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Le Bruit du Silence...
Article : Les frasques d’un blogueur à la Teranga #2
Non classé
15
16 avril 2013

Les frasques d’un blogueur à la Teranga #2

J’aurais vraiment aimé vous parler de la grève qui secoue actuellement ma patrie, mais je préfère m’en abstenir ; du moins pour le moment ! A parler seul, à des gens qui feignent ne rien entendre, on fini par avoir l’air d’un imbécile. En lieu et place de ce honteux sujet, permettez-moi de vous parler de ce qui se passe sous d’autres cieux, en bien ou en mal.

Dans le cadre de la formation #MondoblogDakar 2013, il nous a été demandé de réaliser des reportages sur des sujets qui méritent notre attention. Bien entendu, des idées, j’en avais plein le crâne. Femmes, nourritures, cultures…tant d’autres sujets sur lesquels j’ai planché. Le tout premier que je vous livre, dans ce billet, est consacré aux conditions de vies et d’études des étrangers, au Sénégal. J’ n’ai pas pu toucher toutes les nationalités étrangères, mais ce petit témoignage est assez diversifié et très édifiant.

De prime abord, retenez qu’au-delà de la trentaine d’établissements d’enseignement supérieur, la principale Université sénégalaise est l’UCAD (Université Cheick Anta Diop), à Ndakaaru (Dakar). La question était la même, pour tous les étudiants rencontrés : Condition de vie et d’étude à Dakar !

Mouinat

Mlle Mouinat Sekoni, Togolaise, 2ième année de Science Juridiques, UCAD :

« Les études supérieures ont toujours été dures, dans toutes les capitales africaines ; mais à Dakar, c’est encore terrible.  Le tout premier problème, lorsqu’on débarque dans une ville étrangère, c’est la précocité de la responsabilisation. Beaucoup d’entre nous n’arrivent pas à faire la priorité entre sorties, fêtes, études, cuisines et resto,… Moi j’ai l’inestimable chance de vivre avec mon grand-frère ici, ce qui me mets à l’abri de nombreux vices. Pour le reste, il suffit de bosser et on a les résultats. Dakar est une ville estudiantine, mais trop chère pour les étudiants. »

Denis Gakpo

Mr Denis Gakpo, Togolais, Master en Droit des Affaires, Université Champollion :

« Tous les jours, il faut parcourir la distance Liberté 6 – Université, rentrer et faire soi-même la cuisine ; il faut gérer les factures (eau, électricité et internet), le loyer, le déplacement, l’habillement… Lorsqu’on n’a plus de gaz butane, plus d’électricité, et que l’argent que doit envoyer les parents tarde à arriver, on vit au ralentit, se disant que la fin est proche. Ici, il n’y a pas de tante, ou d’oncle, chez qui glaner les restes de la marmite. Tu n’as plus rien, tu n’es rien.  Parfois, il t’arrive de te réveiller avec uniquement un billet de 2.000 FCFA. A Lomé, tu sais tout ce qu’on peut en faire. Tu es venu ici, à toi de me dire ce qu’on peut faire avec 2.000 FCFA à Dakar.

Ici, l’enseignement est démystifié, mon cher. Rien à voir avec Lomé. Les professeurs ici sont hyper diplômés, pluridisciplinaires ; pourtant, la relation entre enseignants et étudiants a toujours été cordiale, franche, respectueuse, sans prise de tête. A Lomé, le nanti d’un simple Master se comporte en demi-dieu ; ici, un prof a trois agrégations, mais s’arrête dans la cour pour donner de plus amples explications. On se sent plus en confiance ici. »

Image Profil Facebook

Mlle Rachelle, Togolaise, Master en Droit des Affaires, Université Champollion :

« Être fille et grandir loin du giron familial n’a rien d’amusant. Les besoins sont constants, ici, et les ressources sont extrêmement limitées. Du coup, les tentations sont légion ! Mais lorsqu’on se fixe des lignes de conduite, et un objectif certain à atteindre, on préfère se taper le trajet Patte d’Oie-Université à pieds, que de se laisser attirer par autre chose de plus facile.

Oui, le problème linguistique est un frein majeur, pour l’intégration. Tu imagines, en plein cours, le prof fait une blague en Wolof et tout le monde rit, sauf toi. Cinq minutes après, tu demandes l’explication de la blague, et elle te fait marrer ! Sauf que là, tu ris seul, et on se met à te regarder comme une Niaakh. Que veux-tu, ici on est juste de passage…

Euh, oui c’est vrai qu’ici rien n’est comme à Lomé. Ici, nous avons tout ce qui nous a toujours manqué à Lomé ; ce qui fait que lorsque les étudiants sénégalais font des grèves, on se demande ce qu’ils veulent de plus ; ce sont de grands enfants gâtés, jamais satisfaits. Ce n’est qu’un point de vue togolais hein. »

Profil Facebook

Estelle M. Togolaise, étudiante à l’UCAD:

« A Dakar, un étranger est un étranger hein ! Il faut tout quitter, pour recommencer à zéro dans une ville lointaine, loin de tout. Il faut tout reconstruire : les relations, l’intégration, le bien-être, et cela peut durer des années. Pas moyen. L’argent ! L’argent ! L’argent ! C’est tout notre problème. Il faut tout acheter, tout ! Les coups de fils à Lomé, on en fait presque tous les jours, mais l’argent lui ne tombe pas tout de suite. Et quand tu réalise qu’en fait, tu n’es pas le seul enfant à prendre en charge, tu ne peux pas vivre comme chez toi ! Des plaisirs qu’on se fait à Lomé sont un luxe, ici !

Les cours sont bien structurés, et aérés. On se fait un excellent planning, et on se donne à fond. »

Mlle Andréa, Togolaise, Cinquième année de Médecine, à l’UCAD :

« Je n’a jamais compris pourquoi les gens se plaignent de la ville de Dakar. N’importe qui ne peut pas faire des études supérieures ; soit on a les moyens, et on le fait correctement ; soit on n’en a pas, et on fait autre choses. Les gens racontent n’importe quoi. Dakar est cher ? Moi je ne l’ai jamais remarqué. Le Wolof vous a fait quoi ? Les cours ne sont pas dispensés en langue locales, et je n’ai pas encore ressenti le besoin ou l’envie de discuter avec un sénégalais, dans sa langue. Le Togo a plus d’une centaine de dialecte ; je ne vais pas perdre mon temps à apprendre à dire bonjour dans une langue qui ne se parle nulle part ailleurs que dans une ville où je n’ai que dix années à passer. Non aucun risque de me perdre, mon chou. J’ai ma propre voiture, tu n’es pas au courant ? Vous êtes à l’AUF c’est ça ? Allez viens, je te dépose ».

Mr Jacob, Gabonais, 3ième année Lettres Moderne:

«Dakar, ce n’est pas encore Hollywood. Ce n’est pas si cher que cela. En tout cas, si quelqu’un veut faire la fête, et vivre comme un roi, bien sur qu’il lui faut de l’argent. Mais un étudiant lambda, peut valablement faire son parcours sans handicap, dans un petit studio à Ouakam. En plus de l’argent de mes parents, ma bourse me permet de vivre convenablement, et de faire parois la fête, donc Dakar n’est pas si douloureux que cela. Au contraire. Pour les cours, ca se passe bien ; les profs sont très bons. Je n’ai pas de problèmes avec les sénégalais. Il faut juste savoir saluer, et négocier les achats en Wolof ; le reste, on s’en fout hein. »

Mlle Cyndi Ngambang, Tchadienne, 2ième année Anglais :

« Ndakaaru is a great town! Very pleasant to live and study here. Ce n’est facile nulle part; on s’accroche juste, et ça le fait. Mes compatriotes au Togo me disent que c’est relativement plus facile à Lomé ! Il m’arrive de les envier, mais bon, chaque ville a ses particularités, et je crois que c’est une chance pour moi d’être ici ! C’est une ville pleine d’opportunités ».

