer ; dans le bureau de vote où j’ai été Rapporteur, sur 320 bulletins, 190 sont favorables au parti UNIR, 71 pour le CST, 16 pour l’AEC… Il faut bien qu’il y ait un vainqueur, et ce vainqueur, c’est le parti au pouvoir. De ces résultats, j’ai tiré mes conclusions.

 

De l’imbécilité de l’opposition togolaise…

  1.       Avant les élections

    Alors que le Parti UNIR balisait le terrain, en sensibilisant ses membres, en multipliant des actes de séductions, et au besoin, en achetant des consciences, les partis de l’opposition n’étaient toujours pas encore fixés sur leur participation ou non aux élections. Lorsqu’ils se sont enfin décidés, oubliant les vrais problèmes, faisant fi des véritables réformes qui s’imposent, ils ont subordonné leur participation à la libération de certains de leurs militants, arrêtés dans l’affaire des incendies.

    Ils se sont rendus aux élections, sans un véritable travail de fond. Oui, beaucoup de personnes, même à Lomé, ne sont pas au courant de la scission ANC-UFC ; beaucoup ignorent que le parti CAR fait parti d’une coalition ; beaucoup ne savent même pas que NET est un parti politique, et que le STT est un syndicat. Néanmoins, tout le monde sait que l’oiseau blanc dans un carré bleu, c’est le signe du parti UNIR. A qui la faute ?

  2. Pendant les élections…

    Ce que j’ai vu dans mon bureau de vote m’autorise à penser que l’alternance politique ne viendra d’aucun parti de l’opposition, si ce n’est par un sursaut national. Comment espérer arriver au pouvoir, lorsque des délégués de partis politiques dans un bureau de vote, ne savent pas lire, ni écrire couramment français ? Comment voulez-vous être véritablement représenté dans un bureau de vote, en y envoyant de jeunes lycéens et collégiens, demi-lettrés comme délégués ?

    Je me suis amusé à faire un cours de droit constitutionnel et de droit parlementaire à tous les délégués de partis politiques, dans mon bureau de vote, ce qui a vraiment détendu l’ambiance, mais aussi et surtout contribué à les maintenir dans une sorte d’infériorité intellectuelle. Ils m’appelaient tous Fovi (Grand-frère), et j’en envoyais même certains me chercher de quoi manger, de quoi boire, et autre… Franchement, parmi ceux là, qui pouvait s’opposer à moi, si je décide d’annuler un bulletin de vote, durant le dépouillement ?

    Et comme beaucoup de ces jeunes délégués de bureau de vote l’étaient beaucoup plus par soucis d’argent (et combien encore) que par conviction, ils n’étaient pas capables d’attendre la rédaction des procès verbaux, le scellé de l’urne, et sa transmission, avant de s’en aller. A peine 18h, il n’y en avait plus un seul. Ils ne savent même pas que nous avons dû transporter les urnes sur la tête à 23h, du bureau de vote à la CELI.

  1. Après les élections…

Les candidats de l’opposition devront tout simplement garder silence, après les résultats, même si le Parti UNIR s’arroge 80 sièges sur 91. Il y a des rumeurs de fraude. J’ai même vu des jeunes vandaliser la voiture d’un député, qui tentait de livrer 10 urnes pleines à la CELI. Hormis ces cas flagrants, les partis de l’opposition ne devront s’en prendre qu’à eux même.

 

Voiture du député Djadja Avonyo caillassée par la population riveraine.Copyright: Aphtal CISSE
Voiture du député Djadja Avonyo caillassée par la population riveraine.
Copyright: Aphtal CISSE

 

Mon constat le plus amer, est que le peuple togolais est d’une immaturité incontestable. Nous avons tous été témoins de l’achat de conscience qu’il y a eu ça et là, de la part du parti au pouvoir. C’est à la veille du scrutin qu’il y a distribution de billets de banques, de T-shirt, de gadgets, et de promesses plates. Si tout cela a pu vicier le choix des togolais, il n’y avait pas de gendarme dans l’isoloir pour orienter ce choix.