Ceci n’est qu’un récapitulatif des avis que les uns et les autres m’ont donnés. Globalement, je ne retiens qu’une chose : Ville estudiantine, ville chère, ville multiculturelle, ville d’opportunités, et… ville de Wolof.

J’ai dit !

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Article : Les frasques d’un blogueur à la Terenga #1
Culture/Traditions
12
13 avril 2013

Les frasques d’un blogueur à la Terenga #1

Riz, restau UCAD II
Riz, restau UCAD II (Photo: Aphtal C.)

Mon tout premier contact avec la culture sénégalaise s’est produit quelque part au dessus de l’Atlantique, à bord d’un vol de la compagnie Senegal Airlines. La charmante hôtesse, dans un sourire enjoué, tenant fortement son chariot, se tourne vers moi puis me demande : « Poulet ou poisson ? » La courbe de ses lèvres sur le dernier mot influença fortement mon choix du menu.

Le plat de poisson, servi avec des légumes et des pommes de terre cuites à la vapeur, était d’une chaleur qui contrastait délicieusement avec l’air conditionné de l’aéronef. En futur chef étoilé, j’use de tous mes talents afin de déceler les épices et les ingrédients qui ont servi à la cuisson de ce plat : peine perdue. Le mystère sénégalais obligeait un contact, une présence physique, pour être percé.

Le contact culinaire établi, il m’a fallu sortir du grand hall de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor, à l’atterrissage, pour me rendre compte que si Dakar pouvait se comparer à une station balnéaire, elle pouvait également devenir une ville sibérienne, surtout pour un togolais qui quitte Lomé à 39° à 13h. A minuit, (l’heure de mon arrivée), la température passe facilement sous le seuil de 20°, et ce n’est pas forcément gai.

Bonne arrivée à Dakar !

Le chauffeur chargé de me conduire à l’hôtel était si poli, dévoué, et serviable. Pour favoriser une meilleure appréciation du « Dakar By Night », il décide d’emprunter la Corniche, magnifique avenue qui longe une partie de la côte dakaroise. Direction, quartier Patte d’Oie, où attendaient les autres blogueurs sélectionnés pour la formation. Malgré le froid cinglant qui impose d’enfoncer le cou dans le col de la chemise, et de plonger les mains dans la poche, ils étaient tous là, sur la terrasse principale, à attendre les derniers blogueurs à arriver, afin de leur transmettre la chaleur de la rencontre et de découverte. Un plat de riz, jonché de tubercules de tous genres et de légumes de toutes sortes, m’attendait, bien au chaud. Bien naïf celui qui aurait résisté à ce plat.

Les vraies réalités de Dakar.

Qu’on se dise la vérité. Dakar peut être comparée à une jeune fille dont la virginité ne se vérifie que sur le lit conjugal, la nuit des noces. Une chose est de se fier à toutes les cartes postales, à tous les articles répertoriés sur Google, à toutes les photos prises par les uns et les autres ; une autre est d’être à Dakar, en chair, en os, en pensée, et en esprit. Et moi, ce que j’ai tout de suite compris à mon arrivée, est qu’il fait parfois très froid, excessivement froid à Dakar. Nous n’allons pas en vouloir à dame nature pour l’alternance des saisons, mais comprenez le pauvre asthmatique togolais que je suis.

Les sénégalais, sont de grands intellectuels, certes, mais au Sénégal, la langue française est l’une des valeurs la moins partagée. Vous ne comprenez pas ? Commettez la bêtise de vous adresser au Policier, au chauffeur de taxi ou de car-rapide, au revendeur de pain ou de Café-touba du coin, en français : s’il vous répond en français, je change de patronyme ! Il y a une sorte de réflexe collectif, un réflexe inné, qui oblige le sénégalais à discuter en Wolof, langue locale et dominante, sinon écrasante ! Le plus déconcertant, c’est qu’ils estiment, à tort ou à raison, que toute personne se trouvant sur le territoire sénégalais est censé comprendre le Wolof. Du coup, ils n’hésitent pas à traiter de « Niaakh », toute personne qui semble ne pas assimiler le wolof national.

@ngimbis @cyriacgbogou @ibohn2 @sinath91 @be_hem @cuisineanxious @witterlims @hatemida @ntrjack Tous, une bande de #Niaakh#MondoblogDakar

— Aphtal CISSE (@AphtalC) 10 avril 2013

 

Au pays de la Teranga, ne point comprendre Wolof est un péché impardonnable, passible de lourdes peines financières, payées lors des différents achats effectués dans la ville. Du conducteur de taxi, à l’agent municipal, en passant par le jeune vendeur de chaussettes, de pain, de thé, d’oranges ou de bananes, tous te font payer le lourd tribut de l’ignorance. Qu’on le veuille ou non, le mot « Niaakh » est originairement péjoratif, à présent utilisé pour désigner l’étranger, le non-assimilé, le rebel, l’ignorant, le sauvage. J’en ai fait les frais ; qu’il vous plaise de suivre mon regard…

Dakar est une ville vivante, coloriée, diversifiée, attrayante, séduisante et excessivement dépensière. Pour 100 FCFA, je me tape aisément trois oranges sucrées à Lomé ; à Dakar, il faut au moins 1.500 FCFA pour sucer moins de 5 oranges ! Si j’ai menti, demandez à Nathalie. Du coup, toutes ces petites habitudes que j’ai à Lomé, sont des actes dangereux à Dakar, à ne poser que lorsqu’on a un budget conséquent ! Ne me demandez pas combien j’ai prévu pour mon séjour, je ne peux pas m’acheter une orange, voilà !

Ville chargée d’histoire, Dakar, prête aisément le flanc à une dynamique de progrès, d’évolution, de formation et d’épanouissement. En témoigne les nombreuses nationalités présentes au Sénégal, pour des raisons de commerce ou d’études. Mais cela fera l’objet d’un article ultérieur, qui d’ailleurs est le résultat d’une série de reportages, effectué dans le cadre de la formation #MondoblogDakar.

Croyez-moi, vous aurez tous les détails de mon séjour dans cette superbe ville. Tous les détails, je vous dis ! Excusez-moi de vous tenir en haleine, vous saurez très tôt pourquoi ! Mais tout ce que je peux vous promettre là tout de suite, c’est que notre aventure sur ce blog ne sera plus la même ! Je vous promets des contenus de qualités, en texte, images vidéos et sons ! Nous avons grandis, nous avons été outillés, et vous le remarquerez, tous, incha allah.

J’ai dit !

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Article : L’homosexualité? Parlons-en!
Culture/Traditions
36
4 avril 2013

L’homosexualité? Parlons-en!

Homosexual (MorgueFile)

Mon tout premier contact avec une personne homosexuelle, a eu lieu en 2010, sur le réseau social togolais Toietmoi.tg. A l’époque, j’étais homophobe, et… fier de l’être ! Ce n’est pas que je ne le suis plus, aujourd’hui ; juste que ma conception de la chose a changée, ainsi que mon comportement envers les homosexuels.

Jean (appelons-le ainsi), est homosexuel, et  l’a clairement affiché sur son profil. J’ignore pourquoi je me suis lancé dans ce petit jeu, mais j’ai également décidé de changer mon orientation sexuelle sur mon profil, afin de piéger quelques homosexuels. Jean était, ma « première victime ». Il fut le premier à m’écrire. Moi j’étais sur la défensive, passant parfois à l’offensive, mais lui, ne voulait que me connaitre ! Nous avons passé deux bons mois à échanger, à discuter de nous, de nos vies, de nos problèmes, de nos ambitions, de nos peurs, bref de tout et de rien.  Il était stagiaire dans une banque, moi je travaillais pour un Huissier de Justice. Je le trouvais, non je le trouve loquace, affable, sérieux, un peu trop sentimental, mais fidèle à ses principes. J’avais du mal à l’admettre mais nous étions de vrais camarades ; mieux, de bons amis. Trois mois après notre première conversation sur Toietmoi.tg, nous avons décidé de nous rencontrer physiquement.

Lorsqu’il vint au cabinet, à l’heure de ma pause, ce fut comme rencontrer un ancien camarade de classe. C’est à partir de cet instant que notre relation passe à une vitesse supérieure ! Pas qu’il me fit des avances, ou que je sois véritablement devenu homosexuel aussi, mais juste que nous avons commencé à aborder SA sexualité. On s’est dit beaucoup de choses, tellement que je n’avais plus l’impression de parler à un homosexuel ; pourquoi ? Parce que je ne le trouvais pas différent de moi.

Seulement, je me suis mépris un soir, et j’avoue n’en n’être pas fier ! Entre deux discussions, il me dit :

 Tchalé*, c’est cool ce qu’on s’entends si bien ! J’aime bien discuter avec toi ; tu es ouvert et…si différent des autres ! Je t’aime bien, et je crois que je tiens à toi .

Foutaises, me suis-je écrié ! Un mec, ça ne tient pas à un autre mec ; un homme n’a pas le droit de bien aimer un autre homme, me dis-je ! Et sans trop réfléchir, je lui envoie cette réponse :

« Man, je n’ai pas envie que tu te fasses des illusions sur moi hein ; je ne suis pas homo. J’ai une copine que j’aime, et à laquelle je tiens, alors, on peut être amis, comme au début ! Je crois avoir été clair ».

Sa réplique fut si…véridique et si cinglante, si profonde et si franche… Il me dit, en fait :

 hahahaha, mon cher, je savais dès le début que t’étais pas homo ; mais j’aimais bien discuter avec toi, c’est pour cela je ne t’ai pas bloqué depuis ! Moi aussi j’ai un petit copain, et de toutes façons, crois-moi, le mec homo qui te fera des avances, n’a pas de gout. C’est clair ?

Ce message m’a vraiment fait réfléchir, et je crois que c’est ce qui m’a permis d’évoluer sur la question. Nous avons discuté de lui, de son copain, de leur idylle, et pleins d’autres choses ! J’ai vraiment beaucoup appris, de ce monde si fermé, si discret, si interdit, si jugé, mais si bien organisé. Depuis, nous avons gardé d’excellentes relations, surtout parce que j’ai accepté restreindre mon champ lexical, en excluant des mots tels « pervers, vice, malade, religion, damnés, stupide… ».

J’ai réalisé une chose…

C’est que Jean fait partie de ces hommes qui ont fait le choix d’entretenir une relation sentimentale avec une personne de même sexe ! Malgré le cliché que nous, hétérosexuels, avons de ces personnes et de ce que « doit être » un couple et ce que cela doit impliquer, les homos, pour la plupart ne sont guère portés sur le sexe ! Contrairement aux hétérosexuels, les homosexuels sont bien plus sensibles, bien plus romantiques, accordant beaucoup d’égard aux sentiments, à l’affection, et à l’équilibre émotionnel ! J’ai eu beaucoup de mal à l’admettre, mais l’évidence était là ; seuls les hétéros pensent aux positions du Kâma-Sûtra, et c’est cette sexualité erronée (oui, il faut l’admettre, elle est erronée, notre sexualité), qui nous empêche de voir le besoin sentimental des homosexuels ! Soit.

Mais je déplore une chose…

Je pense qu’il n’y a pas suffisamment de débat autour de l’homosexualité. Par homosexuels, il faut entendre Lesbiennes et Gay. Certains élargissent le cercle en y incluant les Bisexuels et les transsexuels (LGBT). Il n’y a pas assez de débat autour de la question, parce que les hétéros jugent trop rapidement, et condamnent facilement ; mais aussi et surtout parce que les LGBT, eux-mêmes refusent d’en parler, et condamnent à leur tour les hétéros !

Oui chers lecteurs, il est facile de dire qu’une personne est malade et maudite, avec la tête pleine d’a priori, même si on le pense. Ce qui est encore plus déplorable, c’est de ne pas essayer de s’expliquer, et de penser que du simple fait de son homosexualité, on est ipso facto rejeté. Pourquoi nous refuse-t-on le droit de parler de l’homosexualité ?

Il suffit de dire quelque part qu’on est « hétéro et fier de l’être »pour être taxé d’homophobe ! Et pis, l’homophobie est inscrite dans certains code pénaux ! Mais alors, pourquoi n’y a-t-il pas délit d’héthérophobie ? Pourquoi penser que seuls les hétéros sont seuls capables de haine et d’exclusion ? Si hétéros et homos sont réellement égaux, comme certains le clament, pourquoi ne protège-t-on pas le droit de l’hétérosexuel ?

La question de l’homosexualité est un sujet assez délicat, je l’avoue ! Mais ce qui le rend encore plus difficile, c’est le fait de refuser aux hétéros d’en parler. Les homosexuels ne sont pas une race humaine à part. Ils ne sont pas plus évolués, ou moins évolués que leurs frères hétérosexuels. Inutile d’ériger un corpus de règles qui leur soit spécifique, car à force de les surprotéger, on finit par léser les hétérosexuels, et cela ne fait qu’agrandir le fossé entre les deux orientations sexuelles.

Des homosexuels, on en croise tous les jours ! Au marché, à la banque, au palais de justice, dans le taxi, dans les bars, dans les boîtes de nuits, sur internet… Si on ne les reconnait pas forcément, c’est justement parce qu’ils ne sont pas différents ! Ce qui fait la différence, c’est la protection dont ils bénéficient, et l’omerta imposée aux hétérosexuels. J’ai la nette impression que finalement, nous autres hétéros, sommes la catégorie opprimée, subissant la dictature de la « minorité ».

En ce qui me concerne, j’estime, à tort ou à raison, qu’on peut être homophobe (ne pas aimer l’homosexualité en soi), sans pour autant détester l’homosexuel. Lorsqu’on essaye de comprendre le choix de l’homo, sans vouloir en faire autant pour l’hétéro, on ne met plus les deux orientations sur un pied d’égalité ; on lèse le second au profit du premier, et cela n’arrange personne.

Je ne suis pas homosexuel, et je comprends l’homosexualité, même si je ne l’accepte pas ! D’autres, acceptent l’homosexualité, sans la comprendre ! Nous devons pouvoir faire valoir nos points de vue dans un débat contradictoire, sans préjugés, et sans favorisés !

Si le fait de réclamer la parole fait de nous des homophobes, je suis dans la triste obligation de vous dire que je suis fier de l’être.

J’ai dit !

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Article : Etudes supérieures: Faculté De Droit en danger
Non classé
30
29 mars 2013

Etudes supérieures: Faculté De Droit en danger

Justice (MorgueFile)

C’est dans un souci de diversification de la formation, et d’embellissement de mon curriculum vitae, que je m’échine à vouloir obtenir, vaille que vaille, ma Licence en Profession Judiciaires à l’Université de Lomé. (J’en ai déjà une en Affaires et fiscalité) !  Dieu seul sait comment j’ai réussi à franchir les caps de la première et de la deuxième année. A Lomé, la FDD n’est pas la Faculté De Droit, mais plutôt la Faculté De la Désorientation. Suivez mon regard.

La semaine dernière, c’étaient les examens semestriels à la Fac de Droit. Paresseux, je ne compose que dans trois petites matières ! Sauf qu’à Lomé, il n’y a pas de petite matière. Fondamentale comme transversale, toutes les unités d’enseignement se valent. L’une de ces « petites matières » est le Droit du Travail, que j’ai déjà raté l’an passé. C’est donc en cartouchard que je quitte ma demeure, le crâne plein de lois sociales jamais appliquées, pour tenter une fois de plus ma chance ! Oui c’est une affaire de chance, vous aussi. Et je n’étais pas seul hein. Nous étions…. Je n’ai pas compté mais, vous allez m’y aider, adorables lecteurs.