 

Nonobstant leur misère, leur pauvreté, leur chômage, leur conditions difficiles, les togolais n’ont pas eu la jugeote nécessaire pour sanctionner la gestion calamiteuse de la cité. Hélas, pour un t-shirt, un billet de 2.000, le togolais a encore remis son sort entre les mains du même parti. Félicitations au gagnant : le peuple n’a que le dirigeant qu’il mérite.

D’une certaine redistribution des cartes.

 Le fait le plus flagrant de ces élections, est de loin le cinglant désaveu du peuple, du parti Union des Forces du Changement (UFC), qui paye au comptant son alliance avec le parti UNIR, et sa complicité dans l’accroissement de la misère du togolais. Ce parti n’a absolument rien à mettre à son actif, en plus de 7 mois de copinage avec le parti au pouvoir. Eh oui, cela, c’est la #Honte228.

 Par contre, les alliances Collectif Sauvons le Togo, et Arc-en-ciel, ont été plébiscités, et seront sans doute la prochaine opposition parlementaire. Je suis curieux et impatient de voir nos nouveaux parlementaires à l’œuvre. Je n’espère pas un blocage systématique de toute action gouvernementale ; mais j’attends quand même beaucoup d’eux.

 Certains nouveaux partis politiques ont également fait parler d’eux, et il va falloir désormais compter avec eux, qu’on le veuille ou non. Le NET a fait son baptême de feu, et se place dans une position plus ou moins confortable, même s’il n’arrive pas à gagner un siège au Parlement.

 

En tout cas, il n’y a pas à mon avis, bipolarisation du paysage politique comme le disent certaines radios internationales. Il y a juste une écrasante majorité parlementaire d’une part, et une disparate opposition parlementaire d’autre part.

De toutes les façons, je suis sûr que les recours seront légions, après les résultats définitifs. Mais toutes sortes de violence est à proscrire. En tout cas, celui qui y recourra fera preuve de lâcheté, et sera coupable d’atteinte suprême à l’intelligence des togolais. Encore faut-il que ces derniers en aient une.

 

J’ai dit !

 


Elections législatives: Ma mise au point du jour J-1

vote

Peuples du monde, la plus grande comédie électorale du Togo sera bientôt sur scène. Longtemps décriées, ces élections finiront par avoir lieu, dans moins de 24h. Afin de mieux comprendre ce qui se passe, et me faire ma propre opinion de la chose, j’ai réussi à être membre de bureau de vote; j’en suis même Rapporteur. Demain, je serai dans le Centre de Bureau de Vote de l’École Primaire Publique Cacaveli 2, dans le Bureau de Vote N°7.

Cet article, est une sorte de résumé, sur les différentes étapes de l’organisation de ces élections législatives. Bien entendu, je ne parlerai que de ce dont j’ai connaissance. J’aurai aimé vous faire des articles au jour le jour, mais les contraintes sont légions. Alors souffrez que j’insère des tweets, mes tweets, sur tout ce qui s’est passé jusqu’à cet instant.

 

Deuxième jour de formation…

Ce Mercredi, 24:

Vous l’aurez compris, je suis rentré chez moi, sans avoir été formé sur les procédures de dépouillements, de rédaction d’un Procès Verbal, transmission des résultats, et autres trucs assez techniques, et nécessaires à la fiabilité des résultats.

Mon cas n’est pas pire, car, il y a des présidents de bureau de votes, des rapporteurs, qui ne savent ni lire, ni écrire de façon correcte le français, langue officielle du Togo. J’ai envie de crier tout de suite que les élections n’augurent rien de bon, mais vous penserez que c’est parce que j’ai décidé de ne pas voter.

Hélas, ce que je vois, de mes propres yeux, ce que j’entends de mes propres oreilles, me laissent assez dubitatif, quant à la vérité des urnes. Ce qui me choque le plus, c’est le silence des partis de l’opposition qui prennent part à ce scrutin. En effet, chaque parti a un représentant et délégué dans les bureaux de votes, et ils sont donc informés des dysfonctionnements combien criards, dans l’organisation de ces élections. Ils se taisent, iront voter, pour contester les résultats après! Suprême sottise.