Censée se dérouler dans l’Amphi 1000 (mille places donc), l’épreuve de Droit du travail ne pouvait démarrer à l’heure prévue, car, il y avait plus de candidats que de places assises. Heureusement, l’Amphi 1.500 n’étant pas loin, nous, le trop plein, avons donc été redirigé vers celui-ci. Vous savez, pour suivre les cours ou pour composer, seuls les nouveaux étudiants sont enthousiastes ; ils veulent les meilleures places assises, à croire que les notes dépendent de la proximité de l’étudiant à la chaire de l’enseignant. Nous autres cartouchards, (on se reconnait toujours par notre habillement et notre air désintéressé, et nonchalant), avions une démarche royale, traînants les pas à l’arrière de la foule. Le temps d’arriver à l’entrée, l’amphithéâtre était déjà plein. L’un des surveillants nous empêchait même d’avoir accès à la salle, car celle-ci ne respectait pas les normes d’évaluation, tellement elle était bondée.

Après une dizaine de minutes d’âpres négociation, ils consentent à nous rediriger vers une petite salle réservée pour les travaux dirigés. Là encore, la salle était pleine à craquer, mais on ne pouvait plus faire autrement. A la guerre comme à la guerre. On réussit à s’entasser dans la salle, attendant les cahiers d’examens et les épreuves. Tic-tac ! Tic-tac ! Tic-tac ! Tic-tac ! Cinq, dix, quinze, vingt, trente minutes, et aucun surveillant ne vient nous voir. Pas de cahiers, pas d’épreuves. Panique. Un camarade et moi sortons alerter les surveillants de l’Amphi 1.500 !

 « Oh c’est pas vrai ! Ok Attendez, je vais contacter le décanat ! S’il reste des épreuves, on vous les apporte. Retournez vous asseoir, vous aurez les rabats tout de suite ».

Foutaises ! Ils nous avaient oubliés. Ils finissent par apporter des cahiers d’examens, mais largement insuffisants pour nous ! Les épreuves, elles, arrivent quelques minutes plus tard. C’est là tout est gâté. On se retrouve avec des étudiants ayant des cahiers d’examens, mais sans épreuves ; d’autres avaient les épreuves, sans les cahiers d’examen ; un autre groupe n’avait ni l’épreuve, ni le cahier ; un petit groupe d’élus, avaient le cahier, et l’épreuve. Moi, je n’avais que l’épreuve ! Nous avons supplié, qu’on nous trouve des cahiers, en vain. D’ailleurs, il m’aurait servi à quoi, ce cahier d’examen ? J’avoue avoir parcouru de long en large l’épreuve, sans vraiment savoir ce que ce vieil enseignant (respectable et compétent, pourtant) attendait de moi. Des mini-cas pratiques, avec un minimum de lignes de rédaction à atteindre impérativement ; des questions avec de dangereux clairs-obscurs !

Comme si tout cela ne suffisait point, les rares étudiants qui ont à la fois l’épreuve, le cahier d’examen, et quelques réponses à proposer à l’appréciation souveraine du professeur, n’avaient que 35 minutes pour le faire ! Pourquoi ?

Bah, on s’en fout de l’heure du début, celle de la fin est certaine : On fini tous en même temps, que ce soit en Amphi 1000, 1.500, ou dans la salle 50 de TD. Vous finissez tous à la même heure, c’est-à dire 16h30. Voilà ! Ce qui est dit est dit !

        

FDD, Faculté Du Désordre.

De toutes les façons, je n’avais rien à griffonner alors je plie l’épreuve, la plonge dans mon sac, puis quitte la salle ; comme beaucoup d’ailleurs. C’est cela, les études juridiques à l’Université de Lomé.

Comme moi, beaucoup de ceux qui reprennent le droit du travail, l’ont déjà raté. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment ! Mais je sais que mon ardeur à la tâche a considérablement baissé depuis que le désordre s’est installé à la fac ! Un cafouillage total, depuis l’avènement de ce système LMD. Les profs n’y comprennent que dalle, les étudiants encore moins. Voilà. La première fois que j’ai composé en Droit du Travail en 2010, nous n’étions que 300 étudiants inscrits en cette matière, dont à peine 80 étaient cartouchards ; à force de faire redoubler les étudiants, nous étions plus de « 1.000+1.500+50 surpeuplés » étudiants à composer, la semaine passée.

Je sais que si je devais faire un devoir, avant de passer l’examen en cette matière, je l’aurai certainement validé depuis ; surtout si j’ai une chance d’aller aux sessions de rattrapages ! Hélas, à la FDD de Lomé, la pratique qui s’est installée est celle de la « Sudden death », ou Mort Subite. C’est un système qui consiste à faire composer l’étudiant une seule fois l’an ! Pas de devoir, pas de rattrapages ! Un coup KO ; tu rates, tu reprends l’année prochaine ! Oui, c’est cela, notre faculté.

Je ne vais point parler aux noms de tous les étudiants en droit, mais en ce qui me concerne, je me sens incapable de me réveiller à 4h du matin pour me rendre à la fac, pour suivre un cours qui ne débute qu’à 7h, juste pour trouver une place assise ! Moi Aphtal, je ne pourrai plus passer toute ma journée sur le campus de Lomé, parce que j’ai cours de 7h à 19h, même entrecoupée de longues pauses. Moi Aphtal, je ne pourrai plus passer mes nuits à lire un cours de 200 pages (format Word, Times New Roman, Taille 11), en sachant que le Prof ne m’interrogera que sur un seul paragraphe du cours. Je suis incapable d’errer d’amphi en amphi, pour composer dans une matière que je suis sûr de rater.

Je ne suis rien ! Je ne suis ni pédant, ni auto-suffisant ; je ne suis pas non plus défaitiste, ou incapable de faire des études de droit ! Je ne suis qu’un simple citoyen qui aspire à étudier dans la dignité ! Est-ce trop demander ?

J’ai dit!

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Article : Sacrées semaines culturelles à Lomé
Non classé
5
24 mars 2013

Sacrées semaines culturelles à Lomé

Beach

Il ne fait pas bien de vivre à Lomé, ces derniers temps, surtout lorsqu’on est garçon facile. Je ne parle pas de moi hein ; demandez à mes épouses, elles vous le confirmeront. Mais le fait est qu’actuellement, c’est dur pour un homme normalement constitué, de vivre sereinement à Lomé, tellement la tentation est omniprésente, invitante, insistante, persistante… et pour cause. Toutes les filles de la capitale délaissent leur cartable pour le bikini : C’est la semaine culturelle.

Il a toujours été prévu une ou deux semaines, au cours de l’année scolaire, pour permettre aux apprenants de s’évader, de s’amuser, de s’exprimer, d’apprendre et de découvrir de nouvelles choses. Oui, on apprend tout en s’amusant. La semaine culturelle, c’est la période de l’année où on est censé célébrer la culture d’ici et d’ailleurs. Les programmes étaient alléchants, à l’époque : récital, concours de dictée et de culture générale, jeux d’échecs, théâtres, soirée africaine, mises en scènes, kermesse, picnic, ateliers d’écritures, ateliers de cuisine, laboratoire de langues, duel de foot interclasses, rencontre avec les anciens élèves, journées des professions… Et à l’époque, on prenait la peine de terminer les festivités impérativement avant 19h. Si vous essayez de vous attarder un peu trop, le Directeur s’en va disjoncter le compteur d’électricité, et voilà. A demain. Ça, c’était avant, hein ! Ah quand j’étais jeune…

Aujourd’hui, on ne parle plus de semaine culturelle. Enfin je sais plus trop comment la nommer, mais, cette période de l’année ressemble de plus en plus à une semaine sexuelle. Eh oui. Les jeunes lycéens de nos jours ne rivalisent plus en culture générale ou en dictée. Ah non ! Ils ne s’essayent plus aux jeux de sociétés, ils ne se défient plus en langues étrangères ou en tenue traditionnelle. Maintenant, il s’agit de connaître qui a la jupe la plus courte, le dos le plus dévoilé, la cuisse la plus pommadée, la marque de vêtement la plus chère ou la plus dévergondée ; il s’agit de faire montre de la dernière version d’un I phone, d’une tablette numérique, ou d’un téléphone Androïde.

Dès que cette foule hétéroclite est réunie, allez voir ce qui retient leur attention : un récital au cours de laquelle ceux et celles qui interprètent les chansons imitent à la perfection Nicki Minaj, Beyoncé, ou Lill Wayne. Ils le font si bien qu’on se demande s’ils sont vraiment des togolais, ces jeunes, qui n’ont qu’entre 15 et 19 ans. Ledit récital ne commence plus à 15h comme à l’époque hein ! Non ces jeunes là ont peur du soleil ; ils débutent leur soirée à 17h, et se livrent à l’orgie qui va durer 4h d’horloge, minimum. En plus, ils sont si innovants, ces jeunes. Ce sont eux qui ont initié pour la première fois la soirée Black&Yellow, à Lomé ; ce sont eux qui ont inventé le concept Jamaïcan Night, soirée au cours de laquelle, les fumigènes sont remplacés par les narines humaines crachant la fumée du chanvre indien, ou de la marijuana. Sacrée semaine culturelle ! Ces petits sont si brillants qu’au lieu d’être approchés par l’UNESCO pour des bourses, ce sont les promoteurs de boîtes de nuit qui les consultent, pour des concepts à lancer, des soirées à organiser…

Comme à l’époque, nous on ne savait pas nager, actuellement, la mode dans tous les collèges, lycées ou Universités, est de boucler cette épuisante et éreintante semaine par une sortie sur Avépozo. Ah oui, Avépozo, c’est le Graal de toutes ces jeunes personnes. On peut rater la soirée africaine, le récital, la Jamaïcan Night, mais pour rien au monde on ne rate Avépozo. Pour rien, absolument rien, vous dis-je ! Avépozo, c’est une bourgade située à 11km à l’Est de Lomé. Elle est réputée pour ses places publiques aménagées au bord de la mer. Les semaines culturelles se déroulant presqu’au même moment dans tous les établissements, quelques soient les programmes respectifs, tous les  établissements se rendent à Avépozo le même Samedi. C’est le melting-pot togolais ; le creuset de l’unité nationale, la preuve de l’indivision ethnique, bref, le Parlement togolais dans sa diversité, dans sa totalité et dans toute sa perversité. Pour vous initier au plaisant exercice de Visualisation, je vous laisse le plaisir d’imaginer le spectacle que donne l’association entre une jeunesse dont la puberté tire les premiers coups de salve, et les adultes à l’appétit sexuel plus que vorace. Jusque là je vous épargne ce à quoi se livrent leurs aînés étudiants de l’Université de Lomé, ou des Universités Privées. Sacrée semaine culturelle.

La semaine culturelle à Lomé, c’est aussi la période où tous les lycéens deviennent impolis et insoumis à la maison ; c’est la période à laquelle ils deviennent des filous occasionnels : les billets de 500 ou 1000 FCFA des parents et frères disparaissent subtilement ; les chaussures, casquettes, et gadgets des aînés sont introuvables. Eh oui, c’est la célébration de la culture togolaise, les gars ! On va faire comment ?

J’aurai préféré que mon frère benjamin emprunte sans mon accord, ma collection d’Ahmadou Kourouma, au lieu de me prendre ma paire de Paul Smith ; j’aurai été content qu’il s’introduise dans ma chambre pour subtiliser mon carnet de lecture, mon cahier de français, mon Simone de Beauvoir, mes Ferdinand Oyono, mes Hampathé Bah, au lieu de me prendre des cravates et des chemises. (Qui m’a dit d’avoir une petite corpulence, pour que mes petits-frères se sentent à l’aise dans mes habits même ?)

Ce soir encore, ils auront la gueule de bois, tellement ils ont bu à Avépozo, hier ! Et ce n’est pas l’annonce de la mort de Chinua Achebe qui leur perturbera. D’ailleurs, ils sont combien à l’avoir lu ?

Le paraître, c’est bien ; les fêtes c’est cool ! Mais l’intellect est bien plus important. Et cela, c’est le cadet des soucis des directeurs des établissements scolaires, et des organisateurs des semaines culturelles. Comme quoi, le monde continue de s’effondrer.

J’ai dit !

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21. mars
2013
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12

Que la Loi soit dignement représentée…

Traffic light (MorgueFile)

Fiat lux !

J’éprouvais de la paresse à rédiger ce billet, mais là je suis décidé à le publier. La motivation ? Eh bien cet après midi, en me rendant à la célébration de la Journée Mondiale de la Poésie, un policier nous a renversé, parce que mon conducteur n’avait pas de plaque d’immatriculation sur sa moto. Je n’ai pas réagi ! Je suis juste parti, maugréant en moi-même. Là, en y repensant, je bous intérieurement, et je décide de terminer ce billet que j’ai commencé. Comme quoi, cela n’arrive qu’aux autres ; on ne réalise pas tant que ça ne nous touche pas…

Mardi dernier, je devais me rendre à la banque pour affaires me concernant. Il a fait plutôt beau : un ciel dégagé, un soleil plus ou moins clément, un vent paresseux, et une poussière omniprésente. Mon itinéraire était bien défini : Cacaveli-Deckon.  Et sur ce tronçon, se trouve la magnifique ambassade des États-Unis d’Amérique. (Elle est si belle, qu’elle doit être la plus belle ambassade USA au monde. Suivez mon regard).

J’étais donc sur mon zémidjan, en direction de la banque, lorsqu’arrivés au niveau de l’ambassade des États-Unis, le feu tricolore passe tranquillement à l’orange. Nous roulions tranquillement alors le conducteur se met à ralentir, puis s’arrête sans difficultés. Par contre, un autre conducteur, roulant à plus grande vitesse, n’eut d’autres options que de foncer, avant que le feu ne passe au rouge ; ce qui fut fait. C’était sans compter avec la cupidité des policiers togolais, qui ont pris la sale habitude de se poster, sinon de se cacher,  à des dizaines de mètres après les feux tricolores.

L’un des agents de la « police routière », se met immédiatement en travers de la route, faisant signe au conducteur de s’arrêter, et de se garer sur le côté. Ce dernier, semble ne pas vouloir s’exécuter, accélérant même ! Le policier, dans un excès de zèle, faisant mine de s’écarter de l’engin qui fonçait sur lui, décoche un violent coup de pied sur le pneu avant de la moto. Déséquilibre, acrobatie, tentative de maîtrise de l’engin… mais, rien à faire. La moto heurte le terre-plein central, et les deux passagers se retrouvent à terre, carrément de l’autre côté de la route. Dieu merci, pas de circulation intense dans le sens inverse, la matinée.

Je pensais regarder un film hollywoodien, dans lequel un policier tente de calmer les ardeurs de Jason Statham. Non ! Cela se passait là, sous mes pauvres yeux. Les passagers réussissent à se relever, visiblement choqués par ce qui vient de leur arriver. Le conducteur, blessé au coude, abandonne la moto sur la route, se dirige vers le policier, comme pour lui demander des explications. Mais dès qu’il fut assez près, il lui asséne une puissante et retentissante gifle, qui manqua de le renverser. Le policier n’eut pas le temps de reprendre ses esprits. Il fut soulevé par les jambes, comme dans les luttes traditionnelles togolaises ou sénégalaises, puis plaqué contre l’asphalte. C’est là que le conducteur lui décoche un mignon coup de pied dans l’abdomen avant de se jeter sur lui pour le rouer de coups.