En tout cas, sachez-le: moi je ferai de la violence post-électorale; mais ma violence sera dirigée contre le parti politique qui osera contester les résultats, de ces élections, sans noter tout de suite les dysfonctionnements; ma violence sera dirigée contre le citoyen qui osera sortir manifester, alors qu’il n’a pas assisté au dépouillement dans son bureau de vote. Oui je serai vraiment violent contre ces futurs imbéciles.

Vous voulez éviter la violence, agissez maintenant. Que chacun prenne ses responsabilités. Les partis politiques qui ne disent rien sur le processus en cours devront tout simplement garder le silence. Le citoyen qui n’assistera pas au dépouillement, qui ne saura rien du procès-verbal de son bureau de vote, devra accepter les résultats, sans broncher.

A comportement de moutons, réaction de berger. Les peuples n’ont que les dirigeants qu’ils méritent.

J’ai dit!


Article 100: Le Bruit de mon silence…

Photo profil du compte Aphtal, Facebook Crédit: Aphtal CISSE

Au début de mon aventure sur ce blog, je me suis promis d’être véridique et sans artifices, avec mes lecteurs. C’est fort de cette promesse, que mes articles ont toujours été des témoignages, de ma vie à moi, de mon quotidien, celui de mes proches, ou de mon entourage. Bref, j’ai décidé d’être dans le réel, de dire ce que je vois et entends. Et longtemps durant, j’ai cru ce pari gagné, au gré des commentaires et messages privés de certains lecteurs. J’ai longtemps cru, livrer un témoignage fidèle et transparent de ce qu’est ma vie à moi.

Mais récemment, en discutant avec une lectrice ivoirienne, (elle se reconnaîtra), j’ai réalisé que j’étais dans le faux, et que je mentais, volontairement ou non, à mes lecteurs. On s’était échangé les salamalecs, et chacun a pris des nouvelles de l’autre, comme nous le faisons chaque matin. Après quelques échanges, elle me fait cette réponse :

« Ah Aphtal, tu es en train de me décevoir deh; ce n’est pas du tout cette image que je te connais hein, en tout cas l’image de toi que tu laisse sur ton blog, mon cher ! Où est passé ta joie de vivre, ton courage indien là, ton humour mal mal là, et ton optimisme (…) »

J’allais accuser l’humour ivoirien, si un autre lecteur, togolais celui-là, ne m’avait pas envoyé cet autre message sur Facebook :

« Enfin je te retrouve. (…) Comment tu fais pour que ta vie sois si passionnante, et digne d’un film de Hollywood ? (…) je te connaissais, enfin je te voyais à la fac ; je te détestais un peu car tu faisais la grosse tête, toujours sapé comme un prince, façon gosse de riche qui s’en fou des autres quoi (…) »

Ces deux échanges, a priori, m’ont fait rire, à gorge déployée, d’ailleurs. Mais à voir de près, ces deux interlocuteurs avaient parfaitement raison. Ils ne se sont arrêtés qu’aux caractères qui s’affichent sur leur écran, en venant sur mon blog ; comme beaucoup d’entre vous d’ailleurs ! Ils ne se demandent pas ce qui se passent de l’autre côté de l’écran.

L’énorme fossé entre moi et ce que véhiculent mes écrits…

Je ne suis pas ce personnage toujours fantasque, témoin de scènes bizarres, acteur de scènes louches ou fabuleux. Je suis ce togolais, de moins de 25 ans, ambitieux et rêveur, comme tout jeune de son âge. Je fais partie de cette génération d’étudiants, jadis zélés, rapidement sacrifiés sur l’autel du LMD. Oui je fais partie de ces étudiants juristes qui détestent les Professeurs Adjita, Deckon, Kpodar et consorts.

Je fais partie de ces jeunes qui, pas très diplômés, sans compétences ni qualifications, s’ennuient à la maison à longueur de journée, et passent le clair de leur temps à maudire Faure et son gouvernement, à s’en prendre à tout…et à rien. Je fais partie de ces jeunes qui se sentent délaissés, oubliés, et abusés, par la politique d’éducation et d’emploi du Togo.