C’est à ce moment que les autres policiers, (08 en tout, à raison de 04 par sens), se ruent pour porter secours à leur confrère, visiblement en danger. C’est également à ce moment que le feu passe au vert, mais personne ne voulait rater le reste de la scène. Le conducteur est rapidement maitrisé, et conduit sous un arbre, à côté, tandis que le policier meurtri essayait de retrouver ses esprits. A voir comment il fut transporté par ses collègues, il devait être en syncope. La route enfin dégagée, l’un des policiers nous fait signe de circuler. Tout le monde fini par démarrer, avec des exclamations de félicitations à l’endroit du conducteur-boxeur, et des boutades moqueuses envers les policiers.

Arrêtons-nous un instant pour méditer cet acte.

Chers amis, la formation de juriste que j’ai reçue à l’Université ne me permet point d’accepter un tel acte. Non ! Rien, absolument rien ne peut justifier la violence physique exercée sur un policier, dans l’exercice de ses fonctions. Si ceux qui représentent la loi et qui sont chargés de la faire respecter sont agressés, passés à tabac, nous ne sommes plus une démocratie : Nous sommes une anarchie. OK.

Mais le togolais que je suis, le témoin des ignominies policières que je suis, ne peut que jubiler lorsqu’une excellente raclée est  administrée à l’un de ses « corps habillés ». Je ne le dis pas de gaieté de cœur, mais chapeau à cet individu qui s’est battu « comme un homme », contre l’autorité illégale et illégitime. D’ailleurs, tous ceux qui ont assisté à la scène ont applaudi.

Au Togo, nos policiers se comportent de façon exécrable : ils sont d’abord mal éduqués, mal formés, et mal payés. Mal éduqués parce qu’avant de porter l’uniforme, le policier est un être humain, issu de la société. Et lorsqu’on est bien éduqué, on salue les conducteurs plus âgés que soi avec respect et révérence. Je ne demande pas au policier de se plier en deux, en face d’un conducteur du troisième âge ayant brûlé un feu ! Mais venez voir comment ces nouvelles recrues d’à peine 23 ans s’adressent aux gens, dans la circulation.

Ces policiers sont mal formés, car le bon sens exige que celui qui est chargé de réguler la circulation en connaisse les règles. Combien de policiers togolais ont-ils un permis de conduire ? Quelle dichotomie, qu’une personne ayant son permis de conduire, se fasse verbaliser par un policier n’ayant jamais tenu un volant de véhicule, n’ayant jamais appris le code la route ? Hehehe, autre chose: Entre nous, un policier bien formé ne peut être facilement soulevé et terrassé comme l’a été l’autre imbécile. Aucune technique de self-defense!

Ces policiers sont aussi et surtout mal payés. Pour un agent de la brigade motorisée, il est aberrant de ne pas percevoir plus de 80 milles francs par mois. Ne parlons même pas de ces petits policiers. Ils font tellement de la peine, eux ! Ils sont si misérables qu’avec  500 FCFA, tu peux conduire la voiture de ton père dans toute la capitale sans permis de conduire. Oui, seulement 500 FCFA, car celui qui te verbalise en premier, demandera aux autres policiers en service de te laisser passer. D’ailleurs, cela se comprends ! Ces policiers n’ont aucun diplôme (BEPC pour les plus instruits), et ensuite, la verbalisation coûte 5.000 FCFA. Un compromis a toujours été bénéfique pour les deux parties.

Chers lecteurs, je ne suis point entrain de jeter le discrédit sur la fonction de police routière loin de là. Je suis convaincu que c’est un métier noble, et un service incontournable. Seulement, que ceux qui l’exercent le fasse en toute intelligence, humilité, sérieux, et avec beaucoup d’égard. Sinon, on a beau représenter la Loi, exercer les fonctions régaliennes de l’Etat ; lorsqu’on se permet de poser des actes qui n’entrent pas du tout dans l’exercice de cette tâche, eh bien il vaut mieux prier ne jamais tomber sur plus fort que soi.

D’ailleurs, je retourne à mes entraînements de Yoga et de Karaté. Policier va prendre drah.

J’ai dit !

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Article : Dictature rime avec culture
Culture/Traditions
18
17 mars 2013

Dictature rime avec culture

Poire africaine (Image, Aphtal CISSE)
Poire africaine (Image, Aphtal CISSE)

Bien le bonsoir à vous, chers lecteurs ! Excusez mon dérangement ! Je ne pouvais point me taire sur cette nouvelle découverte. Oui, une nouvelle découverte, une solution ou plutôt compréhension d’un problème, propre à certains pays africains. Ce que j’ai trouvé pourra se résumer en une seule phrase, qui est d’ailleurs le titre de ce billet : la dictature est une question de culture.

Je sais que vous ne comprenez toujours pas ! Normal, moi je suis un illuminé, vous êtes des néophytes, suivez mon regard…  Bon, je m’y mets, et lisez bien.

Ce weekend , j’ai décidé de passer le dimanche chez l’une de mes grandes-sœurs, qui bouclait un congé de maternité. Ce que j’y ai vu, ma replongé dans mon enfance, et m’a fait réaliser pourquoi entre blancs et noirs, c’est toujours le jour et la nuit. En matière de respect des droits de l’homme, les blancs sont toujours en avance, car c’est comme je le disais, une question de culture.

Mocktar, le fils aîné de ma grande-sœur, 4 ans à peine, souffrait de constipation. Ce n’est pas un truc bien grave, cela arrive à tout le monde. Seulement, après avoir fait la douche à son nouveau-né, ma grande-sœur prépare une décoction pas assez nette, faite à base de racines, de piments, de clou de girofle, et d’eau, (enfin je crois), qu’elle conditionne dans une poire. Oui la poire. Au Togo, on l’appelle Bintoua ! Les ivoiriens l’appellent Gbôcôpê.  Sans crier gare, elle renverse Mocktar, lui ôtes ses habits, et lui enfonce le bout de la poire dans le rectum.

Mon neveu n’a pas eu le temps de crier sa douleur que ma grande-sœur se met à presser la poire, envoyant direct, la décoction dans les intestins du petit. Cris, pleurs, sanglots ! Ma grande-sœur était intraitable ; lorsque tout le liquide fut envoyé dans le ventre de Mocktar, elle ôte la poire, serre les fesses de l’enfant, le soulève par les pieds, la tête en bas. Elle se met à secouer vigoureusement le petit,  qui jusque là n’arrêtait pas de chialer. Au bout de cinq minutes, le petit se mets à dire :

« Maman ça suffit ; ça va sortir, ça va sortir ».

Dès que ses pieds touchent le sol, il se baisse pour évacuer tout ce qu’il avait dans le ventre, histoire de se soulager ! Constipation là est guérie ! Le gamin continue de pleurer, la mère jubile, et est fière de son exploit médical. La scène m’a fait rire, car je sais ce que sait. Bintoua là, on est tous passé par là, dans la famille. Nous avons tous été violé dans notre intimité, filles comme garçons, pour des raisons thérapeutiques. C’est une pratique courante en Afrique, une sorte de culture.

Bintoua01

Ce que j’avais compris, en étant témoin des tribulations de mon neveu, c’est que nos droits les plus élémentaires ont toujours été violés depuis notre tendre enfance ; c’est ce qui explique le silence dans lequel nous  nous murons, lorsque, grands, nous nous sentons lésés. Vous ne me croyez pas, mais en France, il n’y a pas la poire ; si un petit parisien souffre de constipation, ses parents lui auraient expliqué la procédure :

« Oooh, Jean-Eudes, chéri, ton père et moi sommes vraiment désolés pour ce qui t’arrive, et nous sommes avec toi ok ? Vois-tu, c’est pour éviter cette situation que nous t’interdisons de boire du yaourt avec  du pain sec, tu vois ? Mais ce n’est pas ta faute, nous avons été négligeant, et te demandons de nous excuser ok ? Alors nous irons voir le docteur Marc ! Tu le connais ? Tu veux qu’on aille le voir ? Ok, il te donnera un sirop à la menthe, et cela te soulagera d’accord ? Ou si tu préfères, on te fait un suppositoire ! D’accord ? Tu sais ce que c’est ? »

Et on expliquera à Jean-Eudes ce qu’est un suppositoire ; il choisira alors entre ce dernier, et le sirop à la menthe. De toute façon, il sera aussi guéri de sa constipation !

Entre Mocktar et Jean-Eudes, qui sera plus apte à exiger des explications, lorsqu’un policier le coince à un feu tricolore ? Lequel cherchera à comprendre le comportement des élus de la nation, lorsqu’ils prennent des lois contraires à la constitution ?

Mocktar n’a jamais eu droit à la parole ! Dès qu’il semble malade, Gbôcôpê, lui sera automatiquement administré ; lorsqu’il n’a pas l’appétit, sa mère lui fera avaler sa bouillie de force, en plaçant une main entre ses mâchoires pour les écarter, et verser de la bouillie, directement dans son estomac. Tout se fait par la force, et le petit n’a pas droit de citer. Ses envies, ses désirs, tout cela ne compte pas ! Un tel enfant, une fois grand, pourra-t-il revendiquer ses droits, de façon réfléchie, vigoureuse, s’opposer à des exactions, et exposer son point de vue ?

Si aujourd’hui, les présidents modifient la constitution, la poire en est pour quelque chose ; c’est à cause de Gbôcôpê que le Camerounais devient immortel, sinon éternel, à la CAF.

Le respect des droits des enfants passe par l’arrêt de la poire ! Demandez notre avis avant de nous faire Bintoua. Le dialogue, cela s’apprends ; et l’enfance est le meilleur moment pour acquérir les bons réflexes. Laissez nos rectums en paix, et convainquez nous !

J’ai dit !

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15. mars
2013
Non classé
7

Quelque chose est entrain de se passer…

Flag Togo

J’ignore si c’est une ligne éditoriale, mais je me suis promis de ne point m’appesantir sur la politique, sur ce blog, et ce pour certaines raisons : d’abord cela ne me réussit pas vraiment. Je trouve un peu trop simpliste de parler des autres, surtout avec peu d’éléments. Ensuite, et surtout, parce que l’apparente liberté d’expression au Togo n’empêche pas les représailles en coulisses. Si on arrive à museler toute une corporation, à encelluler certains journalistes, à en frapper d’autres, je n’ose imaginer ce qui pourra advenir d’un apprenti-blogueur, comme moi.

Cependant, les derniers évènements au Togo m’interpellent ! Non en tant que blogueur, ou opposant du système actuel, mais en tant que Togolais, en tant que citoyen, en tant qu’être pensant. Au Togo, il se passe des choses que je me refuse de qualifier ici, mais qui donnent des sueurs froides.

Vous l’ignorez peut-être, mais le Togo a l’un des présidents les moins bavards de la planète. Je n’appellerai pas cela « discrétion », mais plutôt mutisme ; je ne l’appellerai pas non plus Silence, mais mépris. Oui, dans un pays où le Président ne s’adresse à la nation que trois fois dans l’année, et où il n’accorde d’interview que lorsqu’il est présumé ressusciter d’entre les morts, allez-y voir du respect et de l’égard.

Et donc, au cours de l’une de ses rarissimes apparitions, (vœu de nouvel an),  le Président de la République (j’évite de faire des liens sur son nom, pour qu’on ne me piste pas oh), annonçait la tenue des élections législatives pour le premier trimestre 2013. Cela eu l’effet d’une bombe dans le monde politique, car la date des élections devait faire l’objet de consensus de toute la classe politique. Faute d’accord, et foulant aux pieds toutes négociations en cours, le Président fixe unilatéralement une date pour les élections.

Je ne vais pas vous le cacher : j’ai approuvé cette décision du président, car après tout, il lui fallait prendre ses responsabilités, et en tant que Commandant en Chef, c’était à lui de prendre des décisions, pour éviter à la nation, une situation d’enlisement. De toute façon, c’est à lui de rendre des comptes ; encore faut-il qu’on en exige.

Depuis cette annonce, la situation politique au Togo s’est, non pas empirée, mais chargée d’électricité, et la moindre étincelle pouvait mettre le feu au poudre. Comme on s’y attendait, l’opposition a rebondi sur cette annonce, et promet empêcher la tenue de ces élections, à la date annoncée par le Président. Lancement alors de l’opération « les derniers tours de Jéricho », dont j’ignore franchement les tenants et les aboutissants. Mais tout ce que je sais, c’est que peu de temps après le début de ladite opération, les grands marchés de la République sont réduits en cendres. Opération Jéricho ? Récupération politique par le pouvoir en place ? Jusqu’à ce jour, la question demeure, et le mystère est entier.

Seulement, s’en suit une vague d’arrestations d’hommes politiques, « pour les besoins de l’enquête », de l’affaire « Super Incendies », ou « Firegate ». Cela a commencé par le vice-président d’un parti d’opposition. Puis, c’est le Président dudit parti qui est mis aux fers dans des conditions  cavalières. Ce qui est à souligner, chers lecteurs, c’est que l’homme  dont je parle, bénéficie d’un  statut particulier, en tant qu’ancien Premier Ministre, et ancien Président de l’Assemblée Nationale. Je ne vais point rappeler ici la honteuse et rocambolesque façon dont fut supprimée son immunité…

Et on ne s’arrête pas là, les arrestations continuent, toujours pour les besoins de l’enquête, toujours entamée, jamais bouclée. Justice togolaise, je t’aime.

Et toujours dans le cadre de l’enquête de l’affaire Firegate, on accuse des avocats, allant jusqu’a leur interdire toute déclaration publique, tout voyage hors du territoire national. Je parle de respectables avocats hein : enseignants dans les Facultés de Droit du pays, avocat à la Cour Pénale Internationale… Je ne dis pas que ces gens sont irréprochables, mais j’aimerai souligner le mépris et l’opprobre, dont ils sont victimes.

Très récemment, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, l’équivalent du CSA français, renforce ses prérogatives, en toute connivence avec les bannis, pardon élus de la République. Parlement Togolais, je t’aime. En toute honnêteté, je n’ai pas encore lu intégralement la nouvelle loi, afin de comparer les nouveaux pouvoirs de la HAAC, à ces anciennes prérogatives. Cependant, les discussions avec un ami journaliste-caricaturiste, me font croire qu’il s’agirait d’une loi liberticide, et anticonstitutionnelle. Liberticide, car désormais, la HAAC pourra décider la fermeture d’un organe de presse ou d’une chaîne  sans décision de justice. Allez voir comment ces pauvres journalistes ont été agressés, lors d’un sit-in pour protester contre cette loi.

Toutes ces choses arrivent tranquillement dans ce pays, sans que le Président de la République ne se sente concerné. Aucune déclaration de sa part sur les évènements qui se passent ; rien, absolument rien ! Certains abrutis m’ont dit : « Mon frère, un Chef, ça ne parle pas beaucoup ; ça laisse les notables s’en charger ». Pauvres cons ! Le Togo n’est pas un village, et sa gestion ne saurait être réduite aux us et coutumes de l’ethnie d’origine du Président. Ah Togolais, je vous aime !