Je fais aussi partie de ces aînés qui, toute honte bue, tendent chaque matin la main pour le petit déjeuner, et qui, le soir, rasent les murs de la cuisine, à l’affût d’un fumet en provenance du foyer maternel. Que voulez vous, on a beau crier à la dignité, l’estomac a ses impératifs. Je suis ce « bon à rien », qui regarde impuissant, sa mère se plier en quatre pour assurer les repas quotidiens.

Je fais partie de ces jeunes togolais qui pensent servir à quelque chose, qui se voient utiles, mais qui ne sont rien de plus que de beaux porcs, nourris et blanchis par le parent aux moyens très limités. Je ne sais pas pour vous, mais, être improductif, et être budgétivore, si ce n’est pas de l’inutilité, alors passez moi le mot.

Je fais aussi partie de ces jeunes togolais qui, soucieux de leurs images, passent le clair de leur temps sur les réseaux sociaux, alors qu’ils n’ont pas de connexion internet, ni même  d’ordinateur. Oui, il y a une catégorie d’abrutis qui, au lieu de se nourrir, préfèrent faire la fortune des cybercafés de la capitale ; et j’en fais partie.

Je fais partie de ces togolais qui ne savent plus trop où donner de la tête, et qui, malgré un légendaire sourire aux coins des lèvres, cachent une profonde tristesse, une amertume sans bornes, et une douleur, sans valables raisons. Nous avons de beaux yeux et de jolis visages (enfin je l’espère), parce que nous interdisons à nos larmes de couler.

Ces togolais qui ont peur de faire partie des associations ou des groupes organisés, juste à cause des cotisations, j’en fais partie. Ces jeunes hommes, aigris et polis malgré eux, qui marchent sur les boulevards, la tête dans les nuages, j’en fais partie. Regardez bien dans les bars et buvettes, ces gars qui boivent prudemment et qui se lèvent pour pisser au moment de l’addition, vous me reconnaîtrez.

Ces jeunes hommes qui ne croient plus en l’amour pur et désintéressé, ces gars qui refusent de se laisser séduire par ces innocents sourires de jeunes filles, et qui admirent leurs fesses sans s’en approcher, il y a un Aphtal parmi eux. Ces gars qui ont peur de s’attacher à une fille, de les aimer véritablement et de faire leur bonheur, juste à cause des frais que cela induit, j’en fais partie.

Mes activités virtuelles sont un moyen pour moi de m’extirper de la poignante réalité qui est mienne. Et plus je suis actif sur les réseaux sociaux, plus le retour à la vie réelle est douloureux et angoissant. Ne vous inquiétez pas s’il n’y a plus de nouveaux articles sur ce blog, ou si mes comptes Facebook et Twitter sont inactifs. Je suis en train de me chercher.

L’autre Lundi , j’ai eu le malheur de rentrer au salon de coiffure de Cacaveli, au moment où passait la chronique Génération causante dans Couleurs Tropicales sur RFI. Lorsque le coiffeur a entendu une voix appeler mon nom, il m’a clairement dit ceci :

 « Eh DG, toi tu es une valeur sûre comme ça, jusqu’à on t’appelle sur RFI et tu veux qu’on te coiffe à 200 F seulement ? Azéa, pour toi maintenant là 500 FCFA ou rien ».

J’en ai ri, alors que le gars était sérieux.

Lorsque je suis sorti du salon, sous les regards curieux ou admiratifs des autres clients, j’ai juste secoué le crâne et répété cette phrase d’un chanteur togolais qui dit :

« je viens du tiers-monde ; là où y a pas de honte, où tu peux crever la dalle mais tu reste star sur les ondes (…) ».

Eh oui ! Aphtal : 6 lettres qui ne veulent absolument rien dire en dehors de ce blog. Je vous dis quand même merci pour l’intérêt que vous portez à mes écrits. De toutes façons, on s’en fou. Ce n’est qu’une discussion par écrans interposés. Vous pouvez en rire, ou en faire ce que vous voulez.

Ce billet n’est pas une confession. Il vaut ce qu’il vaut. Faites comme d’habitude. Lisez, et disparaissez. Rendez-vous dans un autre article; si autre article, il y a.

J’ai dit !

Dédicace à Marie-Danielle Ibohn, Nathalie Kangami, Emile Bela, Rita Fourlin, Babeth Lizy… ceux là qui savent lire entre les lignes