Cette semaine encore, les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation du Président de l’ANC, un autre parti de l’opposition. A quels motifs ? Bah, vous posez encore la question ? On cherche toujours les pyromanes de la République, lecteurs ! Et apparemment, seuls les gars de l’opposition savent manier le briquet. Ce dont je suis sûr, c’est que tôt ou tard, Mr Fabre sera libéré. Alors, à qui le tour ? Quid de l’enquête en cours ?

Dans tout cela, moi, je ne perds point de vue les échéances électorales. Dans quel but garder à vue tour à tour, tous les membres de l’opposition ? Les décrédibiliser aux yeux de la population ? Ou, voter plus tard, une loi empêchant toute personne aux prises avec la justice d’être candidat aux législatives, ou communales ? Tous les scénarii sont possibles dans ce pays. Et cela n’augure rien de bon.

Les opérations de recensement ont débutées ; les leaders politiques continuent d’être emprisonnés, les journalistes sont constamment réprimés, le Parlement continue de se masturber, les intellectuels sont tous résignés, la population est toujours endoctrinée, les étudiants se font toujours achetés. Et mon Président est toujours aussi muet ; discret, me dira l’autre. Nous irons bientôt voter, mais…

Je ne suis qu’un enfant, mais j’ai été témoin de ce qui s’est passé en 2005, dans ce pays. Je ne suis pas un diseur de bonne aventure, mais j’espère vivement que ces évènements tragiques ne se reproduiront plus jamais, sur la terre de nos aïeux. Je crois de toutes mes forces que ces élections n’obligeront aucun togolais, à trouver refuge au Bénin voisin ; je suis convaincu, et ce, au plus profond de mon frêle être, qu’en cette année, aucun togolais ne sera obligé de traverser une frontière, pour échapper à une quelconque tuerie, préméditée ou spontanée. Non ! En cette année, aucun togolais ne s’armera de machette, ou de gourdin, pour ôter la vie à son voisin ; j’espère franchement, qu’aucune ethnie n‘attaquera une autre, et qu’aucun élément des Forces Armées Togolaises, aucune milice privée, ne sera auteure de barbarie, et sanglante répression ;

Il y aura guerre électorale, certes ! Mais que la guerre ne se déroule que dans les urnes, et nulle part ailleurs, sinon devant une cour constitutionnelle impartiale, et soucieuse de l’intérêt suprême de la patrie. Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, cela est vrai. Les hommes politiques peuvent décider de ne se faire aucun cadeau, si cela leur chante ; mais ne leur offrons point l’opportunité de détruire ce qu’ils n’ont pas construits. De toute façon, l’histoire nous jugera, la postérité nous en voudra.

Que l’Eternel bénisse le Togo.

J’ai dit !

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Article : 08 Mars: Femmes, je vous hais!
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37
7 mars 2013

08 Mars: Femmes, je vous hais!

Femmes (Mondoblog.org)

Sérieusement, parfois je suis convaincu que ce sont les citoyens eux-mêmes qui empêchent cette nation d’être un Etat de droit. Une manifestation mondiale, doit certes avoir l’adhésion de tous, surtout lorsqu’il s’agit d’une cause aussi noble, aussi envoûtante, aussi belle et aussi tendre que la femme. Mais le revers de la médaille, c’est également la liberté de ne point participer à ces festivités. Ou bien? Si je me trompe, dites-le moi.

Je viens juste de quitter le marché communal de Cacaveli où je tiens un petit fast-food, et il me fallait gueuler avant de rentrer à la maison. Voilà. Il n’est un secret pour personne qu’il y a une journée spécialement dédiée aux femmes. C’est le 8 Mars. Et les autorités du marché de Cacaveli ont décidé de la célébrer dignement, cette journée. Et comment?

Chers lecteurs, je ne vous parle pas de gaité de cœur. Les autorités du marché de Cacaveli, (je vous précise que le marché a été entièrement pensé, conçu, construit et promu par une femme), ont décidé de célébrer la Journée Mondiale de la Femme, sur le dos des hommes. Depuis hier, ils nous cassaient les tympans avec des communiqués, comme quoi, les hommes contribueront énormément à cette fête! Mais on ne savait pas ce qui se tramait.

En prélude à la fête, ce matin, il a été décidé une opération « marché propre« . Sauf qu’aucune femme ne devait toucher un seul balai. Tout le marché, l’enceinte, les alentours, tout devra être mis au propre par les hommes du marché, comme s’ils étaient nombreux. Nous avons donc abandonnés nos étalages, nos produits, nos marchandises, pour mettre au propre la saleté que les femmes ont contribué à installer; nous avons balayés, balayés et balayés encore. Et aucune excuse n’était admise: Asthme, allergie, épuisement… Rien! Je devais mettre au propre une surface plus large que la cour de ma maison. Je n’ai rien dit.

Je venais à peine de me mettre au propre, histoire de satisfaire les rares clients restés m’attendre, lorsqu’une dame, ronde comme le logo du pneu Michelin, haute comme trois pommes superposées, m’interpelle:

Dékadjê*, tu fais quoi là-bas? Si tu as fini de balayer, il y a de l’eau à puiser. Demain, on aura à cuisiner, et c’est à vous de le faire, vous les hommes. Allez, prends une bassine là-bas et remplis le sceau, devant le bureau.

Sans blague ! J’aurais pu envoyer la petite fille qui m’aide au shop, mais aucune femme ne doit travailler. Je n’avais pas vraiment le choix. J’en rage encore, surtout vu la distance qui sépare le point d’eau et le bureau. Six bons tours pour remplir le maudit sceau d’eau. Oh, c’est pour les femmes non? Pas de problèmes. Je fini ma corvée, et décide de fermer boutique. Il n’est que 16h mais j’en avais assez.

Et moi qui croyait bien faire….. J’ai commis la bêtise de vouloir mettre au propre quelques plats, et des torchons, avant de m’en aller! Misère! Une vieille mégère surgit de nulle part, avec dans ses bras une pile de bassines, de plats et de fourchettes:

Petit, tu sais que demain c’est la fête de tes mamans non? Bon comme tu es gentil là, tu vas me laver les plats là pour demain! Tu nettoies bien bon et tu me les déposes devant le bureau! Merci petit! Sois béni et vivent les femmes!

Hmmm. OK! Heureusement que c’étaient des ustensiles neufs, jamais utilisés. Je les lave, les range, et essaie de quitter le marché sans demander mon reste. Je range mes effets, sales, puis tente de m’en aller. Sortir par où, sans être aperçu?

Malgré toutes mes tentatives, une de ces femmes me repère, et me tends un grand bol de piment et autres condiments:

Tchalé*, c’est toi qui fait frites dans jolie baraque là non? Certaines femmes disent que ta sauce est mangeable et que ton piment est excellent. Donc, voilà piment, oignons, et ail. Tu vas bien écraser ça comme pour toi même, et puis en faire un bon piment bien fort! C’est pour demain. Hey, n’amène pas ça au moulin hein, et n’utilise pas Moulinex. Quand c’est écrasé à la main comme pour ta sauce là, c’est excellent! Donc à demain à 10h. Vivent les femmes.

C’est avec larmes que je sors du marché de Cacaveli. Je suis pris entre le marteau et l’enclume. Mal préparer ce piment serait condamner mon shop à la médisance et à la mévente, pour un bon bout de temps. Mais comment écraser tout ce piment? Eh, tout cela à cause du 8 Mars ? Journée internationale de la femme là, est-ce journée mondiale de l’esclavage de l’homme? En tout cas, vive Cacaveli, vivent les femmes!

J’ai dit!

* jeune homme

* cher ami

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Dans le Silence, on n'entend plus que l'essentiel

Auteur·e

L'auteur: Aphtal CISSE
Togolais de nationalité, citoyen du monde par nature et juriste de formation. Les seules règles que je respecte sont celles que je me fixe moi-même! Et la première d'entre elles, est le RESPECT! Pour le reste, que les bénédictions soient!

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